Campagne agricole, Investissement, politique …Le ministre de l’Agriculture se confie…

0
242

Le ministre de l’Agriculture, Marc Yombouno en séjour, à l’intérieur du pays, nous en dit long sur les efforts du gouvernement dans le cadre agricole ainsi que dispositions relatives à la Campagne agricole 2013.

En termes d’investissement, combien le gouvernement a mobilisé pour la campagne agricole 2013?

Vous savez il y a deux aspects. Il y a le budget du département et à l’intérieur, il y a un volet spécifique lié à l’investissement pour la campagne agricole. C’est-à-dire tout l’accompagnement pour une campagne agricole est chiffré autour de 200 milliards de francs guinéens ! C’est avec ça qu’on achète les engrais et tous les autres outils liés à la campagne. Lorsqu’on fait le résumé des efforts en matière d’investissement du gouvernement dans la campagne agricole des trois années, il y a un investissement de l’ordre de 700 milliards de francs guinéens. 

 
Est-ce que pour cette campagne, des agronomes sont associés afin d’éviter les ratés de l’année dernière ?
 
C’est une réalité ce que vous dites ! Mais vous savez le début de tout processus n’est pas aisé. Et tout processus demande des changements. Et nous sommes dans l’élan du changement prôné par le Chef de l’Etat. Depuis notre prise de service en octobre 2013, nous sommes dans cette logique. D’abord, faire participer l’ensemble des acteurs et ensuite tirer les leçons ensemble. Donc, c’est une réalité évidente, c’est pourquoi nous sommes à pied d’œuvre pour la réussite de la campagne agricole de 2014 et 2015. Déjà, nous sommes sur le terrain.
 
Auparavant, nous avons envoyé des fiches techniques dans les services déconcentrés afin que les besoins soient mentionnés. Nous faisons cela pour connaître tous les besoins avant de fixer les objectifs pour la campagne agricole prochaine. Il y aura la présentation des résultats et à partir de là nous allons faire intervenir les techniciens.
 
A date, la Guinée a-t-elle une politique nationale agricole ?
 
C’est avec satisfaction que j’informe l’ensemble de la population agricole que notre pays a désormais une politique nationale agricole. Il vous souviendra que les 3 et 4 juin, notre département a organisé une table ronde à l’échelle nationale. Ceci, pour réfléchir sur les possibilités d’investissement dans le domaine agricole en Guinée. Et cette politique tient en compte de l’ensemble des besoins et des préoccupations en harmonie avec la politique agricole africaine, la politique sous-régionale de la CEDEAO, de l’Union Africaine et de NEPAD. Toutes ces préoccupations sont exprimées dans ce document dans la vision 2013-2017. Donc, à date d’aujourd’hui, nous avons une vision, nous savons ce que nous voulons faire, ce qu’il faut mobiliser comme moyens et nous savons aussi quelle stratégie à mettre en œuvre pour réaliser notre politique agricole jusqu’en 2017.
 
Pour une précision, 2017 ne veut pas dire que c’est la date buttoir mais le début d’une vision. Et je dois vous dire que ce plan a été soutenu par nos partenaires. A Rome, j’ai été à la FAO et au FIDA. Toutes ces institutions apprécient hautement ce que la Guinée a réalisé. Elles se sont engagées à nous appuyer avec l’ensemble des bailleurs comme la Banque Mondiale, l’AFD, la BID et les autres partenaires traditionnels qui sont avec la Guinée.
 
A l’intérieur du pays, les paysans se plaignent du prix de location des tracteurs. On leur réclame 300 mille francs GNF par hectare. Pourquoi les faire payer  vos prestations ?
 
Ecoutez, vous devez savoir que tout ce que le département fait sur le terrain est subventionné par le gouvernement. A commencer par les engrais, les produits phytosanitaires, les prestations agricoles… L’engrais seulement est subventionné à hauteur de 52 % au prix de 130 000 gnf. Dans les 300 000 gnf donc, le paysan bénéficie également des conseils et orientations des experts sur le terrain y compris le carburant. Il faut savoir qu’il y a une grande différence entre le prix pratiqué par les détenteurs de tracteurs à l’intérieur du pays et celui de l’Etat. Les propriétaires privés de tracteurs font payer au paysan la somme de 500 000 francs guinéens par hectare. C’est vrai avec le pouvoir d’achat des paysans, on peut penser que la location est chère mais je vous dis qu’il y a beaucoup d’avantages.
 
Mais avec la pratique traditionnelle, peut-on lutter contre l’insécurité alimentaire ?
 
A ce jour, nous avons une assurance politique. Le Chef de l’Etat est engagé dans la politique de lutte contre l’insécurité alimentaire. Dans l’histoire de la Guinée, jamais un gouvernement n’a investi en matière agricole comme celui du Pr. Alpha Condé. Donc, l’engagement politique est très important. Egalement, l’accompagnement des acteurs de ladite politique agricole. La vision est de lutter véritablement contre l’insécurité alimentaire. C’est pourquoi l’implication de tous les acteurs est nécessaire. Tous les départements sont impliqués dans cette approche. Je prends le ministère du Commerce qui facilite l’importation du riz, nous devrons travailler ensemble. Autant la production locale augmente, autant on doit diminuer progressivement l’importation du riz. C’est ce qui consolide le pouvoir d’achat des paysans, améliore leurs revenus et les commerçants de plus en plus s’intéressent à l’achat du riz local au lieu de s’attendre au riz importé.
 
Et nous sommes en train de travailler sur la production. Comment mettre de la valeur ajoutée ? Le Chef de l’Etat nous a donné des instructions. Nous sommes en train de faire des études pour l’installation des machineries qui vont nous permettre d’avoir du riz bien traité, propre et mis dans les emballages ou dans les sacs comme celui importé de la Thaïlande ou ailleurs

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici