Immigration : Maggie De Block, la secrétaire d’Etat belge à l’asile, attendue début février en Guinée

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Exclusif– Maggie De Block, la secrétaire d’Etat belge à l’Asile et la Migration, ça vous dit ? Ce nom est très familier dans le milieu des  milliers de demandeurs d’asile en Belgique. Y compris ceux de Guinée-Conakry, un pays qui s’apprête à recevoir, début février, celle qui se félicite dans le royaume belge de  » l’amélioration et de la stabilisation de la prise en charge de demandeurs d’asile ».

Son arrivée en Guinée-Conakry a été reportée à plusieurs reprises, nous confie des sources proches des ongs belges. La secrétaire d’Etat belge à l’Asile et la Migration, arrivera  » probablement » en début du mois de février, vers le 2, confirme un haut cadre du ministère guinéen des Affaires Etrangères.

Entre Maggie de Block et les autorités de Conakry, il s’agira inévitablement du dossier des centaines de demandeurs d’asile d’origine guinéenne. La Guinée reste, c’est un secret de polichinelle, l’un des pays occupant la tête du peloton dans les statistiques relatives aux demandeurs d’asile en Belgique.

Durant l’année 2011, l’Office belge des étrangers à enregistré plus de 2 134 demandes d’asile pour la compte de la Guinée, contre 1 808 demandes durant l’année 2012.

En 2013, pour les trois premiers mois, l’office a enregistré 442 demandes d’asile pour la Guinée contre 444 demandes pour le compte de l’Afghanistan.

Selon le directeur général, cette forte demande des Guinéens pour l’asile en Belgique s’explique par le rôle des réseaux clandestins de trafics qui encouragent « les gens à se lancer dans des situations illégales de demandeurs d’asile, sans aucun fondement juridique ou politique ».

Dans ce dossier, il y a lieu de noter aussi que plusieurs guinéennes, demandant l’asile en Belgique, fondent leurs arguments sur des conséquences des mutilation génitales féminines ( MGF).

Selon nos confrères de l’agence de presse Belga, les politiques d’asile concernant les mutilations génitales féminines (MGF) ont été remises en question par plusieurs associations et ONG lors d’un colloque qui s’est tenu il ya plusieurs semaines  au Sénat – belge-.

Le cas de la Guinée y a été abordé plus particulièrement, dans la mesure où de plus en plus de ses ressortissantes et leurs familles demandent l’asile en Belgique en raison des MGF dont elles sont victimes.

« Le colloque est organisé dans un contexte d’arrivage important de femmes et de familles guinéennes dont les demandes d’asile sont fondées sur les MGF. Entre les phénomènes de réexcision et de médicalisation accrue des MGF, la situation reste très préoccupante », affirme Céline Verbrouck, présidente de l’asbl INTACT, un centre juridique relatif aux MGF.

« Malgré cela, la pratique des instances d’asile s’est nettement durcie en ce qui concerne la prise en compte de MGF. Les autorités d’asile belges fondent bon nombre de décisions négatives sur base d’un rapport de mission qu’elles ont elles-mêmes réalisé et sont donc juges et parties. Or, ce rapport est contestable et contesté par toutes les associations indépendantes et les témoignages en provenance du terrain », ajoute-t-elle.

La présidente d’INTACT a également déploré l’absence d’harmonisation de la jurisprudence en Belgique concernant les MGF en Guinée. Selon elle, le Conseil du Contentieux des Etrangers prononce beaucoup plus d’arrêts de reconnaissance du statut de réfugié que son homologue néerlandophone.

 » Le gouvernement belge se fie à ce document pour prendre des décisions par rapports aux demandeuses d’asile qui ont fui l’excision en Guinée : ils ne donnent pas de papiers, et donc pas de protection à ces femmes, en disant qu’elles ne courent pas beaucoup de risques en Guinée ( entre autres). Alors que si, elle courent un grand risque » confie une source bien informée.

GuinéeTime a appris qu’il a été notifié à plusieurs demandeurs d’asile, se réclamant guinéens, un refus catégorique des services de Maggie De Block.

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