Expulsions : les lycéens dénoncent « la continuité de la politique Sarkozy »

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« Khachik à Paris, Valls en Arménie », « La Valls des expulsions, c’est non ! »… Les slogans martelés ce vendredi 18 octobre, place de la Nation, résonnent fort : le cortège a rassemblé, à Paris, entre 12 000 et 4 000 jeunes selon les sources.

Plusieurs organisations – les lycéens de la Fidl et de l’UNL mais aussi les enseignants de la FSU, les étudiants de l’UNEF et le Réseau éducation sans frontières – avaient appelé à une manifestation, au départ de la place de la Bastille à 13 heures, pour exiger « l’arrêt des expulsions de jeunes en cours de formation » et « le retour immédiat de Khachik et Leonarda », le lycéen de 19 ans expulsé vers l’Arménie et la collégienne de 15 ans remise à la police le 9 octobre. Une deuxième journée de mobilisation, donc, après celle du jeudi 17 octobre, qui avait vu 18 lycées de la capitale perturbés et entre 2 500 et 7 000 jeunes défiler.

Dès les premières heures de la journée de vendredi, les lycéens ont imposé leur tempo, pas toujours régulier, souvent en ordre dispersé. « Après avoir bloqué une grosse vingtaine de lycées ce matin, il n’y a pas eu démobilisation : la plupart des manifestants se sont retrouvés assez vite, spontanément, place de la Nation », témoigne Ivan Dementhon, président de l’Union nationale des lycéens (UNL). A proximité de certains des établissements les plus mobilisés, comme Maurice-Ravel ou Hélène-Boucher (Paris-20e). En fin de matinée, un premier groupe marche de la Nation à Bastille. « Ils en sont repartis vers midi », précise Ivan Dementhon. Certains ont donc fait l’aller-retour, sans attendre l’heure du rendez-vous fixée par les organisations.

Sur la place de la Bastille, peu après 13 heures, quelques dizaines de jeunes, autant d’adultes, s’interrogent. Assis en cercle, à quelques mètres des marches de l’Opéra, Emma, Lucie, Maélie et Yan – les trois filles en 1re S, le garçon en BTS – hésitent un peu à décoller. Elèves des lycées Jean-Jaurès, Brassens et Diderot, ils sont debout depuis l’aube. « Ça fait un bout de temps que le ministère de l’intérieur renvoie plein d’étudiants chez eux, assure Yan, 18 ans. Les expulser alors que leur vie est en France, c’est inadmissible ! Khachik et Leonarda, c’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. » « L’éducation dans leur pays n’est pas au même niveau qu’ici, renchérit Emma, 15 ans. Comment voulez-vous que les jeunes se sentent en sécurité dans ces conditions ? C’est la continuité de la politique Sarkozy ! »

lemonde

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