Guinée : bâtir un avenir meilleur pour les agriculteurs de Kaback

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Considérée comme le grenier à riz de la Guinée du fait de ses vastes plaines rizicoles, Kaback,  île située à soixante-dix kilomètres de Conakry, la capitale, souffrait pourtant de son enclavement.

Le bac qui, jadis, reliait l’île au reste du pays,  était en  panne depuis plusieurs années. Les habitants étaient donc contraints d’utiliser des pirogues de fortune pour transporter des tonnes de riz et écouler la production sur le marché national.

La construction d’un nouveau pont de 100 mètres de long va transformer la vie de cette petite communauté de pêcheurs et d’agriculteurs. Le pont de Kaback est l’un des trois ponts de la région financés par la Banque mondiale pour le gouvernement guinéen à travers le « programme national d’infrastructures rurales » (PNIR2).

Tout comme le Pont de Kaback,  celui de Madina- Oula,  en phase  de finition, sur le fleuve Kolenté dans la région de Kindia à la frontière avec la Sierra Léone,  va permettre de drainer la production agricole vers les centres de commercialisation. Ce pont de 100 mètres de long, 7 mètres de large et 12 mètres de profondeur, va également faciliter la circulation et les échanges entre les populations riveraines et faire fructifier le commerce lors des différents marchés hebdomadaires qui se tiennent des deux côtés de la frontière. Les  pannes fréquentes du bac, radeau utilisé depuis l’époque coloniale, créaient  des difficultés énormes aux passagers qui  étaient parfois obligés de passer la nuit à proximité des débarcadères des deux côtés de la rive.

À Dalaba, le pont  Téné (de 23m de long) désenclave lui aussi une zone importante de production agricole et de maraichage et ouvre une voie supplémentaire pour relier d’autres préfectures de la Moyenne Guinée.

Améliorer les conditions de travail des étuveuses de Kaback

L’île de Kaback est aussi bénéficiaire du « programme de productivité agricole en Afrique de l’Ouest » (WAAPP-Guinée), financé par un don du Japon de 9 millions de dollars, dont l’objectif est d’améliorer la productivité rizicole. Étuveuses et décortiqueuses ont été ainsi mises à la disposition des femmes.

Depuis le lancement du programme en janvier 2012, huit unions et groupements de femmes, réparties dans les quatre régions naturelles de la Guinée se sont vus fournir des équipements et une formation adéquate. Au total, 400 femmes ont été formées sur les techniques d’étuvages améliorées, sur la gestion des équipements de transformation, l’organisation professionnelle, la qualité des produits transformés et la commercialisation.

Lorsque l’étuvage est réalisé selon la méthode traditionnelle, la phase de cuisson nécessite l’utilisation d’énorme quantité de bois de chauffe. Au cours de cette opération, les femmes étuveuses sont exposées à la chaleur des flammes et aux dangereuses fumées dégagées par le bois.

« Ces nouvelles machines nous soulagent et nous facilitent le travail d’étuvage qui est très difficile. Avant, on allait en brousse couper du bois que l’on utilisait en grande quantité pour un rendement faible. Mais depuis que nous avons ce matériel, le travail est moins dur, on est moins exposé à la chaleur, à la poussière et aux maladies », explique Fatou Sacko, porte-parole des étuveuses de Kaback. 

« Ces équipements améliorent considérablement les conditions de travail des étuveuses, Le bois est mis directement dans le foyer ce qui réduit énormément le temps de cuisson avec des rendements meilleurs. Avec cette nouvelle technologie, elles peuvent obtenir 120 à 130 kilogrammes de riz par cuisson », souligne Boubacar Diallo, le coordinateur du projet.

« Je suis satisfait de l’engouement des femmes étuveuses pour ces équipements ainsi que du fonctionnement efficace du matériel. L’expérience de la Guinée  pourrait servir d’exemple aux autres pays concernés par ce programme », explique Yao Alexis Haccany, chargé du projet WAAPP-Guinée, qui s’est récemment rendu sur l’île de Kaback pour évaluer sur le terrain le  niveau d’avancement et de fonctionnement du matériel mis à la disposition des femmes. 

Dans le cadre de la mise en œuvre du programme de productivité agricole en Afrique de l’Ouest (PPAAO/WAAPP1C), les centres semenciers de Kilissi (Kindia) Koba (Boffa) et Bordo (Kankan) ainsi que le conseil national des organisations paysannes de Guinée (CNOPG) ont produit et livré 1300 tonnes de semences de riz de qualité, conditionnés et emballés dans des sacs labellisés (WAAPP) en 2012. Cette quantité de semences pourrait couvrir en 2013 près de 20 à 25 000 hectares. À ce jour, 750 paysans semenciers dont 40 femmes ont bénéficié de formation sur les techniques de productions semencières.

En langue nationale soussou, ces dernières ont  exprimé leur satisfaction face  aux multiples avantages que ce projet leur offre avant de solliciter plus d’équipements…

 

 

 

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