Bolloré : comment fait-il pour toujours l’emporter ?

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La concession du deuxième terminal à conteneurs d’Abidjan – le fameux TC2 -, c’est encore pour lui. Une victoire de plus pour le groupe français, qui règne sur les ports du golfe de Guinée.

« À la lumière des derniers événements, on peut voir que, même battus, ils gagnent toujours au final. » « Ils », ce sont les responsables de Bolloré Africa Logistics (BAL) ; et les « derniers événements », la mise en concession du deuxième terminal à conteneurs (TC2) d’Abidjan, remporté par le groupe français associé pour l’occasion à APM Terminals (APMT) et Bouygues Travaux publics. Lâchés avec autant d’exaspération que de désillusion, ces propos tenus juste après la confirmation des résultats de l’appel d’offres ivoirien, le 15 mars, par un dirigeant d’International Container Terminal Services (ICTSI) résument l’amertume, voire la lassitude générale qui gagne l’ensemble des concurrents du groupe Bolloré en Afrique.

Retenu de justesse à Abidjan après la phase technique, BAL a su inverser la tendance pour virer en tête lors de l’offre financière, déclenchant une nouvelle controverse quant aux conditions d’attribution du contrat de concession, comme cela avait déjà été le cas en 2009 au Togo ou deux ans plus tard en Guinée, entre autres. Au point que plusieurs opérateurs se demandent s’ils ne doivent pas désormais « se concentrer sur les marchés où Bolloré ne va pas ». Depuis 2004 et ses premiers succès acquis dans les eaux troubles de Douala puis d’Abidjan, lors de l’obtention passée de gré à gré du premier terminal à conteneurs (TC1), rien ne semble en effet devoir freiner la marche triomphale de la filiale africaine de Bolloré.

Profitant comme personne du large mouvement de privatisation des ports et autres infrastructures de transport imposé à l’Afrique depuis les années 1990 par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale, le groupe s’est taillé un empire depuis la reprise du transitaire Scac en 1986. « Parmi les 20 grands opérateurs mondiaux, seul Bolloré a une stratégie clairement identifiée sur l’Afrique. Nous nous plaçons sur tous les appels d’offres de mise en concession de terminaux à conteneurs », explique Olivier de Noray, directeur des ports et terminaux chez BAL.

Conditions obscures

Avec aujourd’hui 28 concessions portuaires, ferroviaires ou fluviales en plus de ses ports secs et autres plateformes multimodales, BAL, créé en 2008 pour regrouper toutes les activités africaines du groupe, gère « le premier réseau de logistique intégré du continent », y devenant en moins de dix ans le leader de la manutention portuaire. Seules les défaites enregistrées à Monrovia en 2011 et surtout à Dakar trois ans plus tôt, dans des conditions aussi obscures que certaines de ses victoires, empêchent l’opérateur d’aligner un sans-faute le long du golfe de Guinée, de Conakry jusqu’à Pointe-Noire. « Parler de monopole n’est pas fondé. Même si nous sommes leader sur le continent, nous ne représentons pas plus de 5 % en termes de part de marché logistique », nuance Olivier de Noray.

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