IBK parle :  » Le Président ATT a dit que je l’ai insulté … »

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J’ai dit non à un tel accord [d’Alger]… Il y a eu un coup d’Etat contre un Président régulièrement élu et je l’ai condamné de la manière la plus rigoureuse… Ce n’est pas IBK qui a conforté la junte… Pour ce qui concerne l’Etat du Mali, que l’on me fasse confiance pour le défendre… Je serai un président de transition… J’ai pris des engagements que j’honorerai, Inch’Allah… Je n’ai rien promis à qui que ce soit ! Je ne suis pas pour un gouvernement d’union nationale… L’opposition aura tout le respect dû à son respect…

 

 

L’interview que voici a été réalisée par le journal Sénégalais « Sud Quotidien » avant le deuxième tour de la présidentielle malienne et mise en ligne à la date du 12 Août 2013 soit au lendemain du scrutin du 11 Août. Titre original: “IBK: je serai un président de transition”. Intéressant !

Vous excluez, à l’évidence tout scénario à la Guinéenne. Qu’est-ce qui vous conduit à le juger non pertinent dans le cas du Mali alors qu’il a servi votre grand ami, Alpha Condé ?

 

Il y a peut-être une grosse différence entre les deux cas. N’y voyez aucune espèce de vanité. J’ai mené une campagne qui m’a conduit aux quatre coins du Mali, laquelle était lancée par un grand meeting dans le stade du 26 Mars. Bien sûr, nous avons réussi à la remplir par une foule immense d’électeurs, car la suite renseigne qu’il s’agissait là de votants.

 

Vous savez, dans une campagne, il y a des choses que l’on sent, que l’on tâte du doigt, qui sont d’ordre fusionnel. Je n’ai jamais senti le peuple malien autant euphorique, plein de ferveur et d’enthousiasme, et avec une espérance en bandoulière, certes réconfortante, mais très lourde. Au point que jamais, je n’ai éprouvé un sentiment qui soit de l’ordre de l’euphorie.

 

Je n’ai pas vu là des gens contraints, mais plutôt pleins de volonté qui attendaient du matin et jusque très tard dans la nuit au bord de la route. Quand je venais à Mopti, avec l’escale de Djenné, me rendant à Pithiana, un gros village que je n’avais pas prévu, un village que nous avons voulu, en réalité, zapper , quelqu’un, sur la route, nous a conduit dans une assemblée nocturne.

 

Ici, je n’ai pas vu de jeunes gens, mais des personnes d’un certain âge qui m’ont fait un discours sur leurs attentes, leur foi en l’homme d’Etat que j’étais et qui a occupé de hautes fonctions.

 

J’ai passé six années à la tête du gouvernement, cinq ans comme Président de l’Assemblée nationale du Mali. C’est quelque chose qui les fondait à croire que je pouvais être aujourd’hui l’homme du redressement national.

On parle du style gaullien d’IBK, est-ce que ce sont des compliments ?

Oui, des gens parlent du style gaullien d’IBK en référence aux urgences qui attendent le prochain Président. Le redressement national, tout le monde voit, à l’évidence, que le Mali en a besoin. L’effondrement de l’Etat malien n’était un secret pour personne. Les analystes en ont longuement parlé. Certains ont alerté dessus, devant la menace Jihadiste.

 

Quelle était la position d’IBK lors de la signature des accords d’Alger ?

Quand il y a eu les accords d’Alger, j’ai donné mon sentiment. En toute amitié, l’Algérie connaît mes sentiments vis-à-vis d’elle. J’ai dit que pour autant, une mutinerie dans des garnisons d’un pays comme le Mali, ne sera jamais réglée dans un autre pays, fut-il plus proche de vous, je veux parler de l’Algérie. Ces accords traduisaient l’effondrement total, en tout cas, la déliquescence de l’Etat malien.

 

Et qu’au sortir de cela, qu’il y ait un accord qui nous instruise de libérer notre zone nord, notre point de défense et que dorénavant nous ayons à gérer de manière tripartite la ville de Kidal, j’ai dit non à un tel accord.

 

Les compatriotes, ceux qui gèrent l’Algérie me comprennent sûrement de ce point de vue là. Quelle que soit mon amitié pour un pays, le Mali d’abord. Et dans cette affaire, le Mali n’était pas au mieux de sa forme. Quand on dégarnit un front de défense de son pays, on en paie le prix et on a payé le prix.

