DJ Arafat se confie aux média :  » Personnellement, je suis un fou »

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Le Commandant Zabra, DJ Arafat, se prépare pour frique Festival, le  7 septembre prochain à Londres. Le «meilleur artiste africain» des Kora 2012 à Abidjan se confie. Péripéties.

• C’est une grande première pour toi à Londres ?

– Oui, je vais découvrir le public anglais à travers Afrique Festival.

• Est-ce un challenge d’aller jouer là-bas ?

– Je dirai plutôt que c’est un plaisir pour moi, mais pas un défi en tant que tel. Car, c’est un concert comme tout autre. Je suis habitué à donner des spectacles. Alors, on va à Londres pour donner le meilleur de nous-mêmes. Ça ne m’effraie pas. Je suis plutôt excité d’y aller.

• Y aura-t-il une préparation spéciale, un truc particulier que tu comptes faire pendant ce show ?

– C’est vrai que c’est un public anglais, mais je reviens des Etats-Unis où tout s’est bien passé. Je joue devant les Africains, les Européens… A Londres, il y a des titres connus que nous allons leur proposer. Nous allons faire une sélection de titres que le public londonien aime par rapport au briefing avec les responsables du festival.

• Malheureusement, tu n’as pas de titres en anglais dans ton répertoire…

– (Il rit). Oh, non ! je ne suis pas anglophone. Je n’ai pas de morceau en anglais. Mais la musique n’a pas de frontière. S’il plaît à Dieu, on va s’éclater avec les Anglais.

• As-tu quand même une idée de ce que les sujets de la Reine Elisabeth pensent de ta musique ?

– Pas vraiment. Mais Manouté m’a dit que je suis plus connu au niveau de la diaspora africaine que des Blancs. C’est donc l’occasion de conquérir le public blanc.

• Qu’est-ce que ça te fait de succéder à des aînés comme Alpha Blondy et Meiway à ce festival ?

– Cela me va droit au cœur. Si après mes grands frères, c’est moi qu’on met à l’affiche, je dirai que tout cela va dans la promotion de l’image de la Côte d’Ivoire. Tout ce qui est bon pour l’Afrique est aussi bon pour moi.

• Avec qui iras-tu à Afrique festival ?

– J’irai avec mon manager et mes deux danseurs Bébé Sans Os et Ordinateur.

• En décembre 2012, tu as été couronné Meilleur artiste africain aux Kora avec deux trophées à la clé. Qu’est-ce que cette distinction a apporté à ta carrière ?

– Ça a boosté incontestablement ma carrière, au niveau de l’image et de la notoriété. Il y a eu un afflux de contrats de spectacles. Il y a plus de respect désormais envers ma personne. Mon carnet d’adresses s’est également étoffé.

• Même si le promoteur des Kora n’a pas payé l’argent qu’il te doit pour ton prix?

– Bon, j’ai porté plainte et une procédure judicaire est enclenchée. L’affaire suit son cours.

• Ces dernières années, ton père Wompy s’était véritablement engagé à tes côtés pour professionnaliser ta carrière. Vous étiez devenus très proches, complices… Malheureusement, le pire est arrivé.

– (Il devient triste). Oui, le vieux est parti. Personne ne s’y attendait. Ça a été un coup dur. Mais il faut être fort et continuer son œuvre. En tant que musicien, je pense que c’est ce qu’il aurait souhaité. J’ai créé un « son » pour lui depuis. Il reste maintenant à faire la vidéo. La chanson s’intitule “Hommage à mon père”. Après la semaine qui a suivi son inhumation, j’ai composé cette chanson.

• Après sa disparition, tu as de grosses responsabilités désormais au niveau familial?

– Tout ce qui relève de la famille est maintenant géré par ma personne. Vous savez que dans la famille, il y a ma mère, mes frères, mes sœurs et tant que je peux les aider, je le ferai. Mais le plus important pour moi aujourd’hui, c’est de toujours maintenir le nom de mon père. Côté musique, je m’intéresse à la sonorisation et on a commandé un matos de plus de 100 000 euros (65 500 000 FCFA). Mon père faisait la location de sono mobile. Il y a plein de trucs qu’on compte faire pour honorer sa mémoire. Je suis en ce moment en train de terminer le bar qu’il a laissé à maman Clémentine à la Riviera 3. Quant à ma mère Tina, je suis toujours là pour la soutenir dès qu’elle a besoin de moi.

• Pourtant, elle dit à chaque fois que tu ne t’occupes pas d’elle ?

– oh, ce sont les caprices d’une maman, je n’en dirai pas plus. La famille sait ce qui se passe.

• En dehors de ton talent, il y a une image pas très rassurante que tu véhicules au niveau du show-biz. Tu signes des contrats, tu empoches les avances et tu disparais de la circulation le jour des spectacles.

– Bèh, c’est tout cela qui fait Yôrô. Je le sais…

• Tu es difficile à cerner, imprévisible…

– Oui, je suis certes imprévisible mais quand il y a un contrat où il y a ma signature, je le respecte. Le problème, c’est qu’il y a des promoteurs qui nous remettent des avances et quand la date de leur spectacle arrive, ils décalent le concert parce qu’ils ne sont pas prêts. Or, par rapport à leur date, on n’a pas calé des shows à notre niveau. Quand ils reportent leur évènement, cela nous fait perdre de l’argent. Lorsque le promoteur fixe une nouvelle date qui correspond à un de nos concerts, on ne le suit plus. Et personne ne voit la faute du promoteur qui, le lendemain prend mon nom pour dire que je l’ai escroqué.

• Tu es coutumier des frasques avec ta bande. Vous faites la bamboula en ville et en boîte. Vous jouez les fous en voitures en causant des accidents et des bagarres sur la voie publique…

– (Il hausse le ton). Moi personnellement, je suis un fou ! Je ne peux pas être en boîte et laisser des gens me manquer de respect. Parce qu’il y a des personnes qui me manquent parfois de respect. Notre groupe s’appelle « Yôrô-Gang ». On est au nombre de 35 personnes. On ne se laisse pas faire.

• Tu vas avec tout ce monde-là en boîte ?

– Oui ! On prend mes quatre ou cinq voitures et on sort. On peut être 15 dans une boîte et on appelle les autres pour qu’ils viennent nous rejoindre. C’est une bande fermée et c’est moi le boss du Yôrô-Gang. On fait le show. Tant qu’on ne nous cherche pas palabre, nous, on ne fait pas palabre. Mais si tu nous cherches palabre, nous, on te donne ta dose.

• Y a-t-il des go dans Yôrô-Gang ?

– Oui, il y a des go, des “palabreuses” mêmes, des folles !

• Ah oui ? ta femme est-elle là-dedans aussi ?

– Noon ! Moi, je n’ai pas de femme.

• On a pourtant lu dans la presse que ta femme s’appelle Aïcha Ballo… Elle t’a quitté récemment…

– Non, Aïcha Ballo est mon ex-copine, on n’est plus ensemble, donc on ne peut pas avoir divorcé. Elle est la mère de mon fils Maël. Au total, j’ai quatre enfants.

•…

– Moi, je suis célibataire ! Je ne suis pas marié.

• Un cœur à prendre alors?

– Non, mais bon, pas pour l’instant.

• Tout à l’heure, tu parlais d’aller en boîte en voiture. Où en es-tu avec les motos ?

– La moto, c’est fini ! Vous voyez (Il montre une grosse cicatrice sur une de ses jambes). Plus de moto ! ça m’a vraiment fait du mal.

 

 

 

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