Edito: Alpha et les quadras ou « Jeune Afrique » au cœur du pouvoir familial du régime guinéen…

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« Le Plus » de l’hebdomadaire panafricain, « Jeune Afrique », a consacré son 2771ème numéro à la Guinée d’Alpha Condé : « une bien meilleure mine » (pour les amis étrangers du pouvoir ? )…

 

Le format est connu, et c’est d’ailleurs lui qui a, « le plus », décrédibilisé ce magasine jadis de renom. « Le Plus de J.A. » est souvent un spécial publireportage qui « ne fait pas de l’information, mais de la communication », précise un ancien ministre. Ces pages, on le sait ne sont pas souvent gratuites. ça tout l’air d’un échange de service. « Aide moi à t’aider » pourrait-on ainsi résumer le « deal ». Du pure gagnant-gagnant entre le magazine et le pouvoir…

 « Un numéro comme ça peut coûter jusqu’à trois cent mille dollars ou plus. Tout dépend des termes de négociations », renseigne un connaisseur, rappelant le courroux du capitaine Moussa Dadis Camara, alors chef de la junte, lorsque « Jeune Afrique » lui a proposé de payer trois cent soixante quinze mille dollars (375 000 $) par trimestre pour parler bien de la junte et de son chef… Au taux actuel, cela fait deux milliards six cent vingt cinq millions de nos francs (625 000 000 GNF)… « Combien ça fait en francs guinéens ? Comment pourrai-je donner tout cet argent à des étrangers ? », protestait alors, le chef de la junte. Et, les médias privés guinéens n’ont pas regretté la position du capitaine Dadis…

Sur ce spécial promo du régime Condé, « soit, la présidence de la République paye directement, soit le gouvernement ou alors les entreprises qui vivent sur le dos de l’Etat reçoivent des injonctions du pouvoir pour payer des publicités dont elles n’avaient pas l’intention de faire… ».

Alpha et les quadras

« Ils sont jeunes et brillants, ont étudié et vécu à l’étranger. Ces ministres et conseillers ont intégré l’équipe de choc du président », écrit notre confrère, avant de nous livrer des détails qui choquent…

À lire les articles très flatteurs de ce Journal, on apprend que ce sont des amis et parents qui forment des clubs au sommet de notre pays… « Jeunes, brillants, élégants, ils sont plutôt « beaux gosses » et ont de l’entregent… Ils se connaissent, cultivent amitiés ou liens familiaux et forment une sorte de petit club de quadras au sein de l’exécutif », renseigne J.A., citant quelques ministres quadragénaires…

Ibrahima Kalil Kaba serait-il le maître à penser du président Alpha Condé ?

Un autre quadra, Ibrahima Kalil Kaba, ministre chef de cabinet civil à la présidence de la République, fils de Hadja Saran Daraba Kaba, ancienne ministre et actuellement secrétaire générale de l’union du fleuve Mano, « exercerait une influence grandissante auprès d’Alpha Condé, notamment grâce aux liens tissés avec le fils unique de ce dernier, Alpha Mohamed Condé… », écrit notamment Jeune Afrique.

« Beau comme bauxite » et le « cauchemar » de Fria

Ce numéro spécial qui distribue des lauriers à certains membres de l’exécutif guinéen a, évidemment, abordé le très riche potentiel minier guinéen dont la bauxite. « La Guinée détient un tiers des ressources mondiales de bauxite, le minerai dont est issu l’aluminium, avec plus de 40 milliards de tonnes, devant l’Australie (6 milliards) et le Brésil (2,6 milliards)… », écrit le magasine.

Abordant le « cauchemar » de Fria, notre confrère rappelle que cette « ville a sombré dans une profonde crise économique et sociale » avec l’arrêt des activités de l’usine, début 2012. Mais, en le rappelant, Jeune Afrique réveille également le débat sur la responsabilité de l’Etat guinéen qui est accusé par certains d’avoir laissé fermer l’usine ou même d’avoir fait accélérer un arrêt précipité par une grève des travailleurs qui ignoraient tout de ce qu’ils risquaient en s’engageant à une grève. Ces travailleurs sont aujourd’hui abandonnés à eux-mêmes, alors que leur employeur est toujours en bonnes relations avec le régime de Conakry avec lequel il continue de faire de bonnes affaires-cas de Dian-dian- alors que les populations et la ville de Fria sont laissées à l’abandon total…

Bref, une communication promotionnelle qui laisse transparaître une certaine  ignorance des réalités guinéennes  et qui  annonce  un climat apaisé au lendemain d’une violente manifestation qui a, de nouveau, endeuillé des familles guinéennes. Sans oublier  les blessés et d’énormes dégâts matériels.

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