 

Quand les bandes Jihadistes ont déferlé, nous ne pouvions que faire le constat d’un échec total. Nos points d’appui étaient perdus les uns après les autres.

 

Le pays était en d’autres mains. Il y a eu un coup d’Etat contre un Président régulièrement élu et je l’ai condamné de la manière la plus rigoureuse.

Certains vous accusent d’être derrière tout cela, qu’est-ce que vous répondez ?

 

Mais que n’ai-je entendu ? J’entends : IBK putschiste ! Quel intérêt pour un homme comme moi, étant convaincu de l’estime du peuple malien pour lui, pour simplement sa probité, de faire pareille chose ? Je puis vous dire que si j’étais mêlé à cette affaire, depuis le temps, mon sort serait scellé.

 

Mon intérêt constant pour les forces armées et de sécurité qui me virent à l’œuvre quand j’étais chef de gouvernement du Mali, en février1994, n’est plus à démontrer.

 

Ma première sortie était pour les garnisons et au cours de laquelle j’ai pu faire un constat désolant : l’extrême dénuement des forces armées et de sécurité du Mali.

 

J’ai convaincu Konaré de proposer à l’Assemblée nationale une loi d’orientation et programmation militaire. C’est là le fondement de l’estime et de la réaction de l’armée, y compris pour moi. Je n’avais, moi, aucune raison de faire la cour à des jeunes gens là.

 

Quand le coup d’Etat a eu lieu, des chefs de parti ont défilé là-bas, et parmi eux, beaucoup de ceux qui, à cor et à cris, me taxèrent de putschistes après. Ils ont réussi une chose : la communication. Ils ont pu abuser, puis abuser…

Sur ce dossier, quels étaient vos rapports avec Dioncounda ?

Nous avions convenu avec le Président Dioncounda qu’il était nécessaire d’organiser un conclave. Quand les militaires putschistes m’ont invité à Kati pour que je leur donne des conseils, je leur ai dit : je suis aujourd’hui parmi vous, sachez que vous ne m’impressionnez point. Je ne peux pas vous donner des conseils.

 

Par contre, ce que je puis vous dire, votre solution n’est pas heureuse et elle ne peut point prospérer. Il n’y a aucun chef d’Etat dans ce monde qui pourra vous dire qu’il est d’accord avec vous.

 

Donc, puisque vous me l’avez demandé, je puis vous dire que ce qui est bien pour vous et pour le Mali, c’est de faire revenir dans les meilleurs délais l’ordre constitutionnel. Vous n’avez pas le choix.

Le Président Dioncounda, dit-on, a sollicité des conseils auprès de votre personne, est-ce vrai ?

Dioncounda m’a appelé pour que je le conseille. Je lui ai dit que certains pourraient vous faire croire, pour des jeux politiciens, qu’IBK est contre vous, qu’il veut votre poste. Il serait stupide, cet IBK là, d’aller à un intérim en sachant qu’il (l’intérim, ndlr) ne lui permettait pas de mettre en œuvre son projet de conduire les destinées du pays. Non, je ne suis pas dans ce petit jeu de calculs.

 

Mon aîné, je voudrais simplement vous dire que dans le cours de l’intérim auquel vous ne pouvez échapper, faites en sorte de nous réunir dans un conclave pour que nous nous parlions entre Maliens. Je ne souhaite pas que demain on puisse vous faire un mauvais procès du genre: c’est par Dioncounda que le malheur arrive. Revenus au Mali, à l’hôtel Salam, nous avons remis ça.

 

Dioncounda m’a dit : j’ai réfléchi à ton idée, je la partage désormais. En tous les cas, il y a une chose sur laquelle tout le monde s’était mis d’accord : il fallait une feuille de route.

 

Il y a eu à Paris la réunion des protagonistes. A une manifestation organisée à Paris se sont joints des ultras qui ont crié : Dioncounda dehors ! certains ont même dit : IBK. C’est par un coup de téléphone que Mankeur, ministre des Affaires étrangères du Sénégal qui m’a appelé vers les coups de 23h, heure de Paris, m’a fait part de son émoi et de celui de mon frère, le Président Macky.

