Edito : Simandou, à quoi joue Rio Tinto ?

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C’est certain. Ou presque. Le chronogramme 2015 retenu pour la production et l’exportation des premières tonnes de minerais de fer des blocs 3 et 4 du riche gisement du Simandou, dans la partie forestière de la Guinée, ne peut plus tenir.

  C’est la décision annoncée dernièrement à Conakry du nouveau patron de Rio Tinto, Sam Walsh qui donne cette idée de cet état de fait.
Lors de son passage à Conakry, le PDG de Rio Tinto avait annoncé au président Condé, la décision de son Groupe de réduire de 600 millions de dollars, le budget 2013 en Guinée, et la réduction drastique du personnel expatrié de 105 à 5 employés. C’était exactement le samedi 9 mars au palais de la présidence de la république.

A l’allure où vont les choses, on a comme l’impression que le Groupe Rio Tinto tente  d’amuser la galerie. Car le géant minier développe un argumentaire peu solide aux yeux des connaisseurs de la chose minière. Cet argumentaire qui semble bâti sur du sable mouvant, porte sur la finalisation du  cadre d’investissement et du financement de la quote-part guinéenne dans la réalisation des infrastructures ferroviaires et portuaires nécessaires pour le transport et l’exportation des pierres précieuses.

A l’analyse, tout se passe comme si Rio Tinto dispose d’un autre agenda caché concernant le riche gisement de fer du Simandou. Des informations de bonnes sources indiquent que Rio Tinto dispose de deux projets d’envergure. A savoir Pilbara (en Australie où de gros investissements sont en cours) et Simandou (où à contrario, les choses sont en l’état presque depuis bien des années). De ces deux projets, Rio Tinto semble donner la priorité de l’exploitation au premier tout en espérant garder la main basse sur le second.

A ce niveau, il est à se demander si les autorités guinéennes en charge des mines auraient –elles été prises au dépourvu faute de stratégie d’anticipation ou auraient volontairement laissé pourrir la situation pour qu’on en arrive là ? Aussi comment expliquer et apprécier l’expertise des sociétés étrangères spécialisées en conseils, que le gouvernement aurait approchées pour l’aider à voir clair dans différentes transactions minières. Y a-t-il une complicité souterraine qui ne dit pas son nom ?

En attendant, l’on se demande également si à présent, les autorités guinéennes vont laisser faire Rio Tinto en croisant les bras et attendant tranquillement godo ? Il parait qu’assurément non. La piste chinoise serait parmi les cartes jouables, au cas ou… pour exploiter les mines  de fer de Simandou.

 

 

 

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