On est tenté d’y répondre par l’affirmative. Du reste à posteriori. Tout le monde le sait. Ou devrait le savoir que c’est au forceps que l’on a arraché, la signature de l’accord politique global le 03 juillet dernier.
Au sortir de cette épreuve, la mouvance présidentielle paraissait bien préparée à prendre part aux législatives, quelle qu’en soit la date. A contrario, le camp opposition semblait être pris au dépourvu. Au point qu’il a sollicité et obtenu une révision additionnelle du fichier électoral.
Jusque-là, tout semblait aller comme sur des roulettes. Mais lorsque la campagne électorale commença, l’aile dure de l’opposition a commencé à se plaindre. Il s’agit précisément de messieurs Cellou Dalhein Diallo et Sidya Touré qui ont recommencé à tirer sur le fichier électoral. Dont ils soupçonnent déjà tripatouillé.
En principe, l’opposition est – il faut le reconnaitre- dans son droit naturel de revendiquer jusqu’au bout, la transparence requise des élections.
Mais seulement voilà, cette stratégie qui consiste à déclarer à tout bout de champ que le pouvoir et l’institution en charge d’organisation des élections nationales, ont tout en œuvre pour organiser le hold-up électoral en faveur du parti au pouvoir, pourrait se révéler improductive.
Explication: si la finalité est d’aller à ces élections, Cellou et Sidya feront mieux de concentrer leurs efforts, pour le peu de temps qui sépare du 24 septembre, à mobiliser et convaincre militants, sympathisants et indécis à voter massivement pour eux. Tout en prenant soins d’expliquer autant que faire se peut, les modes de votations lors de ces élections à deux scrutins.
A quelques jour seulement du scrutin législatif, la tendance ne devrait pas être au boycott, à la menace de reprendre la rue. Car cette façon de faire pourrait démobiliser gros, par la politique de motivation, de découragement.
Comment revenir convaincre à nouveau, les militants d’aller finalement voter alors qu’on leur a fait déjà croire que les députés seront nommés par Alpha Condé. Dans un pays où même l’audiovisuel national couvre à peine 70% du territoire national, ce pourrait être un exercice fort risqué.
Parce que dans tous les cas, le fichier électoral a toujours été, un peu partout en Afrique, l’argument des compétiteurs politiques pour expliquer leurs contreperformances électorales. Cela est connu de tous. Y compris des chancelleries occidentales.
Mais en définitive, Cellou et Sidya sont-ils réellement à affronter ces législatives du 24 septembre? Rien n’est moins sur. En tous les cas, la supposée ou réelle poussée de Kassory Fofana, c’est selon, en Basse Guinée d’un coté, et de l’autre l’effet Bah Oury, ne seraient ps étranger à cette attitude.
Qu’à cela ne tienne, le pouvoir se doit d’écouter, entendre et comprendre les revendications politiques de l’opposition afin de les gérer avec tact et intelligence. Ceci, pour faire économie d’éventuelles situations fâcheuses. Les propos du genre: « nous irons aux élections avec ou sans l’opposition », sont à revoir. Car « diriger, c’est prévoir ».
A bon entendeur salut!