Reprise des cours : Le niveau académique des élèves a baissé

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Conakry-Guinée : C’est du moins la situation que déplorent des enseignants dans la plupart des écoles à Conakry depuis la reprise de l’école en début septembre 2020. En tout cas, le niveau d’apprentissage des élèves à visiblement dégringoler suite à l’interruption des cours à cause de la COVID-19.

Des petites notions perdues ou encore des leçons désapprises, voici ce que déplorent des enseignants après cette longue interruption des cours.

Vendredi 25 septembre, 10 h 15, les élèves viennent de terminer la récréation, au groupe scolaire Koumba Diawara. Une école privée située dans la commune de Matoto.  Dans une classe 12e sciences expérimentales, le cours de mathématique se poursuit. Une discipline que Pascal Maomou enseigne, depuis plusieurs années. Mais à la reprise en début septembre, il a constaté que la baisse du niveau des élèves s’est aggravée. « La plupart des élèves sont revenus avec un niveau académique très déplorable et dégradant. Ils ont complètement désappris, maintenant ils sont beaucoup plus distraits qu’avant et ça à cause de l’intérêt qu’ils accordent souvent aux réseaux sociaux », explique l’enseignant.

Pourtant, ce sont les nouvelles technologies de l’information et de la communication que le Président de la République encourage pour rattraper, dit-il, le retard du pays dans le domaine de l’éducation. Selon un professeur de français rencontré ce vendredi dans une école de la place, le gouvernement a l’obligation de poser le véritable diagnostic de l’enseignement à travers l’organisation des états généraux de l’éducation pour améliorer le système d’apprentissage.

Plus loin, cette fois à Tombolia, un autre quartier de la haute banlieue de Conakry, on aperçoit une école des tout-petits, réputée pour sa qualité d’enseignement et ses méthodes pédagogiques, mais depuis la reprise, ce succès est en train de devenir un lointain souvenir, car l’interruption des cours a visiblement provoqué la dégradation du niveau des élèves. Ce matin, la fondatrice de l’école se montre abasourdit après avoir s’adressé en français à un élève sans réponse favorable. « Je parle à mes élèves en français, on ne me répond même pas. Euh……, ils ont complétement oublié tout ce qu’ils ont appris », s’étonne Koumba Hawa, fondatrice de l’école primaire Saint Jean Michel. 

Venu accompagnée sa fille de 10 ans qui évolue en classe de 4e année, Philomène Bangoura, regrette le paiement de la scolarité de cette année, car selon elle, l’enfant n’a rien assimilé. Alors, à qui la faute ? La responsabilité est partagée entre l’encadrement, l’élève, l’Etat et les parents d’élèves, nous a laissé entendre un directeur d’école à Tombolia dans la commune de Matoto.

Saloum Condé

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