Ouverture de la session budgétaire : voici les grands moments !

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La session budgétaire portant sur le projet de la loi des Finances 2014 a été officiellement ouverte ce mercredi 18 décembre 2013 à l’hémicycle du palais du peuple où 121 membres du Conseil national de Transition étaient présents ainsi que des membres du gouvernement et plusieurs invités.

C’est en application du décret présidentiel  du mardi 17 décembre que cette session a lieu, conformément à l’Article 157 de la Constitution guinéenne, s’est empressée de rappeler, le secrétariat du Conseil national de Transition, sous l’œil vigilant de sa présidente Hadja Rabiatou Sérah Diallo. Laquelle a déclaré par la suite le début des travaux après avoir constaté l’absence de 30 membres de son institution pour causes de maladie ou de missions.

L’ordre du jour, portant uniquement sur l’ouverture officielle de la présente session budgétaire a été adoptée à l’unanimité des membres présents.

C’est le ministre délégué au Budget, Mohamed Diarre, qui a ouvert le bal des discours, présentant ainsi le projet de loi de finances initiale 2014. Ceci «  vise à consolider les résultats obtenus au cours de ces trois dernières années dans la stabilisation du cadre macroéconomique et budgétaire en vue de la croissance économique, de la réduction de la pauvreté et de la création d’emplois dans notre pays » affirme le ministre délégué au Budget, d’entrée de jeu.

L’année qui s’annonce, «  les projections budgétaires  se fondent sur un taux de croissance du PIB de 4,5 % contre 2,5 % en 201 » , un taux d’inflation de 8,5 % contre 10,6 % en 2013, un taux de change moyen de 7 000 gnf pour 1 dollar Us, 9227,4 gnf pour 1 euro, un taux de pression fiscale de 19,66 %, un niveau de dépenses courantes de 14,89 % du PIB et des dépenses en capital de 11,88 % du PIB, un accroissement des recettes de 21 % et une augmentation des dépenses de 19,3 % » explique-t-il.

En ce qui concerne les recettes et dons prévus, le ministre délégué au Budget chiffre ce volet à hauteur de plus de 12 milliards gnf, soit un accroissement de 21,98 % comparées aux prévisions du budget révisé de 2013.

Si un accroissement des recettes fiscales non minières est prévu au cours l’année prochaine, 8165 milliards en 2014 contre 6 436 dans le budget révisé de 2012, le département du Budget prévient que les recettes minières connaitront une baisse de 5, 06 % en 2014 comparées à l’année qui s’achève.

Ceci, argumente-t-il, à cause de la diminution de l’impôt sur les sociétés suite aux difficultés financières enregistrées par ces entreprises en 2013. Il y a lieu donc de retenir 1360, 34 milliards contre 1 441,07 milliards en 2013.
Les dons qui seront faits à la Guinée en 2014 connaissent une augmentation par contre de 26,03 %.

Au titre des dépenses, poursuit Mohamed Diaré, les projections pour 2014 sont arrêtées à 13 mille milliards 263 millions contre 11 mille milliards 135 millions dans le budget révisé 2013, représentant respectivement 27,37 % et 25,6 % du PIB. L’augmentation est à hauteur de 27,37 %.

En ce qui concerne le budget d’investissements publics, M. Diare a fait savoir que celui-ci s’élève à 5723,54 milliards toutes taxe comprises. Les dépenses en ressources propres, dans ce volet, passent de 2 495,24 milliards en 2013 à 3166 milliards en 2014, soit une augmentation de 670,76 milliards soit 26,88 %.

« La réalisation des objectifs du gouvernement nécessite la mise en œuvre d’une politique budgétaire rigoureuse reposant sur des mesures de recettes, de dépenses et de reformes structurelles » soutient le ministre délégué au Budget.

Lounceny Nabé, Gouverneur de la Banque centrale de Guinée a fait état à son tour des activités réalisées par son institution en 2013 et a décliné ses perspectives pour l’année prochaine.
Pour lui, la politique monétaire et de changes est tributaire de l’environnement économique national et international. En ce qui concerne la Guinée, en 2013, la BCRG a axé sa politique sur le contrôle de la liquidité bancaire. Et dans ce cas, poursuit M.Nabe, son institution a utilisé tous les instruments légaux en sa disposition.
L’intervention de la BCRG, sur le marché interbancaire, a permis durant les 10 premiers mois de l’année 2013, la tenue de 42 séances.

Ceci a permis, à l’en croire, de stabiliser le taux de changes au niveau de la masse monétaire et  à l’acquisition des réserves de changes équivalant à 3 mois d’importation. La BCRG, rappelle Loncény Nabé, a poursuivi par ailleurs la supervision des institutions financières.

Le ministre d’Etat de l’Economie et des Finances, Kerfalla Yansané, a fait état des «  chocs » ayant entrainé en 2013, une baisse de la croissance, une baisse des activités économiques.
Il cite entre autres l’arrêt de la société minière Vale, la suspension des contrats autour de la chaine du Simandou et l’arrêt de la production de l’usine d’alumine de Rusal Friguia. A ceux-ci, poursuit-il, peut s’ajouter l’impact de la crise pré-électorale liée aux conditions d’organisation du scrutin législatif de 2013.

La location de centrales thermiques de la société Aggreko, en croire le ministre des Finances, a aussi entrainé un «  accroissement des dépenses de l’Etat. D’un montant initial de 250 milliards gnf, la subvention de l’Etat au secteur de l’Energie aura atteint 400 milliards gnf au titre de l’année qui s’écoule.

«  Il est temps de tirer les leçons et revoir la manière dont nous gérons » le secteur du pétrole reconnait de passage M.Yansané.Ce, après avoir reconnu que la subvention accordée par l’Etat à ce secteur ne sert pas les plus démunis des Guinéens qui n’ont pas de véhicules.

«  La capacité d’absorption de notre économie reste encore faible » regrette le ministre d’Etat de l’Economie et des Finances. Le budget d’investissement a été exécuté, révèle-t-il, à hauteur de 30 pour cent en juin 2013. «  Il fallu d’énormes efforts pour que ceci arrive à 50 pour cent » éclaire-t-il.

Kerfalla Yansané  remarque qu’il y a des «  évènements favorables pour l’année 2014 ». Ceux-ci sont entre autres la conférence économique d’Abu Dhabi où l’annonce de 6 milliards usd d’investissement  a été faite, la conférence de l’OCI à Conakry qui démontre «  le retour de la Guinée sur la scène internationale », le déboursement par l’Union européenne d’un montant de 172 millions d’euros au titre du 10è FED, le projet d’investissement de China Power Inv. Etc.

« Tout cela montre que les élections législatives constituaient un déclencheur important pour la reprise de la coopération » avec les bailleurs de fonds.

« Les citoyens sont confrontés à un climat de profonde insécurité. Toute initiative, toute mesure  prise par le gouvernement restera  insuffisante tant que l’impunité existera  et que les lois ne seront pas appliquées » réagit, dans son discours, la présidente du CNT, Hadja Rabiatou Serah Diallo.

Pour elle, ce budget est la traduction financière des choix politiques du gouvernement.  Elle a plaidé pour que le budget qui sera adopté, prenne en compte par exemple le monde paysan, les infrastructures de base, les routes etc…

Après les discours des officiels et l’annonce de la cérémonie d’ouverture, le Conseil national de la transition (CNT), à travers son secrétaire  Dansa Kourouma, a décliné les grandes étapes de l’examen du projet de lois des Finances 2014. 

 

 

 

 

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