Greffe d’organe : la double peine capitale en Chine

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Le mari de Mme Zhang buvait trop. Lorsque le diagnostic conclut à une cirrhose, il fallut lui trouver un foie. Originaire de Taizhou, le couple monte à Shanghaï, 400 kilomètres plus au nord.

A l’hôpital Ruijin, l’un des plus réputés du pays, ils n’attendent qu’un mois pour obtenir un organe sain. L’opération est coûteuse, 600 000 yuans (presque 75 000 euros) : 250 000 yuans pour le foie et 350 000 pour les autres dépenses, l’hospitalisation et l’intervention chirurgicale. Mais le couple a pu réunir la somme, et voilà Mme Zhang soulagée. D’autant qu’elle a entendu dire que quatre personnes sont décédées en un seul mois, n’ayant pu financer la greffe vitale. « Ils n’avaient pas les guanxi », suppose-t-elle, faisant référence au bien utile réseau de connexions sociales et à l’assise financière qui permet de l’activer.

Patienter moins d’un mois pour une greffe est inespéré dans la plupart des pays. Aux Etats-Unis, l’attente médiane est, par exemple, de 361 jours pour se voir attribuer un foie, selon le département de la santé américain. Mme Zhang n’ignore pas que cet organe a été récolté sur un condamné à mort exécuté : « La plupart des organes proviennent de criminels, nous l’avons obtenu par une cour de justice. » L’épouse d’un autre patient de l’hôpital Ruijin, qui vient de débourser 300 000 yuans (environ 36 000 euros) pour un foie, répond de même : « Le docteur nous a dit que l’organe était celui d’un prisonnier. »

En Chine, 300 000 nouveaux patients sont inscrits sur les listes d’attente…

 

lemonde.fr

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