Beny Steinmetz à la Justice suisse :  » La Guinée n’était pas un Etat de droit »

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L’homme d’affaires israélien a été entendu la semaine dernière par la justice – suisse-, qui enquête sur une éventuelle corruption autour d’une cession de concession d’une mine en Guinée.

«Cette personne a bien été entendue par la justice genevoise la semaine dernière», a indiqué cette source à l’AFP sous couvert d’anonymat, en ajoutant que le magistrat en charge du dossier avait interrogé plusieurs personnes, dans le cadre de cette affaire.

Les faits ont été révélés par deux médias français, le site d’information Mediapart et le quotidien Le Monde, ainsi que par une ONG suisse, La Déclaration de Berne. (L’organigramme visible à cette adresse.)

Selon Mediapart, Beny Steinmetz a refusé de répondre aux questions du procureur, en faisant valoir que la Guinée n’était pas un Etat de droit et que sa justice était corrompue.

Mardi, l’ONG a publié l’organigramme très complexe du Beny Steinmetz Group (BSG), qui fait l’objet d’une «enquête pour corruption en Guinée».

Cet organigramme montre «que le milliardaire israélien a tissé une toile extrêmement complexe, qu’il dirige depuis Genève». L’homme d’affaires a obtenu en 2008 une licence d’exploitation d’une mine de minerai de fer, à Simandou, dans le sud-est de la Guinée.

«pure invention»

Il a indiqué dans une interview publiée le 9 octobre au journal français L’Opinion y avoir inverti 170 millions de dollars, puis avoir revendu 51% de cette mine en 2010 au groupe brésilien de matières premières Vale pour 2,5 milliards de dollars, soit presque 30 fois plus cher.

Dans cette interview, le diamantaire a aussi nié les accusations de corruption pesant sur lui et a accusé le président guinéen Alpha Condé de mener une «campagne de désinformation visant à salir (sa) réputation, celle de (sa) société, et (son) nom».

Selon lui, toute cette histoire n’est qu’une «pure invention» et il est la victime de machinations orchestrées par Alpha Condé et le milliardaire américain George Soros. Alpha Condé, a-t-il ajouté, a «tenté de salir notre groupe en nous accusant d’avoir payé un dessous-de-table à une certaine dame, nous n’avons rien à voir avec elle (…) tous nos comptes et opérations sont parfaitement transparents».

Selon l’ONG suisse, ce dossier occupe les instances judiciaires de six pays: la Guinée, les Etats-Unis, la Suisse, le Royaume-Uni, la France et Guernesey.

A Genève, une enquête a été ouverte pour «corruption d’agent public (fonctionnaire) étranger». Cette enquête est dirigée contre X.

La police genevoise a aussi perquisitionné en août dernier les bureaux d’Onyx Financial Advisors, une antenne du groupe BSG, à la demande des Guinéens. Le domicile de Beny Steinmetz et son avion privé ont également été perquisitionnés, selon Mediapart. Aux Etats-Unis, un Français, Frédéric Cilins, a été arrêté à Miami (Floride) dans le cadre de cette affaire, et il devrait être jugé avant la fin de l’année.

20 Minutes

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