 

Je suis tombé des nues. On a dit que c’est IBK, qu’il est en train de jouer. Il est parti à Paris pour revenir maintenant, une fois que les choses sont mises en place.

Aujourd’hui, avec le recul, qui a conforté selon vous la division militaire au Mali ?

Quand la Cedeao signe un accord cadre avec la junte, à l’exclusion de toutes les forces politiques et sociales maliennes, et souhaite qu’une loi d’amnistie soit votée pour régir cette junte là, qui, selon vous, a conforté la junte ? En tout cas, ce n’est pas IBK. Le reste, c’est la politique politicienne. Les Maliens savent qui je suis, de même que mes amis dont l’amitié n’est pas de fraîche date.

Il semble que dans la sous-région, les chefs d’Etat ne veulent pas vous voir en photo, quelle est votre réaction ?

 On a dit qu’IBK est désormais un paria et que dans la sous-région aucun chef d’Etat ne veut le voir et le recevoir. L’appel de mon aîné, le Président Ouattara m’invitant à aller auprès de lui, ce que j’ai fait, est suffisant comme preuve qu’il s’agit là d’allégations qui ne reposent sur aucun fondement.

 

Non seulement j’ai eu l’assurance que ces choses là n’étaient pas projetées à ce niveau, mais je me suis rendu, dans la même foulée auprès d’autres chefs d’Etat qui avaient eu le temps et la patience aussi de se faire une vérité sur le déroulement de ces faits. Aujourd’hui nous sommes aux alentours de la présidentielle du Mali, je pense que les faits parlent d’eux-mêmes.

Dans certains cercles d’intellectuels, l’on vous présente comme un candidat de la France, du Président Hollande, qu’en dites-vous ?

Certaines personnes ont dit que la France pèse toujours de son poids dans les élections des pays africains. On dit, dans le cas d’espèce, que je suis l’ami de François Hollande. C’est un camarade que je connais depuis le congrès de Brest et qui m’a été présenté par mon ami Jospin. Nous avons été vice-président de l’international socialiste.

 

Hollande est un homme d’Etat pour qui l’éthique et la morale ne sont pas de vains mots. Je le dis : Hollande et moi, nous n’avons jamais parlé de la présidentielle au Mali. Et l’homme que je suis, serait outré qu’il en soit autrement. C’est le peuple malien qui élira son Président, pas autrement.

 

On me dit : oui, la France a des intérêts et le Mali est riche. Ça aussi, c’est une injure. Lorsque nous fûmes sur le point d’être submergés par ces hordes Jihadistes, le pays, l’homme d’Etat qui a eu le courage politique de faire intervenir ses troupes, ne peut pas être éclaboussé de façon aussi légère. Je récuse cela. Pour ce qui concerne l’Etat du Mali, que l’on me fasse confiance pour le défendre.

Vos détracteurs vous présentent comme un candidat de l’armée et des religieux, n’ont-ils pas raison ?

Quel homme d’Etat ne serait pas au mieux avec les Forces Armées de son pays et qui va gérer en toute sécurité ce grand pays qu’est le Mali ? Cela est une très bonne chose. On est allé jusqu’à me faire le procès comme quoi je suis fâché contre les chrétiens et que j’ai décidé de leur faire le plus grand tort, en fermant des églises, que sais-je encore.

 

J’ai rappelé les relations d’échanges cultuel et spirituel très féconds avec mon Seigneur Jean Zerbo, Archevêque de Bamako. Si vous me fouillez, vous allez sûrement trouver sur moi les paroles de Saint François : paroles de paix, d’apaisement, pourtant je suis musulman convaincu.

 

Je suis un homme de culture, d’ouverture. Je ne bouderais pas mon plaisir d’être soutenu par l’armée malienne et les chefs religieux du Mali. Je ne mens pas. Beaucoup voudraient avoir ce privilège. Moi j’en suis l’heureux bénéficiaire et croyez-moi, ce plaisir je ne le boude pas.

Une fois élu, allez-vous prendre langue avec les rebelles du MNLA de Kidal pour permettre aux Maliens de se réconcilier, recoudre le tissu social ?

Pendant la campagne électorale, dès que cela fut possible, je suis allé à Kidal, pas pour faire le show, mais parce je suis intimement convaincu, qu’un chef d’Etat du Mali ne peut pas considérer cette question avec légèreté. Et puisque j’ai eu le privilège d’avoir vécu dans cette région, pratiqué les hommes et les femmes.

