Guinée : l’impact de la tenue des législatives sur l’économie

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Le patron de l’ONG  « Africa Governance Initiative » (AGI), l’ancien Premier ministre britannique, Tony Blair, soulignait début janvier dernier, son optimiste sur l’avenir de la Guinée, à l’issue d’une audience à Conakry avec le président Alpha Condé, qui a reçu par la suite tout au long de l’année 2013, des investisseurs africains, asiatiques, européens et américains, désireux d’investir en Guinée.

M. Blair, qui effectuait sa troisième visite en Guinée depuis l’élection du président Condé en 2010, a expliqué qu’il fondait son optimisme sur la fixation récente de la date des élections législatives prévues le 12 mai, puis repoussées à une autre date, celle du 28 septembre, à l’issue de discussions houleuses entre les acteurs politiques, sous l’arbitrage de l’Union européenne (UE).

« Nous avons maintenant un chronogramme pour les élections, c’est très important. Après ça, on peut avoir la Conférence des bailleurs de fonds et on peut voir maintenant comment accélérer le progrès du pays », avait-il dit.

Soulignant qu’il y a beaucoup de difficultés et de défis à relever, M. Blair s’est dit convaincu que grâce au plan d’actions, il existe une possibilité d’avoir des élections, la conférence des bailleurs de fonds, avant des investissements dans le secteur privé.

Les propos de Blair surviennent au lendemain d’une mise au point des bailleurs de fonds et des partenaires au développement qui avaient prévenu des mois durant, de ne pas lâcher le cordon de la bourse si les élections législatives ne sont pas organisées en 2013.

Au fur et à mesure que le processus avançait, les promesses de décaissement des fonds affluaient de toutes parts, incitant ainsi le gouvernement à élaborer le budget 2013 qui accorde des montants substantiels à certains secteurs prioritaires du développement socio-économique.

Il s’agit du secteur du développement rural (campagne agricole, réalisation de pistes rurales, construction et équipement de chambres frigorifiques) pour une prévision de 13,1% et le secteur des mines, de l’énergie et des eaux à hauteur de 36,6%, les secteurs des infrastructures dans l’ordre de 22,5% et du secteur social pour 9%.

Quelques jours après cette annonce, le vice-président de la Société financière internationale (SFI), filiale de la Banque mondiale pour l’Afrique, l’Amérique latine et l’Europe de l’Ouest, Bernard Scheann, a révélé en janvier dernier dans la capitale guinéenne, l’ouverture prochaine d’un bureau chargé de l’assistance technique et financière dans le secteur minier.

L’ouverture de ce bureau, selon le patron de la SFI, se justifie par l’importance que revêt le projet Simandou (sud) sur l’exploitation d’un important gisement de fer, projet qui emploie actuellement 3.000 personnes.

« Ce projet ouvrira des possibilités au secteur agricole », a dit le vice-président de la SFI, promettant que son institution allait assister également les Petites et moyennes entreprises (PME) et le secteur énergétique.

La SFI, a-t-il dit, va aider la Guinée à renforcer le climat des investissements après sa récente admission au tableau de l’initiative PPTE, intervenue en 2012.

Deux mois plus tard, le directeur général du Fonds saoudien de développement, coordonnateur des Fonds arabes, Youssef Al-Bassam, annonce au président Condé au cours d’une audience que son institution s’engage à débloquer une enveloppe de 24 millions de dollars US destinée à construire quatre écoles professionnelles en Guinée.

Le patron du Fonds saoudien a aussi informé son hôte de la volonté du royaume d’annuler sa dette, non estimée, au profit de la Guinée et de rééchelonner l’enveloppe des dettes du Fonds, avant d’annoncer le décaissement prochain de 8 millions de dollars US pour réaliser des forages en faveur des populations.

M. Al-Bassoum a promis que le Fonds saoudien de développement sera à côté de la Guinée pour financer tous les projets que le gouvernement guinéen lui soumettra et à n’importe quel moment.

Pour sa part, la Commission européenne a octroyé en février dernier une enveloppe de 8,4 millions d’euros destinée à la mise en œuvre d’un projet visant à soutenir l’adduction d’eau en milieux rural et semi-urbain.

Cette action, qui s’inscrit dans le cadre de l’Initiative européenne pour l’atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) horizon 2015, touchera environ 700.000 personnes.

Les fonds seront orientés principalement vers les régions de N’Zérékoré (sud) et de Kankan (est) et contribueront également à renforcer le Service national de l’eau potable (SNAPE) dans la mise en œuvre de la Stratégie du service public de l’eau en milieux rural et semi-urbain.

L’Agence française de développement (AFD) a octroyé au gouvernement guinéen une nouvelle subvention d’un montant de 6 millions d’euros, soit un peu plus de 50 milliards de francs guinéens, destinée à soutenir la phase 2 du Programme d’appui aux communautés villageoises (PACV) mis en œuvre par la Coordination nationale du PACV.

Le nouvel appui de l’AFD a été effectif quinze jours après la signature d’un contrat de désendettement et de développement d’un montant de 75 millions d’euros entre les deux parties.

Les annulations de dettes en faveur de la Guinée, évaluées à plusieurs millions de dollars US, foisonnent de toutes parts, notamment des Amériques, de l’Asie, d’Afrique et d’Europe.

Panapress

 

 

 

 

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