Prison de Kindia :  » le gros problème c’est le paludisme »

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Depuis une dizaine d’années, Médecins du Monde Bourgogne-Rhône Alpes mène un projet avec une ONG de Guinée Conakry pour assurer un suivi médical aux prisonniers de la ville de Kindia. Le responsable des actions sur place était en visite à Chalon-sur-Saône cette semaine afin, notamment, de visiter la prison de Varennes le Grand.

La ville de Kindia, située à 135km de Conakry, la capitale de la Guinée, est une préfecture de 180 000 habitants. Comme toute grande cité, elle dispose d’une prison. Construite dans les années 30, elle peut en théorie accueillir 150 hommes mais, comme nos prisons à nous, elle est touchée par une forte surpopulation carcérale puisque 200 personnes y sont aujourd’hui détenues dans des conditions sanitaires parfois très problématiques, d’où l’engagement de Médecins du Monde en partenariat avec la Kindianaise d’Assistance aux Détenus (KAD), une ONG locale qui œuvre au quotidien pour que les prisonniers soient soignés dans de bonnes conditions.

« Le plus gros problème de la prison de Kindia, c’est la paludisme » expose Cellou Baldé venu en France pour rencontrer ses amis de Médecins du Monde et visiter la prison de Varennes le Grand. « Kindia est une prison de haute sécurité, des gens y sont transférés de tout le pays et du coup il y a souvent des problèmes d’infections ou de tuberculose ». L’établissement dispose bien d’une infirmerie mais comme elle est gérée par un système associatif, l’état guinéen s’est totalement désengagé et ne finance aucun médicament. « La Guinée sort d’un période de troubles politiques importants… » tente de justifier l’homme qui se bat pour améliorer le quotidien des détenus depuis l’an 2000.

Philippe, Orcier, infirmier au SAMU de Chalon et aux Urgences, également responsable français du projet de partenariat avec la KAD, tempère : « en dix ans, l’aspect cachot de la prison de Kindia s’est atténué. Ca reste une prison, mais le bien-être et la santé des détenus évoluent dans le bon sens, j’espère juste que cela va durer ». Par ailleurs, alors que de nombreux rapports déplorent régulièrement l’état de nos prisons, Cellou Baldé a été impressionné par ce qu’il a découvert à Varennes le Grand : « j’ai vu une prison modèle du 21ème siècle où tout est fait pour le bien-être des détenus » nous annonce-t-il fièrement, « je suis honoré et j’aimerais bien voir ça en Guinée où la politique carcérale reste embryonnaire ». Cellou se réjouit par ailleurs de sa rencontre avec les personnels de la prison saône-et-loirienne : « c’était un accueil amical, chaleureux, comme si on travaillait là bas depuis des années. Les échanges ont été très constructifs ». A tel point qu’il aimerait construire une collaboration à plus long terme avec l’établissement.

« Quoi qu’il ait fait, le prisonnier a droit a un minimum d’accès aux soins. Il ne doit pas être considéré comme une bête, ça ne mène à rien » complète Philippe Orcier. « Pour une bonne réinsertion des détenus dans la société, il faut qu’ils soient en bonne santé. Et c’est valable en France aussi ». Le projet de Kindia étant aujourd’hui bien avancé, Médecins du Monde espère à moyen terme pouvoir s’en désengager tout en restant partenaire de la KAD : « nous voulons permettre à nos amis guinéens de mener à bien leur chemin associatif » conclut Philippe Orcier. Car, comme le disent souvent les associations en Afrique : les projets qui marchent le mieux sont ceux dont les locaux sont moteurs d’idées. Ça semble être le cas pour la prison de Kindia.

 

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