MGF : plus de 5000 guinéennes, » supposées » excisées, sont installées en Belgique

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 Les femmes ayant subi une ablation partielle ou totale des organes génitaux externes sont au nombre de 13.112 sur le territoire belge, estime une étude financée par le SPF Santé publique et présentée mercredi à la presse.

L’étude, réalisée par deux chercheuses de l’Institut de Médecine Tropicale d’Anvers, conclut également que 4.084 filles ou femmes habitant en Belgique sont « potentiellement à risque d’excision » de par leurs origines.

Par rapport à la dernière étude réalisée sur le même sujet, datant de 2008, le nombre de femmes « très probablement excisées » a plus que doublé (6.260 en 2008). « Cela est dû à la prise en compte de nouvelles données, notamment concernant l’Irak (où l’on sait aujourd’hui que la prévalence des mutilations génitales féminines est de 8%, ndlr) », précise Fabienne Richard, une des chercheuses, qui pointe également « l’arrivée de femmes originaires de pays où l’excision est traditionnellement répandue, ainsi que la naissance d’une deuxième génération dans ces communautés ».

Les femmes habitant en Belgique et supposées excisées ou à risque de l’être sont en premier lieu originaires de Guinée (5.872 femmes), de Somalie (1.698) et d’Égypte (1.134) et s’installent prioritairement à Bruxelles. La capitale devance les provinces d’Anvers et de Liège quant au nombre de femmes concernées accueillies. La majorité de cette population féminine « très probablement excisée ou à risque de l’être » entre dans la tranche d’âge des 20-49 ans. « Ce sont probablement surtout des femmes arrivées adultes et déjà excisées », indique Fabienne Richard. Ces femmes, en âge de donner elles-mêmes naissance, doivent être « un public-cible privilégié pour les gynécologues », note-t-elle.

« Elles risquent des complications à l’accouchement et sont en première ligne pour prévenir l’excision sur leur propre petite fille ». « Les mutilations génitales sont punies pénalement en Belgique, de même que le fait de faciliter ou de favoriser de tels actes », a rappelé la ministre de la Santé, Laurette Onkelinx. Celle-ci a annoncé par ailleurs que « l’INAMI a décidé de reconnaître deux centres de référence (l’UZ Gand et le CHU St-Pierre) » qui devraient bientôt bénéficier d’un financement pour proposer une prise en charge globale (sexologie, psychologie, chirurgie…) aux femmes excisées.

« Un budget de 500.000 euros annuels est prévu pour les 2 centres », précise Laurette Onkelinx. Chaque centre pourra ainsi proposer une prise en charge multidisciplinaire à près de 200 femmes par an.

Ce besoin de création de centres spécialisés organisant un soutien aussi bien médical que psychosocial aux femmes excisées est également mis en avant dans la conclusion de l’étude de l’Institut de Médecine Tropicale. Les chercheuses recommandent la poursuite de la formation des professionnels susceptibles d’être en contact avec des fillettes risquant de subir une mutilation génitale ou avec des femmes ayant déjà subi un tel acte.

Alors que le 6 février est la journée mondiale de lutte contre l’excision, l’ONG Plan Belgique a indiqué mercredi, via un communiqué, que 125 millions de filles et femmes sont actuellement excisées dans le monde. Par ailleurs, 30 millions de filles courent le risque d’être également excisées dans les 10 prochaines années, selon Plan Belgique. La pratique reste essentiellement répandue en Afrique (100 millions d’excisées). Selon les données rassemblées par les chercheuses de l’Institut de Médecine Tropicale, la prévalence des mutilations génitales féminines sur les femmes de 15 à 49 ans approche des 100% en Somalie (97,9%), au Djibouti (93,1%), En Guinée (95,6%) et en Egypte (91,1%).

 

7sur7.be

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