L’opposition veut marcher pour un report du scrutin

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Un spectacle inédit est en cours actuellement en Guinée, «  pays des occasions ratées » comme le dirait l’autre. Au même moment qu’ils mènent la campagne électorale en vue des législatives du 24 septembre, les leaders de l’opposition menacent de reprendre la rue jeudi 19 septembre si la CENI ne corrige pas toutes «  les anomalies » signalées.

Samedi 14 septembre, dans le cadre de la campagne électorale au compte des législatives prochaines, le chef de file de l’opposition guinéenne était l’hôte de ses militants de Kindia, à 130 km de la capitale. Tout avait allure de campagne électorale. Mobilisation de la troupe à voter pour le parti, démonstration de force à l’endroit de ses concurrents à l’élection uninominale etc…Cette ambiance bonne enfant s’est estompée lorsque le président de l’UFDG, El Hadj Cellou Dalein Diallo a convié ses «  fédérations de Kindia » à éventuelle marche «  pacifique » de l’opposition, le 19 septembre, à quelques heures du scrutin législatif prévu au 24 septembre !

La marche de l’opposition, durant la semaine dernière, a été plusieurs évoquée par les opposants au régime de Conakry. Dans une déclaration signée le 14 septembre 2013, les leaders  politiques de l’opposition exigent de la Commission électorale, la prise en compte de l’ensemble de ses revendications.

« A défaut d’une prise en compte diligente par la CENI de ses revendications fondamentales,  l’opposition républicaine reprendra ses manifestations pacifiques sur l’ensemble du territoire national à compter du jeudi 19 septembre 2013 » signent-ils.
Dans un rapport du Comité de suivi de l’Accord du 03 juillet, sous la houlette du Facilitateur onusien, Said Djinnit, la commission électorale devait se pencher sur ces inquiétudes de l’opposition.

« S’agissant des bureaux de vote, face aux inquiétudes exprimées par l’Opposition, la CENI s’est engagée à mieux informer les électeurs de façon que ceux-ci puissent retrouver leurs lieux de vote le cas échéant. Elle a indiqué que des critères de proximité et d’accès facile des électeurs aux lieux de vote ont été déterminants dans la création et la ventilation des bureaux de vote et que les cartes d’électeurs en cours d’impression comportent le numéro et l’adresse géographique du bureau de vote. La CENI a indiqué que toutes les informations utiles seront portées à la connaissance des électeurs au moment de la distribution des cartes » lit-on dans le point 6.

Les revendications sont de deux  ordres. «  L’édition par ordre alphabétique et l’affichage par CARLE pendant un délai raisonnable des listes électorales corrigées » et «  la reprise du redécoupage électoral en tenant compte des réalités du terrain.»
Ces deux opérations exigent du temps. La CENI, vu le temps qui lui est imparti, ne pourrait guère se relancer dans ces opérations assez compliquées et qui requièrent la modification du chronogramme électoral en phase finale d’exécution. Ce que reconnait, presque le président de l’UFDG.
«  On aurait besoin beaucoup plus de temps pour procéder à la correction des anomalies. Nous ne revendiquons pas une date en soi. Au contraire, nos revendications portent sur la correction de toutes les anomalies » confie dimanche, Cellou Dalein Diallo à la sortie de la plénière de l’opposition. Celle-ci a permis à l’opposition jugée «  radicale » de fixer l’itinéraire de la « marche pacifique » qui partira de l’Aéroport Gbessia à l’Esplanade du palais du peuple, soit plusieurs kilomètres.

Si un bras de fer est engagé, à la dernière minute, entre la CENI et l’opposition ou entre le pouvoir de Conakry et l’opposition, une menace sur la date du 24 septembre est plus que précise.

 

 

 

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