Taxi-Conakry :  » vous payerez deux places parceque vous êtes grosse »

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Difficile pour de grosses personnes à Conakry de circuler, surtout à bord des taxis.  » Vous êtes grosse, vous devez payez pour deux places », c’est l’argument utilisé par les chauffeurs de taxis de la capitale guinéenne utilisé contre ces compatriotes en surpoids.

Les personnes obèses de Conakry broient du noir chez les conducteurs de Conakry. Ce matin, au moment où Conakry était arrosée par de fines pluies, qui semblaient devenir importantes, une dame, en surpoids, a failli ccouler des larmes. Et pour cause ! Constatant la  » masse » que pourrait  prendre celle-ci dans son véhicule, le conducteur du taxi a monté les enchères. Le jeune a imposé à la bonne dame de s’engager à payer deux places au lieu d’une dans la voiture ! Voulant mieux comprendre la raison, le chauffeur de taxi a finalement mis la vitesse, laissant à la plaque cette femme. Les passagers du taxi, sont restés amorphes. Aucune réaction !

La scène est presque anodine à Conakry. Nul ne bronche mot. Ni au niveau des citoyens, ni de celui des décideurs? Cette discrimnation tolérée d’une couche de la population risque de prendre des proportions inquiétantes si rien n’est fait. Surtout qu’aucune initiative visant à rassembler des personnes victimes de l’obésité n’est encore en vue ! Pire, dans la législation guinéenne, aucune disposition en vigueur ne fait d’une personne double, donc à double devoirs !

Les arguments avancés pour justifier souvent cette discrimation :  » elles sont grosses dans les taxis et prennent deux places au lieu d’une. Si c’est comme ça nous nous perdons ». Sic !

En plus des chauffeurs de taxi, d’autres personnes feront-elles voir le pire aux Guinéens en surpoids? Tout est possible.

L’obésité en Guinée semble un problème de santé publique. En surpoids, on qualifie cette personne de  » riche » ou d’aisé. Ce qui peut tromper celle-ci et la pousse à augmenter de poids.

En 1980, moins de 20% de la population africaine souffrait de surpoids et à peine 5% d’obésité. En 2008, c’est un tiers du continent qui est concerné par le surpoids et 10% par l’obésité, souligne un rapport de l’OMS en 2009.

Des chiffres évidemment encore loin de ceux des pays riches comme ceux du nord de l’Amérique où 70% de la population est en surpoids et où le taux d’obésité dépasse les 30%. Mais cette augmentation, que souligne le rapport de l’OMS il y a quelques années, est en tout cas loin d’être un signe positif. Car une grande partie des pays du continent qui sont concernés par le problème de l’obésité le sont aussi par celui des carences alimentaires.

Pour aider les pays à remédier à ces lacunes dans leurs politiques, l’OMS a publié un document réunissant 24 mesures essentielles qui constituent les moyens les plus efficaces pour les pays d’améliorer l’état nutritionnel de leur population en prévenant à la fois la sous-nutrition et le surpoids. De nombreux facteurs intervenant au cours de la grossesse et de la petite enfance peuvent influer sur le poids de l’enfant plus âgé et de l’adulte.

Selon l’OMS, Ces différents états – sous-nutrition, obésité et surpoids – sont des formes de malnutrition dont les causes et conséquences sont étroitement liées aux incohérences du système alimentaire. Un système alimentaire qui n’offre pas un approvisionnement suffisant en aliments de qualité peut conduire à la fois à une croissance insuffisante et à un gain de poids excessif. Un enfant dont la croissance a été médiocre au cours de ses premières années de vie peut devenir un adulte de petite taille mais en surpoids, puis plus tard au cours de sa vie d’adulte contracter une maladie chronique.

«Pour éviter une explosion massive des problèmes nutritionnels au cours de la prochaine génération, les responsables politiques doivent de toute urgence accorder une plus grande attention à l’amélioration de l’état nutritionnel des femmes enceintes et des adolescentes qui seront les mères de la prochaine génération», ajoute le Dr Branca.

En Guinée, ce type de débat n’exsite pas. Espérons que les députés garderont l’oeil sur ces genres de pratiques…discrimatoires.

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