L’humoriste Grand Papus se confie :  » On ne gagne pas plus de 2 millions gnf par film »

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Rencontré cet après midi du mardi 11 mars dans l’enceinte de la Maison de presse de Conakry, ‘humoriste guinéen Yousouf Condé alias Grand Papus fait une description assez misérabiliste de son métier de comédien. Il a tout déballé à GuinéeTime.

L’artiste-comédien ne veut pas qu’on fasse un parallèle entre son embompoint et son métier. D’ailleurs à propos de celui-ci, il n’est pas du tout tendre.

 » Si vous voyez un artiste-comédien, humoriste ou quoi avec une moto, demandez- lui comment a-t-il fait pour gagner cet argent » lance-t-il au curieux journaliste.

Dans les détails, il jure par tous les Saints qu’un film produit- il s’agit des autoproductions- ne coûte pas aux yeux des maisons de distributions plus de 2 millions gnf.

A l’en croire, les membres d’une troupe artistique  » cotisent » pour assurer les frais de production : voyages, nourriture, filmage, montage etc…

 » Nous réalisons tout et après on sort à la quête d’une maison de distribution » lâche Grand Papus, serrant les dents.

 » Le gars visionne ton film et par la suite te propose un montant soit 1million 500 ou 2 millions gnf. A prendre ou à laisser : Si tu es intelligent acceptes, au cas contraire dès que tu quittes il fait un coup de fil aux autres maisons de distribution qui sont capables de te proposer le même prix » poursuit notre humoriste.

 » On va à 10.000 gnf un CD à un quartier »

Le deal passé avec le distributeur, au fait un montant, aux yeux de l’humoriste, qui est loin de couvrir les frais de production, arrive la réalisation des cd.

 » Le distributeur ne donne jamais le nombre exact d’exemplaires de cd vendus. Il peut dire 100 ou 200. Alors que ce n’est pas vrai. Car il peut envoyer des milliers à Kindia, Boké, N’Zérékoré etc…Mais qu’est-ce qu’on peut bien faire » se lamente Grand Papus.

Les films produits par des comédiens guinéens sont bien regardés dans les quartiers. En réalité, même produits en langues locales – rares sont les films en Français et jamais en Anglais- ces films ont la côte chez les distributeurs d’images des quartiers.

 » Ceux-ci projettent  nos films dans tout un quartier en intégralité souvent à la demande de leurs clients. Ils ne payent le cd qu’à 10.000 gnf. Des centaines de personnes ou un quartier visionnent nos films à 10 000 gnf, vous voyez l’étendue du préjudice qu’ils nous font » fait-il remarquer.

Le ministère guinéen de la Culture et du Patrimoine historique était, avec la gendarmerie nationale,  devant la presse nationale ce mardi sur le phénomène de « la piraterie des oeuvres musicales et littéraires ». L’intitulé du sujet de la conférence de presse ne couvrait pas les oeuvres cinématographiques, le domaine de notre artiste-comédien. D’où son inquiétude à notre micro.

 » En dépit de cela on nous dit qu’ils se battent pour nous. Nous, on ne sait à quel saint se vouer…On vient ici, on parle et on écoute », lâche, peu optimiste, l’acteur.

 

 

 

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