Guinée : les experts électoraux proposent 73 jours pour l’organisation des législatives

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Les partenaires techniques de la Guinée au près de la Ceni proposent un chronogramme pour l’organisation des prochaines législatives en 73 jours, à compter du lendemain de la signature d’un accord politique global, dans le cadre du dialogue qui a repris ses droits lundi 1er juillet.

En 2010, la communauté internationale a sauvé la maison Guinée. Face aux crises de jeunesse de la Ceni, doublées d’un manque criard de confiance entre les acteurs politiques, Colonel Toumani Sangaré, expert électoral de la Francophonie, de nationalité malienne, a été parachuté à la tête de la CENI. L’officier militaire, cahin caha, a pu organiser la présidentielle guinéenne remportée par le candidat du RPG, Pr Alpha Condé.

Trois ans après, toujours dans la maison Guinée, les rapports de force, du moins orageux, – souvent subjectifs,  entre l’opposition et le pouvoir issu des urnes en 2010, nuisent à la tenue des législatives, attendues depuis plus de deux saisons. La même communauté internationale, au chevet de la Guinée grabataire, sur le chemin de ce scrutin, semble constituer le bon guide.

Après l’échec de la date du 30 juin et de la proposition mort-née du 28 juillet, des partenaires techniques semblent montrer la voie aux Guinéens. Dans un document «  confidentiel» adressé au Collège des facilitateurs, à la mouvance présidentielle et à l’opposition, des experts électoraux dépêchés par la communauté internationale, ont apporté leur «  contribution à l’accompagnement du processus électoral guinéen. »

Pour les signataires, Stéphanie Vergniault de l’UE, Nouroudina Tall de l’OIF et Désiré Baeré  du PNUD, cette proposition «  fait partie de l’appui aux efforts de facilitation » et «  prend en compte les conclusions et l’esprit du dialogue » politique qui devait reprendre lundi dernier à Conakry.

Ce chronogramme englobe 43 tâches à accomplir en 73 jours, soit 10 semaines et demi. Mais, insiste le document, «  le démarrage de ce planning est tributaire de l’obtention d’un accord issu du dialogue politique. »

Ce planning des opérations peut tenir, à l’analyse de cette contribution, si plusieurs hypothèses sont tenues.
Les experts se fondent par exemple sur le fait que «  les parties prenantes du dialogue s’inscrivent dans la dynamique des décisions et des avancées du dialogue et participent volontairement aux activités préparatoires pour un redémarrage rapide du processus électoral au lendemain de la signature d’un accord politique ; la Ceni appelée à anticiper un certain nombre d’actions ; la remise par l’opposition et le pouvoir des noms des deux experts en fichier électoral, l’accompagnement financier du processus électoral par la communauté internationale etc…

En croire nombre d’observateurs, cette proposition de chronogramme par des experts étrangers, indépendamment de la Ceni, sonne comme un camouflet pour la Ceni qui, à la suite des premières conclusions du dialogue, a avancé un chronogramme «  compressé », ne tenant pas compte des avancées du dialogue et de la saison hivernale.

Dans la mouvance présidentielle, «  nous avons donné une réponse favorable », nous confie Alhussein Makanera. Lequel dit s’aligner derrière la position qu’incarne le chef de l’Etat, Pr Alpha Condé. A savoir reculer la date, au nom de la paix et pas la fin d’une élection avec des lendemains violents.

« C’est une contribution importante, une proposition qui permet de voir plus clair dans l’organisation des prochaines législatives » réagit le chef de cabinet du président de l’UFR, Mohamed Tall. Pour lui, «  des observations » faites par l’opposition, sur cette proposition, peuvent modifier «  légèrement » ce délai.
«  Ce qu’on proposera ne changera pas substantiellement la proposition » des experts, rassure Tall qui se réserve de divulguer, pour l’heure, les observations de l’opposition.

Dans une déclaration dont nous avons copie, le Collège des facilitateurs, a informé l’opinion de la reprise, lundi dernier des travaux du dialogue politique, interrompus suite aux évènements de Dixinn, à la résidence du président de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo.

« Compte tenu des assurances données par les Autorités du pays notamment en ce qui concerne la sécurité des responsables des partis politiques, et des consultations entreprises pas la Facilitation sur les questions pendantes du dialogue, le Collège des Facilitateurs estime que les conditions sont réunies pour la reprise du dialogue », lit-on dans ce communiqué. 

Avant d’aller sous presse, par la voix du porte-parole Aboubacar Sylla, l’opposition a annoncé qu’elle ne participera aux assises du lundi à cause d’une plénière qu’elle doit tenir sur des sujets liés au dialogue politique. Comme par le passé, Sylla rouspète que l’opposition a appris comme tout le monde l’information par voie de presse. Sa présence au palais du peuple devrait intervenir ce mardi 2 juillet.

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