Infrastructures : Kérouané, une ville à l’abandon…

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Carnet de route /Le trajet Kankan-Kérouané est un calvaire pour les usagers. Distant seulement de 145 km, il faut pourtant au bas mot, 4 heures de parcours en véhicule tout terrain, et une demi-journée pour les véhicules ordinaires, dont les transports en commun.

A cette allure, si rien n’est fait pour parer au plus pressé avant la période décisive des grandes pluies, cette route pourrait être coupée à la circulation. Et les travaux entrepris pour sauver un pont nommé- paradoxe ?- Diamandala (littéralement traduit du malinké, zone de diamant) n’y pourront que peu de soulagement.

Le grand soulagement viendra de grands investissements sur cette route jusque-là ignorée, abandonnée, sinon méprisée par les différents régimes. Mais, l’espoir n’est pas encore perdu, dans les allées de Sanankoro. Ici, l’on continue de caresser le rêve de voir l’Administration Condé réhabiliter ou refaire cette route.

En tous les cas, la sécurité alimentaire dont le président Condé parle tant, parfois avec emphase, passe nécessairement par là : le désenclavement des zones de grande production.

En attendant, Kérouané reste une grande bourgade. Sans infrastructures aucune.  On y entre comme on entre dans une bourgade. Rien ne vous indique les symboles d’une ville. Pas même un écriteau sur lequel on peut lire par ailleurs « Bienvenue à Kérouané ». Seule, une station d’essence nouvellement bâtie vous signale  l’entrée à Kérouané.
Et quand vous y entrez, le décor est alarmant. La ville manque cruellement d’infrastructures. Pas une seule goute de bitume. Il parait pourtant que dans le cadre du bitumage des voiries urbaines des préfectures du pays, Kérouané a bénéficié, elle aussi, de quelques kilomètres de bitume. Seulement, pour l’heure, il n’y a trace du moindre signe du démarrage des travaux de bitumage de la voirie de cette belle cité de Sanankoro.

Ce n’est pas tout. Les infrastructures sanitaires aussi se posent en terme de défi. L’hôpital préfectoral, limité en ressources, ne rassure point. Il en est de même pour ces rares cliniques informelles qui assurent le « service minimum », malgré le coûts au-dessus de la bourse moyenne. Les établissements pharmaceutiques ? N’en cherchez pas, même si Kérouané a enfanté des fils et filles illustres de formation et vocation pharmaceutique. Ici, les plus nantis sont obligés de se rabattre sur Kankan, Conakry… pour sauver leur vie. Un luxe auquel ne peuvent prétendre les plus démunis- la majorité des habitants- qui sont eux, à la merci de la fatalité.

L’autre ulcère de la cité de Sanankoro est l’absence totale d’établissements bancaires. Pas un seul. Tenez-vous bien, l’argent des fonctionnaires de la préfecture de Kérouané est encore récupéré à partir de Kankan avec tous les risques que cela comporte. Ceux des fonctionnaires qui sont au virement ne peuvent accéder à leurs sous à partir de Kérouané.

Ici, les seuls symboles visibles de l’action de l’Administration Condé restent et demeurent les lampadaires solaires. Ce, depuis l’arrivée en 2010 d’Alpha Condé au pouvoir.

Pourtant, Sanankoro, cette belle cité au sud-est du pays à 807 kilomètres de Conakry est chargée de riches histoires et de légendes qui devraient la prédisposer à la prospérité. Sous d’autres cieux, cette merveilleuse cité aurait sans nul doute connu un tout autre destin.

Et pourtant, cette ville là, pour rappel, était la capitale du vaste empire de  l’intrépide guerrier Africain de Guinée, Almamy Samory Touré. C’est là qu’il bâti sa cour impériale, son vestibule aussi. Son épouse, Saranké fit faire un puits resté jusque-là mystique, énigmatique intarissable nommée Sarankénkoloni.

Malgré tout, ce brave petit peuple de Sanankoro est inaccessible au désespoir. Il attend beaucoup de l’exploitation des fabuleuses richesses qui fissurent la chaine de Simandou par Dame Nature.

En outre, les rues de Kérouané ont grand espoir que la prochaine célébration des festivités de l’an 57 de l’indépendance de la Guinée, sera enfin une occasion d’orienter quelques truelles et pioches dans la cité samoryenne, pour y bâtir des infrastructures de base. Soit!

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