 

Ces derniers ne sont pas pour moi des objets d’analyse, mais des visages connus, des repas partagés et la plus grande fraternité. Ces hommes et femmes ont contribué à construire ce pays, à le rendre un et indivisible. Qu’il y ait eu des errements, nous avons le devoir de revoir tout cela, de corriger ensemble, d’entreprendre ce qui doit l’être.

 

Sans vouloir faire de la démagogie, j’ai crié mon indignation et ma révolte, atterrissant à Kidal et me rendant compte que cette ville n’avait pas bougé du tout. Il y a eu juste quelques projets de l’Agence Française, de la Coopération luxembourgeoise.

 

La piste de l’aéroport de Kidal, nous avons eu 20 mn à la retrouver sous le sable, au point que j’ai failli demander à mon pilote de rebrousser chemin avant de mettre la vie des passagers en danger. Croyez-moi, ce sont des choses que nous allons corriger et dans les meilleurs délais.

 

Il y a aussi dans cette affaire une question de confiance en l’homme qui respecte sa parole, qui sait prendre les bonnes décisions. J’ai pris des engagements que j’honorerai, Inchallah.

Serait-vous intransigeant comme l’a été, votre oncle, le Président Modibo Keïta ?

Oh, encore une fois, autre temps, autres mœurs. Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts et ce dossier a connu divers traitements. Il est souhaitable que nous reprenions tout cela, que nous fassions les évaluations qui n’ont pas été faites.

 

Et que nous partions d’un très bon pied. Que l’accord global auquel nous pensons et que nous avons envie d’atteindre, soit un accord véritable, pas un trompe-l’œil, pas factice, et soit entouré de toute la confiance qui sied.

 

Quand je dis cela, je pense aux chefs militaires, à mes frères de l’autre côté. C’est pourquoi, je suis optimiste pour demain et ça sera le premier dossier sur la table. J’y mettrai tout mon cœur et nous réussirons, entre fils du Mali, ces retrouvailles, Inchallah.

Votre succès semble plus résulter de la mobilisation du citoyen que des partis politiques. Avez-vous conscience des obligations qui vous attendent ?

Pendant toute la campagne et surtout cette phase finale, plus la chaleur montait en moi, plus je me sentais d’une humilité obligée. Je suis dans une autre phase déjà, dans ma tête. Je suis astreint à une obligation de résultats, tant l’assurance est énorme. Ce n’est pas seulement en me rasant que je pense au Mali, c’est à chaque seconde de ma vie.

 

Serait-vous un Président de transition ou un Chef d’Etat qui, une fois installé pense à un second mandat ?

Non, je suis un Président de transition. Il faut repartir, en associant tout le monde. Je ne suis pas pour un gouvernement d’union nationale. Il y a eu des outrances, des amarres qui ont été rompues. Si les faveurs des urnes m’ont été accordées, l’opposition aura tout le respect dû à son respect. Mais aucune espèce d’ambiguïté.

 

Il y aura une transition qui sera faite avec des femmes et des hommes qui vont nous accompagner dans cette phase cruciale du destin de notre pays.

 

Sans oublier le grand intérêt que la communauté internationale a montré pour le Mali – j’en parle avec émotion – à Bruxelles, sous l’égide de la France, avec un concours financier conséquent. Tout cela ne peut pas être galvaudé. J’ai dit : corruption tolérance zéro. En le disant, je sais très bien que des haches ont été déterrées.

 

En disant ma détermination à combattre tous ces maux, je sais que ma vie a été mise à prix. Pour autant, sans forfanterie, je poursuivrai ma tâche. Je le ferai tranquillement, il n’y a pas d’autre choix. Je suis un homme face à son destin aujourd’hui. Et en toute modestie, c’est une transition vers laquelle nous allons.

 

Certains vous présentent comme un homme de l’ancien système qui s’est effondré. Quelle assurance pouvez-vous donner à la communauté internationale et aux Maliens, que ça ne va pas finir comme sous votre prédécesseur, si vous êtes élu ?

Le Président Senghor a dit une chose, l’Afrique, quand elle est entre des mains impropres, d’hommes sans culture, est en insécurité. Je ne suis pas un homme inculte, je le dis très clairement. Je ne suis pas un homme du passé, un homme de l’ancien. On m’a entendu dénoncer dans ce pays des pratiques.

