Interview : l’Ambassadeur Amara Camara parle du processus électoral

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Trois ans après la présidentielle, la Guinée s’apprête à organiser des législatives très attendues pour doter le pays d’une Assemblée élue. En marge de la conférence de presse tenue le 12 septembre à Paris, Amara Camara, l’ambassadeur de Guinée en France, a assuré que tout était prêt pour des élections apaisées. Et ce, malgré la menace de l’opposition politique de reprendre les manifestations.

 

Nouveau couac dans le processus électoral en Guinée ? À moins de deux semaines de la tenue des législatives, prévues le 22 septembre pour les Guinéens vivant à l’étranger et le 24 pour ceux de l’intérieur du pays, l’opposition menace de reprendre les manifestations si la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) ne procède pas à un « nouvel affichage public des listes électorales assainies ». Objectif : permettre aux citoyens de « s’assurer de leur inscription effective et de leur rattachement à des bureaux de vote suffisamment proches de leurs localités respectives ».

Mais les clés USB contenant le fichier électoral remis mardi à tous les partis politiques ne suffisent pas à rassurer l’opposition. Le consensus du 3 juillet bat de l’aile. Rachid Ndiaye, conseiller spécial du président Alpha Condé, en séjour à Paris où il a assisté, le 12 septembre, à la conférence de presse de l’ambassade guinéenne sur les législatives, accuse certains partis de l’opposition de vouloir à tout prix retarder la tenue du scrutin, aboutissement selon lui d' »un processus inclusif ». Une position partagée par l’ambassadeur guinéen à Paris, Amara Camara, qui affirme, pour sa part, avoir tout mis en œuvre pour que les Guinéens vivant en France votent dans de bonnes conditions.

Jeune Afrique : L’opposition dit qu’elle ne peut pas vérifier techniquement le fichier électoral qui lui a été transmis sur une clé USB. Il comprendrait près de 250 000 pages reprenant les listes des électeurs. Un report du scrutin est-il possible pour permettre un nouvel affichage public des listes électorales, comme l’exigent certains partis de l’opposition ?

Il ne faut pas que le processus électoral se transforme en un jeu d’enfants. Au départ, l’opposition présentait 10 revendications : neuf ont été concédés par le président de la république. Ces partis d’opposition ont finalement accepté de participer au processus et ont été associés à toutes les décisions. On ne peut pas continuer à reporter indéfiniment les élections. L’avenir du pays en dépend, notamment pour rassurer les investisseurs.

Quelles sont les dispositions prises aujourd’hui pour garantir un scrutin apaisé en France ?

Amara Camara : Lors de la présidentielle de 2010, je n’étais pas encore en fonction à Paris. Il y a eu plusieurs désagréments : tous les électeurs inscrits n’ont pas pu voter, même si certains ont passé toute une journée sous la pluie.

Pour les législatives du 22 septembre, l’ambassade a pris des dispositions pour que les Guinéens votent dans les conditions confortables. Nous avons loué le Palais des Congrès de Montreuil, une salle de 1 500 m2. La mairie de Montreuil nous a également prêté cinq isoloirs et cinq urnes. Nous serons ainsi capables d’accueillir 4 000 personnes au même moment.

Qu’en est-il des garanties de transparence du scrutin ?

Avec le concours de la Ceni, nous avons mis sur pied une commission électorale locale, composée de six membres : deux proviennent de la majorité au pouvoir, deux de l’opposition, un de la société civile – président de la Commission – et un de l’ambassade. Tous les vendredis, je les reçois à l’ambassade pour faire le point des avancées et relever ensemble les difficultés rencontrées. Tout a été donc mis en oeuvre pour organiser un scrutin en toute transparence.

Combien d’électeurs sont attendus à Paris, le 22 septembre ?

Aux alentours de 5 000. En tout, quelque 120 000 Guinéens de l’extérieur sont appelés aux urnes pour élire les députés qui les représenteront à l’Assemblée nationale.

In JeuneAfrique

 

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