ISRAËL • L’exorbitant coût de la guerre contre Gaza

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En se fondant sur les coûts des deux précédentes offensives israéliennes contre Gaza et contre le Hezbollah au Liban, les ministères de la Défense et des Finances israéliens prévoient de payer un prix très élevé dans cette nouvelle opération.

 

La dernière offensive d’Israël sur la bande de Gaza pourrait coûter à l’économie israélienne des centaines de millions de shekels [1 shekel = 0,20 euro], d’après des estimations fondées sur l’opération Plomb durci [2008-2009, entre Israël et la bande de Gaza] et la deuxième guerre du Liban [2006, entre le Hezbollah et Israël].

En se fondant sur l’opération Plomb durci, lancée fin décembre 2008, des responsables des ministères de la Défense et des Finances peuvent estimer le coût de l’offensive sur Gaza, même si tout dépendra pour une large part de la durée de l’opération Pilier de défense (initiée 14 novembre) et de la dureté des combats.

 

Plomb durci a duré vingt-deux jours et coûté 3,8 milliards de shekels [753 millions d’euros]. Après la deuxième guerre du Liban (2006), qui a duré un mois, le ministère des Finances a versé à l’armée une allocation spéciale de 8,2 milliards de shekels [1,6 milliard d’euros], assortie d’un important financement destiné à reconstituer ses approvisionnements d’urgence.

Israël va puiser dans son fonds de réserve annuel pour ses dépenses militaires

 

Le 16 novembre, le shekel a décroché. Le taux de référence du dollar a été fixé à 3,952 shekels. Ainsi, le billet vert a poursuivi sa hausse pendant les combats avec le Hamas et d’autres organisations palestiniennes. Le même jour, le dollar a gagné environ 0,9 % par rapport au shekel, tandis que l’euro progressait de plus de 1 %.

 

Le secteur de la défense reçoit un financement de réserve annuel d’environ 800 millions de shekels pour les dépenses en temps de guerre. Depuis l’opération Plomb durci, les forces de défense d’Israël n’ont pas puisé dans ces réserves, si bien qu’elles ont accumulé des fonds qui pourraient couvrir directement le coût de plusieurs jours de combat.

 

Il existe d’importances différences entre les coûts des frappes aériennes actuelles sur la bande de Gaza et une opération telle que Plomb durci, à laquelle les forces terrestres ont participé. Une guerre aérienne, même avec un appui naval, est généralement bien moins coûteuse, même si les armes utilisées peuvent être plus chères que les chars et l’artillerie mis en œuvre pour une offensive terrestre.

Une opération militaire a des effets indirects sur la production

 

Le coût de fonctionnement d’un avion sans pilote est évalué à 6 000 shekels [1 200 euros]. Une heure de vol d’un hélicoptère revient approximativement à 20 000 shekels [4 000 euros], tandis que l’utilisation d’un avion de combat est estimée à 60 000 shekels [12 000 euros]

 

Il faut aussi prendre en compte les coûts indirects d’une telle opération, notamment les pertes de productivité liées aux congés que doivent prendre les réservistes. Dans les combats actuels, une bonne partie du sud d’Israël est touchée par les hostilités. Des usines et des bureaux devraient réduire leurs activités ou fermer temporairement.

 

On compte environ 1 000 usines touchées par le feu des roquettes, sans parler des nombreuses autres entreprises de la région. Si les combats venaient à se prolonger, il pourrait s’ensuivre une perte de production majeure.

 

Du fait que les écoles du Sud ont été fermées, de nombreux parents ont dû prendre des congés pour garder leurs enfants.

 

Les allocations versées par la Caisse d’assurances nationale aux travailleurs en congé pourraient également être importantes. Bien entendu, il faut aussi prendre en compte les destructions de biens immobiliers causées par les attaques de roquettes. Plomb durci s’est soldé par 100 millions de shekels [19 millions d’euros] de dégâts immobiliers.

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