Procès-Attaque- contre le président : « Le Procureur m’a dit de coopérer en impliquant des leaders politiques » affirme à la barre AOB

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Le procès des présumés coupables dans  l’attaque du domicile du chef de l’Etat a débuté ce lundi  à la Cour d’assises  de Conakry. Ce lundi 07 janvier 2013, le commandant  Alpha  Oumar Diallo «  AOB » a été largement entendu sur  les faits qui lui ont été reprochés.

A savoir l’attentat perpétré par des hommes armés, le 19 juillet 2011,  contre la vie du chef de l’Etat le professeur Alpha Condé.

 

A la  barre, AOB a rejeté en partie des  charges portées contre sa personne et soutient qu’il n’est qu’une « victime dans cette affaire. »

 « Ce jour là, j’étais à Coleah à 22h pour acheter  du pain pour ma famille lorsque  j’avais reçu  l’appel téléphonique de lieutenant Amadou Diallo  qui  m’a invité de le rencontrer à la station de lambagni. Arrivé sur les lieux,  j’ai garé ma voiture, aussitôt j’ai vu des gens qui venaient  vers moi pour me demander si c’est moi AOB. J’ai répondu : « oui. » Ensuite j’ai vu venir  lieutenant Amadou en compagnie des hommes armés » affirme-t-il.

 

 « Ils m’ont demandé ensuite de les suivre. Mais  j’ai défendu que personne ne monte dans ma voiture. Arrivés à quelques mettre du domicile  du chef de l’Etat à Kipé, ils  m’ont laissé partir vers la garde présidentielle. Je leur ai : «  Vous voyez les gens qui sont là bas, ils vont m’abattre et  vous attaquer ! Apres les avoir dits cela, les gardes du domicile du chef de l’Etat,  au lieu de prendre leurs dispositions,  ils se sont dispersés. C’est en ce moment là que lieutenant Amadou à reçu des balles. J’ai essayé de me sauver mais ils m’ont poursuivi » raconte A.O.B

 

Dans sa fuite, il a pu atteindre la commune de Kaloum, situé à l’autre bout de la capitale.

 «  Arrivé derrière la Sûreté urbaine de Conakry j’étais pris entre les véhicules, pendant que je me forçais  à retenir le numéro de la plaque matricule de l’un des véhicules, quelqu’un  a  fait glisser une grenade dans ma voiture. C’est à l’explosion de cela que je l’ai su. Mes jambes ont été broyées. Ensuite j’ai été admis à l’hôpital Ignace Deen puis au camp Alpha YaYa Diallo. »

 

 Le procureurde la République, Willam Fernadez, est revenu sur  les chefs d’accusations portés contre l’accusé à la barre, point par point. Au cours de ces interrogations, Commandant AOB a mis cela à profit pour  rappeler un fait qui aura surpris plus d’un.

 «  Le procureur  de la République,  lors de sa première visite  au camp Alpha YaYa Diallo, m’a demandé  de coopérer en impliquant dans l’affaire des leaders politiques guinéens. Sa deuxième visite à la Sûreté,  il m’a instruit  de citer les noms  de Sidya Touré ; Cellou Dalein Diallo,  Lansana Kouyaté, Bah Oury Tibou Camara …C’est à ce niveau que je lui ai dit que TIBOU Camara n’est pas un leader politique » a-t-il révélé.

 

Cette révélation non mentionnée dans le procès verbal  a suscité dans la salle une vive tension ; un débat contradictoire. Ce qui a d’ailleurs failli transporter le procès entre Fernandez, le procureur et le commandant  AOB.

 

En réponse le procureur lui a répondu qu’il s’est trompé d’adversaire ; lui ; il est légaliste, se défend-il.

Dans les chefs d’accusation portés contre AOB,  le nom de  Fatou Baya  la grande sœur de lieutenant Amadou Diallo  était plusieurs fois cité. Elle est présentée comme  dans ce procès verbal comme le chef de fil. Mais cette déclaration a été rejetée en bloc par l’accusée.

 

Pour prouver donc son innocence dans ce que le commandant AOB a avancé; le procureur promet de faire venir les témoins dans les jours à venir pour appuyer  toutes ces accusations portées contre AOB.

 

William Fernandez est revenu sur des accusations à son égard en réitérant qu’il demeure : « légaliste et ne travaille que pour la manifestation de la vérité. »

Aboubacar M  Soumah

 

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