Comment résoudre le cas Waymark ; un expert se confie à GuinéeTime

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Un expert électoral, sous le couvert de l’anonymat, se penche sur l’épineux dossier de l’opérateur électoral pour la Ceni qui prive le pays du pouvoir législatif. Enquête…

 Des questions relatives au fichier électoral et, par ricochet, à l’opérateur technique Waymark, font l’objet de désaccord profond entre la mouvance présidentielle et l’opposition regroupée au sein de l’ADP, du Collectif des partis et le CDR. Si le premier groupe prône le maintient de l’opérateur sud-africain, l’autre par contre juge waymark peu fiable.

«  Le fait de renoncer aujourd’hui à la solution waymark, doit nous interpeler sur des questions relatives à la procédure de changement, le coût et le délai pour l’acquisition d’un nouvel opérateur » introduit notre expert électoral. Il a roulé sa bosse à l’étranger dans le cadre de l’établissement de fichiers électoraux et possède de solides expériences sur le cas guinéen.

Deux options s’offrent à la Guinée, analyse-t-il. La première piste est le changement de toute la solution waymark qui comprend le matériel (kits et serveurs centraux) et le logiciel. Dans ce cas de figure, le recrutement d’un autre opérateur peut coûter actuellement près de 20 millions U$ à la Guinée et la durée estimée pour la mise en place d’un nouveau système est de treize mois, explique ce spécialiste.

Acculé par l’opinion nationale et internationale, le gouvernement de la Guinée peut-il s’aventurer sur ce terrain ? Son opposition quant à elle, appelle au lancement d’un avis d’appel d’offres international.

 La deuxième consiste à garder le matériel waymark et se mettre à la quête d’un nouveau logiciel qui devrait avoir une licence pour les kits, le serveur central ainsi que du logiciel de dé-doublonnage.

Notre expert qui fait une «  Evaluation du coût », explique que sur le marché, de nos jours, un logiciel d’enrôlement biométrique se négocie entre 1700 à 1800 dollars américains. S’il faut l’appliquer sur les 2000 kits de waymark en plus des 600 kits de la Sagem, le montant tourne autour de 5 millions usd. L’opération d’adaptation doit s’élargir sur toute la composante technique de waymark à savoir la caméra, le driver, les photos etc… «  Ce travail est long et peut coûter entre 500 milles à 1 million U$ », estime notre expert.

Le logiciel du site central de l’opérateur technique, très «  énorme » et le logiciel d’Afis (celui qui fait le contrôle des empreintes digitales et le dédoublonnage sur le fichier électoral) doivent également être pris en compte. «  L’un dans l’autre, l’on aura atteint 6 millions U$», poursuit notre interlocuteur.

Cette bagatelle devrait être simplement consacrée à l’acquisition d’une licence des logiciels pour les kits, le serveur et l’Afis. Et n’intègre guère les prestations de la nouvelle société qui dépêchera en Guinée ses ingénieurs, fera des réaménagements selon le Code électoral guinéen et assez de travaux de paramétrages. Le cap de 10 millions U$, à l’en croire, sera franchit pour le financement de cette solution.

Dédommager waymark ?

Le renoncement de la Guinée à l’opérateur sud-africain waymark peut provoquer un «  préjudice commercial énorme » à cette marque, soutient cet expert en matière électorale. Le secteur dans lequel évolue waymark reste très concurrentiel. Cet opérateur a déposé ses valises dans notre pays il y a deux ans, en croire une autre source, proche de la commission électorale ( CENI). Son départ forcé pourrait lui pousser à porter plainte contre la Guinée pour «  préjudices » subis.

« Waymark peut demander des millions de dollars à titre de dédommagements » pense notre interlocuteur.

La solution Jean Marie Doré contestée

Le secrétaire général de l’UPG, Jean-Marie Doré, dans sa quête de trouver une solution à la crise politique qui secoue la Guinée, appelle le gouvernement et la mouvance présidentielle à renoncer à waymark; et à l’opposition, le vote des Guinéens de l’Etranger. Au micro de votre hebdomadaire, ce «  doyen » du marigot politique guinéen informe qu’au niveau du système des nations-unies, il existe des shorts lists des opérateurs électoraux les plus compétents. Si la Guinée le veut bien, dit-il, l’on pourrait opter pour cette option qui facilitera l’organisation des élections législatives tant attendues en 30 jours par un de ces opérateurs techniques.

« Je défie quiconque de prouver qu’on peut acquérir un système de gestion d’un fichier électoral biométrique en un mois. C’est archi faux » réagit notre source. Il reconnait pourtant qu’au niveau du PNUD, l’on en parle.

 « Mais le PNUD n’a jamais dit si ce cas de figure peut bien s’appliquer à la Guinée. La procédure de sélection rapide d’un opérateur biométrique ( Fast tract) est réservée aux pays en crise. C’est le cas que l’on envisage pour le Mali aujourd’hui qui sort d’une guerre. La Guinée a-t-elle atteint ce niveau de crise ? » Notre interlocuteur s’inquiète. 

Par ailleurs, il souligne que ce système de sélection reste très coûteux. «  L’Union Européenne, l’institution qui a financé une bonne partie de la présidentielle de 2010, sollicite toujours un délai de quatre mois pour une procédure dont le montant excède 400 milles euros » révèle l’expert.

A la Ceni, un membre de la «  Commission ad hoc » qui s’est penchée sur le «  Plan B » du chronogramme électoral, explorait la possibilité d’organiser le scrutin législatif en un mois. A l’en croire, après analyse, des experts envoyés par le PNUD ont souhaité ne pas répondre à la question avant d’interpeller leur central d’achat à Copenhague. «  Depuis novembre, nous n’avons aucune réponse », nous confie-t-il.

Le financement de cette élection et les procédures explorées par cet expert électoral constituent de nos jours un problème épineux. Qui va financer les pistes de solutions par rapport à waymark, l’éventuelle plainte pour dédommagements de cette marque ou l’acquisition d’un nouvel opérateur électoral ? 

« Tout ce que voyez aujourd’hui sur le terrain comme déploiement par rapport à la révision des listes électorales, est entièrement financé par l’Etat guinéen. Aucun bailleurs de fonds n’y a mis un franc » répond notre source du côté de la Ceni. Autre parenthèse. Le manque de consensus politique sur les conditions d’organisation de ces législatives bloque-t-il le financement de ce scrutin crucial par les partenaires de la Guinée dont le PNUD et l’Union européenne ?

Le retard accusé dans l’organisation des législatives impose une solution technique qui prendrait moins de temps. La procédure dite Fast tract, qu’emploie le PNUD, caractérisée par un «  délai court », semble une piste. Seul bémol, elle est réservée au «  pays en crise ou un pays victime de catastrophe naturelle.» Le gouvernement guinéen peut-il accepter de ce ranger sur cette liste. Wait and see.

A suivre…

 

 

 

 

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