Edito : EDG, du courant d’abord, puis du roman…

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La semaine dernière, à Conakry, Abdoulaye Kéïta a signé un livre sur sa gestion de l’électricité en Guinée.

Ce  livre, ‘’EDG, une année d’action et d’engagement au service de la Guinée’’  du coordinateur général de la Guinéenne d’électricité, se veut une œuvre-bilan à mi-chemin, après une année de gestion du très stratégique secteur de l’électricité. A priori, cette œuvre est d’un salut public. Car, transcrire ses idées,  projets, réalisations est toujours bon et bien.

Seulement voilà, cette œuvre-ci est quelque peu mal accueillie. Car les Guinéens voudraient du courant d’abord puis le livre. Elle tombe à un moment où la desserte en électricité est en baisse à Conakry. Pour dire simplement les choses, la Guinéenne d’Electricité a malheureusement renoué avec ses anciennes habitudes qu’on dit délestage.  Un petit tour nocturne dans certains quartiers de Conakry suffit pour se rendre à l’évidence.

Il y a deux, trois mois dans des quartiers à Conakry, la desserte était au mieux de sa forme. Il y avait du courant de jour et de nuit. Pour un peu plus de 16 heures par jour. EDG avait alors le vent en poupe. On y parlait du bien d’elle, pour le renouveau qu’elle était entrain d’opérer. Mais c’était le temps des grandes pluies. Où le barrage hydroélectrique de Garafiri et annexes avaient encore leur dose de retenue d’eau. Rien d’étonnant cela a toujours été ainsi, depuis que Garafiri est opérationnel. Ce fut ainsi du temps de Conté, de Dadis et de Konaté.

Le mérite de la nouvelle équipe en charge de l’électricité aurait été d’améliorer crescendo cette embellie. Car depuis bien longtemps, on parle de l’adjonction thermique de 100 mégawats au fuel lourd. Il en est de même pour le prêt de 25 groupes de 2 mégawatts chacun. Soit une puissance additionnelle de 150 mégawatts pour Conakry. Malgré toutes ces acquisitions, tous les millions d’euros de la banque mondiale, de la Banque Islamique de développement,… mais aussi et surtout du contribuable guinéen, l’on est toujours au stade du discours, du roman.

A preuve, depuis  la fin des pluies, c’est le retour à la case de départ. Le courant se fait de plus en plus rare dans les foyers. Ce constat n’a rien de technique. Il est visible et vérifiable. Pourtant, très tôt, le Président Alpha Condé dont le volontarisme ne fait aucun doute, avait tenu le langage de la vérité aux Guinéens. En appelant à la patience, il ne voulait aucunement une solution ‘’ tape-à-l’œil’’ ou encore du calmant en matière d’électricité.

C’est ainsi qu’en fin 2011, il avait promis aux Conakrykas, 16 heures de courant par jour, dans les foyers en 2012. Pour ce faire, il y a mis des moyens. Mais à un mois de la fin 2012, nombre de quartiers de Conakry sont en proie aux délestages, ayant à peine 6 heures de courant par jour. En définitive, la  promesse  présidentielle n’a pas été matérialisée par EDG. Il s’impose donc au Président de tirer les leçons ou les conclusions.

Revenant au livre de Monsieur Abdoulaye Kéïta, beaucoup estiment qu’il aurait été plus cohérent d’attendre des résultats probants avant de livrer cette œuvre. Car le jugement des autres juge mieux qu’un livre-bilan.

 

 

 

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