Médias : l’IRDED demande au CNC de  » lever immédiatement les sanctions »

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L’Institut de Recherche sur la Démocratie et l’Etat de Droit (IRDED), exprime sa vive préoccupation au sujet des atteintes à la liberté d’expression dont le Conseil National de Communication (CNC) est l’auteur à travers des sanctions contre des organes des medias privés en Guinée.

« IRDED condamne les atteintes à la liberté d’expression commises par le Conseil National de Communication ». 

 

L’Institut de Recherche sur la Démocratie et l’Etat de Droit (IRDED), exprime sa vive préoccupation au sujet des atteintes à la liberté d’expression dont le Conseil National de Communication (CNC) est l’auteur à travers des sanctions contre des organes des medias privés en Guinée. 

 

L’IRDED, dans sa lutte pour l’instauration de la démocratie et de l’Etat de droit en République de Guinée s’est fixé pour objectif de promouvoir et de protéger les droits de l’Homme à travers la sensibilisation, le plaidoyer, l’assistance juridique et le lobbying afin de préserver la paix et l’unité nationale. Et vu les dernières décisions du CNC suspendant l’émission la Ronde des Journalistes pour cinq (5) semaines et son journaliste animateur à sept (7) jours de micro ainsi que la mise en demeure faite à la radio espace FM, IRDED dénonce et condamne ces pratiques qui sont une tentative de museler la presse et une atteinte aux valeurs démocratiques, et constituent une violation de l’article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. 

 

D’après nos informations, ces sanctions contre la Radio Planète FM font suite à la plainte de Mr. Idrissa Touré, Conseiller Spécial du Président de la République, en date du 3 décembre 2012 pour, dit-on, injure, diffamation et non recoupement de l’information. 

 

Nous estimons que la justice est mieux appropriée pour traiter une telle plainte dès lors que le droit de toutes les parties sont garanties au lieu de prendre une sanction aussi grave sans pour autant respecter le principe sacro sain de la liberté d’expression. 

 

Quant à la radio Espace FM, son émission, les Grandes Gueules, est connue pour sa liberté de ton. Recevant les acteurs publics et privés, les animateurs interrogent directement les responsables à tous les niveaux : présidents d’institutions républicaines, ministres, membres du CNT, dirigeants politiques, diplomates, journalistes, syndicalistes, hauts cadres de l’administration, citoyens ordinaires … chacun passe répondre aux interrogations des Guinéens dans les « G-G ». 

 

Aujourd’hui, cette émission s’est imposée, aux dires de nombreux auditeurs, dans la pluralité d’émissions proposées par les radios privées qui émettent actuellement à Conakry. La mise en demeure du CNC serait consécutive à l’émission du mercredi 12 décembre 2012: pour commenter les événements de Gueckédou où il y a eu des violences entre des citoyens qui demandaient le départ du Préfet pour abus de pouvoir et des citoyens qui s’opposaient à ce départ. 

 

La liberté d’expression est si importante dans une démocratie que Thomas Jefferson disais: « Si je devais choisir entre un gouvernement sans journaux et des journaux sans gouvernement, je n’hésiterais pas à choisir ce dernier. »

 

IRDED déplore ces sanctions dès lors qu’aucun pays souverain ne peut fonctionner dans une démocratie plurielle sans la garantie de la liberté d’expression. Et les medias jouent un rôle vital dans ce cadre, notamment en contraignant les élites gouvernantes à ne pas perdre de vue les préoccupations de l’immense majorité des citoyens.

 

L’Institut de Recherche sur la Démocratie et l’Etat de Droit reste mobilisé et engagé à poursuivre sans relâche la lutte pour le respect des principes des droits de l’Homme dans l’intérêt supérieur des populations Guinéennes. 

 

De ce qui précède, l’IRDED demande :  

 

Au Conseil National de Communication:  

 

De lever immédiatement les sanctions imposées à la Radio Planète FM en respectant ainsi les engagements internationaux de la Guinée, notamment le Pacte International relatif aux Droits Civils et Politiques et l’Article 7 de la Constitution. 

 

A tous les guinéens : 

 

De se mobiliser pour le respect de la liberté d’expression, chèrement acquis en Guinée ; et  

 

D’interpeller les autorités à tous les niveaux pour l’application correcte de la loi, notamment le Code de la Presse. 

 

Fait à Conakry, le 17 décembre 2012.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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