Guinée ; la crise politique a ralenti les affaires

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Des ressortissants sénégalais interrogés par l’envoyé spécial de l’APS à Conakry ont déclaré que ‘’la crise politique qui sévit dans ce pays constitue un frein à la bonne marche du business’’.

 ‘’Pour vous dire la vérité, les affaires sont au ralenti’’, a expliqué Ibou Cissé qui travaille dans le transit, estimant que tant que la crise liée à l’organisation des élections législatives persiste, il y a une crainte que le marasme économique perdure dans ce pays où on dénombre beaucoup de ressortissants sénégalais.

Refusant de trop s’avancer sur la situation politique, ce cadre dans le transit arrivé en 2008 en Guinée, affirme que ‘’tout est réuni pour que ce pays décolle, au vu de ses ressources’’.

‘’Mais il y a trop de problèmes politiques mais aussi ethniques’’, a-t-il dit, préférant exprimer sa dernière idée en langue nationale wolof. Comme s’il craignait de se faire entendre par le public guinéen qui s’était déplacé en masse pour venir soutenir les Lions opposés aux Palancas Negras d’Angola en éliminatoires de la coupe du monde 2014.

 »Cette situation de marasme économique touche tous les secteurs », a-t-il ajouté. Selon lui, la plupart des Sénégalais évoluent dans l’informel ou sont des ouvriers. ‘’D’ailleurs quand vous arrivez, on vous demande où se trouve votre atelier’’, a-t-il dit, dans un sourire.

Le pêcheur Pierre Marone ne dit pas le contraire. Il indique toutefois que le secteur de la pêche est beaucoup moins sinistré que les autres.

‘’Quand il y a du poisson, ce ne sont pas les acheteurs qui manquent’’, a-t-il dit, relevant qu’il y a une forte concurrence entre pêcheurs locaux et expatriés qui vire parfois à la xénophobie.  »Ce n’est pas évident parfois à vivre », a indiqué cet originaire des Iles du Saloum (centre).

Travaillant dans le bâtiment, Salif Ba qui se présente comme ‘’le bras droit d’un riche homme d’affaires guinéen’’, reconnait le ralentissement des affaires, même dans le secteur des bâtiments.

Il a fait observer que Conakry est  »en chantier mais la crise politique ralentit les constructions’’. Selon Ba, les ouvriers sénégalais  »sont bien appréciés dans le secteur du bâtiment où ils sont une grande expertise ».

 »A côté des ouvriers, il y a de nouveaux immigrés, les informaticiens qui commencent à se faire connaitre et se défendent pas mal », a-t-il dit, non sans saluer la décision des autorités et de la Fédération sénégalaise de football (FSF) de jouer la rencontre Sénégal-Angola à Conakry. ‘’La cote des Sénégalais va encore monter en flèche’’, a-t-il laissé entendre.

Abdallah Ba, tailleur et homme d’affaires qui vit à Conakry depuis 2009, confirme le blocage dans les activités.

‘’Je suis tailleur mais je fais aussi de l’import et de l’export en allant acheter au Sénégal des produits que je viens placer ici’’, a expliqué cet ancien footballeur reconverti dans les affaires. Il dit attendre les élections pour voir le bout du tunnel.

Saluant la délocalisation du match à Conakry, il avance que c’est une bonne manière de réchauffer les relations entre les deux pays.

Même constant pour cet ancien directeur d’une grande société nationale qui multiplie les va-et-vient entre Dakar et Conakry où il conseille les gouvernants en place.

 »Ç’aurait été encore meilleur, si les Lions avaient gagné cette rencontre’’, dit-il, relevant que les autorités guinéennes avaient tout fait pour la réussite de cette rencontre.

Il a soutenu que  »si les Lions avaient gagné, ça allait rejaillir sur tout le monde notamment les hommes d’affaires ».  »La Guinée est encore une terre vierge à conquérir pour les hommes d’affaires », a-t-il fait savoir.

A côté de la crispation politique entre le pouvoir et l’opposition, la capitale guinéenne, Conakry est secouée par les émeutes de l’électricité.

APS

 

 

 

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