 

’ai parlé de l’Etat patrimonial, le Président ATT a dit que j’ai insulté, j’ai dit non. Quand vous inaugurez un tronçon routier on dit que cela est dû à votre générosité. Mais de quelle générosité parle-t-on ? C’est de votre poche que cet argent est sorti ? Je lui ai dit : voilà comment on vous trompe. Il ne faut pas que l’on vous amène dans un culte de la personnalité qui vous fera du tort. Le système de l’Etat patrimonial est le système le plus archaïque, le plus arriéré du monde.

Quels seront les actes que vous allez poser dès les premiers mois de votre magistère ?

Cette question m’embarrasse. Il y a tellement de choses dans la tête. Mais ça va être dans l’ordre de ce que j’ai indiqué comme priorité.

Pourquoi avez-vous refusé le débat télévisé auquel vous a invité votre adversaire ?

Au Mali ici, un tel débat n’est pas d’exigence constitutionnel ni légal. Ce sont des convenances entre candidats. J’ai dit : quand on fait l’histoire, on ne fait pas de faits divers. Dans un tel débat, suscité à grand renfort de publicité, la forme aurait pris le pas sur le fond. A ce niveau, cela ne m’intéresse pas.

 

Vous partez favori à ce second tour, mais si d’aventure vous perdez, êtes-vous prêt à féliciter votre adversaire ?

Si cela est régulier, logique ; si cela n’est pas de l’ordre de ce que j’ai déjà connu dans ce pays, que les Maliens et les Africains savent, alors oui. Ce n’est pas à mon âge que je vais quereller des décisions de justice et du juge électoral, pourvu que les choses soient conformes à la logique et à la réalité. Il faut que l’on respecte le peuple.

Quelle stratégie avez-vous utilisé dans le cadre des jeux d’alliance pour ce second tour ? Ne craignez pas d’être envahi, une fois au pouvoir, par vos soutiens ?

Je n’ai été à la pêche d’aucune alliance, mais je suis respectueux des hommes. Beaucoup ont dit que je les ai appelés, j’ai dit ok. Je ne vais pas négocier et je n’ai rien négocié. Je n’ai rien promis à qui que ce soit. Je ne suis pas allé à une quête besogneuse de ralliements ou d’alliances, sans aucune espèce de vanité. Dans cette élection, c’est le peuple malien qui est mobilisé.

Dans votre mandat de Premier ministre, vos critiques vous accusent d’avoir gaspillé de l’argent. Il existerait un rapport d’un inspecteur des finances qui fait état de cela, qu’est-ce que vous répondez ?

J’aimerai voir ce rapport [et le confrère exhibe le journal d’où il a tiré ces informations]. Ce journal est connu ici au Mali pour me tirer dessus à boulets rouges depuis des mois et des mois. Je vais vous dire ceci : si ces faits étaient avérés, connaissant mes rapports avec certains de mes supérieurs d’alors, cela m’aurait conduit en lieu où on n’a pas beaucoup de liberté. En politique, on dit beaucoup de choses, mais la vérité profonde des hommes apparait toujours.

Comment avez-vous financé votre campagne ?

J’ai dit, dans ma campagne, qu’il n’y a aucun argent dont je peux avoir honte demain et qui pourrait surtout m’empêcher, à l’occasion, de prendre des décisions utiles à mon pays. J’ai refusé des sommes dont la provenance ne me semblait pas très claire. Cela également ne m’a pas mis en bonne posture dans certains cercles qui savent désormais que les choses vont changer.

 

Quel sera le premier pays visité dès votre installation ?

J’irai là où mes pas me conduiront et j’aurai les meilleures relations avec les pays du champ (Algérie, Mali, Mauritanie et Niger, ndlr). Et j’ai été dans tous ces pays, sauf un rendez-vous manqué à Nouakchott, parce que le Président Aziz était en déplacement.

L’intervention de la France dans le nord a mis en veilleuse ce cadre politique et sécuritaire dans la sous-région, que comptez-vous faire ?

Nous cherchons depuis longtemps à mutualiser nos forces ; qu’il y ait une gestion commune de nos pays, mais les choses ne sont pas évidentes.

 

Par Bacary Domingo MANE “Sud Quotidien »-

 

 

 

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