Vacances : A deux ans, elle est déjà victime d’excision

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 Les exciseuses aiguisent de nouveau leurs couteaux pendant cette période de grandes vacances. Le dernier cas en date s’est passé au quartier Kipé dans la commune Ratoma.

 

 
Tenez, dans ce quartier une fillette de deux ans a été excisée et son état de santé est aujourd’hui précaire.
 
Habillée en robe, grosse tresse, morceau de bambou chinois attaché à une corde noire, visage crispé et visiblement affaibli, voila l’état dans lequel se trouve Mariam Ciré Conté. Aux dires de sa mère, la petite vient à peine d’avoir ses deux ans.
 
Sur l’état de santé de sa fille, la mère argue : « Depuis quelle a subi cette ablation du clitoris, personne ne dort plus. Elle fait la diarrhée toute la nuit et saigne. Pourtant, c’est une spécialiste qui a fait l’opération. J’ai peur car elle est très fatiguée. J’ai peur de l’envoyer dans un centre médical pour ne pas que la police des mœurs m’arrête. »
 
Mariam Ciré Conté risque d’être frigide plus tard ?  Dr Mariam Baillo Diallo gynécologue nous en dit long : « Certainement, la diarrhée doit être liée à des parasites ou par l’utilisation d’instruments non stérilisés. La petite doit être bien alimenté et boire du SRO pour vite récupérer. Cette pratique refait surface pendant cette période. Quoi qu’elle soit modernisée, sa pratique présente toujours des inconvénients. Car, l’ablation du clitoris diminue le taux d’excitation ou rend carrément frigide certaines filles. Mais aussi, peut rendre la fille infertile ».
 
Attachée à perpétuer la pratique ‘’ancestrale’’, l’exciseuse revendique le respect de la tradition. N’Ga Nana Bangoura, exciseuse ou ‘’yongoyély’’ en langue soussou, explique : « On ne peut nous empêcher de pratiquer nos mœurs. L’autorité nous a demandé de moderniser la pratique. C’est-à-dire le faire à l’hôpital. Maintenant, c’est dans les centres de santé où nous partons mais jusqu’ici, nous sommes acculées. Vous savez, ce phénomène n’a pas commencé avec nous. Le gouvernement doit donc accepter cet état de fait », lâche la dame visiblement remontée contre les autorités.
 
C’est dire que les multiples campagnes de sensibilisations contre les mutilations génitales féminines (MGF) tombent dans de sourdes oreilles.
 
Bernadette Condé

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