Alerte sur les intérêts occidentaux à Benghazi

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Le Royaume-Uni, l’Allemagne, les Pays-Bas et l’Australie ont appelé jeudi 24 janvier leurs ressortissants à quitter immédiatement Benghazi, théâtre de violences récurrentes, dont l’attentat en septembre 2012 du consulat américain, en raison d’une « menace » visant les Occidentaux et qualifiée d’« imminente » par Londres.

 « Nous sommes maintenant au courant d’une menace spécifique et imminente contre les Occidentaux à Benghazi et demandons aux Britanniques qui sont là-bas en dépit de nos conseils de partir immédiatement », a annoncé jeudi sont incités à quitter à la mi-journée le ministère des affaires étrangères britanniquedans un communiqué.

« Nous ne pouvons pas faire de commentaire sur la nature de la menace », a ajouté le ministère, précisant que l’ambassade britannique à Tripoli était « en contact avec les ressortissants britanniques dont elle a les coordonnées » pour leur demander de quitter Benghazi, ville de l’est de la Libye, en proie à une insécurité grandissante.

« ÉTONNEMENT »

Furieux, le vice-ministre de l’intérieur libyen, Abdallah Massoud, a estimé que rien ne justifiait la mise en garde de Londres. « Nous reconnaissons qu’il y a des problèmes de sécurité à Benghazi et cela depuis plusieurs mois. Mais il n’y a pas de nouvelles données qui puissent justifier cette réaction de Londres », a déclaré M. Massoud. « Au contraire. Maintenant, nous sommes en train d’asseoir notre autorité dans l’Est et dans toute la Libye », a-t-il ajouté, exprimant son « étonnement » vis-à-vis du ton « très musclé » utilisé par Londres.

Le ministère des affaires étrangères allemand a également appelé ses ressortissants à quitter « en urgence la ville et la région de Benghazi », dans une note d’information publiée sur son site Internet. « Des renseignements dont dispose le gouvernement fédéral établissent des risques concrets immédiats visant les citoyens occidentaux à Benghazi », selon ce document.

Aux Pays-Bas, un avis qui appelle à « ne pas voyager vers et à Benghazi » a été diffusé lundi et renforcé jeudi « pour déconseiller aux personnes de nationalité néerlandaise de rester sur place », selon un porte-parole du ministère des affaires étrangères néerlandais.

A son tour, l’Australie a émis vendredi un bulletin à l’usage de ses ressortissants, évoquant « une menace spécifique et imminente ». « Il existe un risque d’attentats de représailles contre des cibles occidentales en Libye » en réaction à l’intervention française au Mali, indique le ministère des affaires étrangères. Selon le ministère, deux Australiens sont enregistrés à Benghazi, et vingt-deux au total en Libye.

VIOLENCES MEURTRIÈRES

Berceau de la révolution qui a renversé le colonel Mouammar Kadhafi en 2011, Benghazi a été le théâtre récent de plusieurs explosions et d’une vague d’assassinats. Ces actes de violence ont notamment ciblé des diplomates étrangers le 11 septembre 2012 avec l’attentat contre le consulat américain qui avait coûté la vie à quatre Américains, dont l’ambassadeur en Libye Chris Stevens, et l’attaque le 12 janvier contre le consul d’Italie.

Les attentats à Benghazi sont généralement attribués aux islamistes radicaux, sévèrement réprimés sous Mouammar Kadhafi, qui tenteraient de se venger de leurs anciens bourreaux. En raison de ces violences meurtrières, plusieurs missions diplomatiques et des organisations internationales comme les Nations unies ont réduit ou mis fin à leurs opérations à Benghazi. Le Royaume-Uni déconseille quant à lui depuis septembre 2012 à ses ressortissants de se rendre en Libye, notamment à Benghazi, à l’exception de la capitale, Tripoli, et de quelques autres villes de ce pays d’Afrique du Nord.

 

 

 

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