Santé : la soude caustique brise la vie des enfants en Guinée

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La sténose caustique de l’œsophage, un phénomène qui résulte d’accidents domestiques dus à l’ingestion par les enfants de produits liquides ou solides comportant de fortes doses de soude caustique, est devenue un véritable problème de santé publique en Guinée.

Les méfaits de la consommation,  en grande partie par les enfants, de la soude caustique sous diverses formes, étaient à l’ordre du jour  le mercredi 30 juillet à la Maison de la presse de Coléah dans le cadre du lancement officiel par «  Terre des Hommes » du « Projet de prévention et de prise en charge de accidents domestiques dus à la soude caustique. »

La sténose caustique de l’œsophage, un phénomène qui résulte d’accidents domestiques dus à l’ingestion par les enfants de produits liquides ou solides comportant de fortes doses de soude caustique, est devenue un véritable problème de santé publique en Guinée. Aucune statistique, indiquant clairement l’incidence de ce phénomène, n’est disponible. Mais en Afrique, l’organisation mondiale de la Santé (OMS) en 2004, l’évaluait entre 100 à 110 mille victimes par an !

« Nous ferons en sorte que ces accidents soient réduits en Guinée dans les prochaines années  et que la prise en charge des malades s’améliore également » s’engage le chef de la délégation de « Terre des Hommes », Olivier Feneyrol.

«  Il ya, à l’en croire, un manque de connaissance et de reconnaissance de ce fléau alors qu’il s’agit d’un véritable problème de santé publique, affectant gravement les enfants, notamment les plus vulnérables » explique-t-il.

Ces accidents, témoigne Dr Toure, Chef Chirurgie pédiatrique au CHU Ignace Dee,   surviennent dans des familles fabricants de savon ( 50 pour cent), 38 pour cent en présence des parents, et 69 pour cent au cours des utilisations des produits par  les parents eux-mêmes.

La prise en charge de la sténose caustique de l’œsophage peut durer de 6 semaines à 6 ans, selon les cas. Pour assez de patients, la sonde est le matériel médical utilisé pour leur alimentation. Dr Touré, spécialiste dans le traitement de cette maladie, révèle que celui-ci « n’est plus en vente en Europe » d’où la nécessité de faire des commandes spéciales.

Projetant une vidéo intitulée  «  Gorges brulées, enfance brisée », les méfaits de la consommation de la soude caustique ont été largement montrés à l’assistance, composée de medias, de parents de victimes et autorités.

Des victimes et parents, en particulier, témoignant de leur calvaire après la consommation accidentelle de la soude caustique.

Mademoiselle Diantou, victime de cet accident à l’âge de 8 ans,  a porté la sonde durant cinq longues années pour son alimentation, au quotidien. Ce qui l’a éloignée non seulement des chemins de l’école mais a constitué un terreau de la  discrimination dont elle a souffert dans sa communauté.

«  Grâce à Terre des Hommes, j’ai pu bénéficier d’une intervention en Suisse et depuis cela, je vais bien » reconnait Diantou.

Le témoignage de la  mère d’une fillette qui a accidentellement consommé  à l’âge de 2 ans, un produit dérivé de la soude caustique, a été aussi émouvant. Cette jeune victime porte le martyr aujourd’hui, huit ans après l’accident. Elle est sur la liste d’attente en vue d’une intervention chirurgicale en Suisse. Le coût du traitement est estimé à près de 37 mille euros, ce, sans compter les frais de voyage du patient et du médecin qui l’accompagne.

Pour l’Ambassadeur d’Espagne en Guinée, le présent projet présent par cette organisation en l’occurrence « Terre des Hommes » est une « initiative extrêmement importante » d’où tout l’objet de son accompagnement.

 La femme, poursuit le diplomate espagnol,  a une grande responsabilité dans ce qui  pourrait arriver aux enfants, mais il faut qu’on soit tous concernés car au niveau de la famille.

La situation des enfants victime de la sténose caustique de l’œsophage, «  intéresse à plus d’un titre » le gouvernement guinéen à travers le ministère en charge des Affaires Sociales et de l’Enfance, rassure Mme Touré, la directrice nationale adjointe de l’Enfance. Mieux, conseille-t-elle, la prévention est l’élément le plus important.

Ces efforts de la partie guinéenne sont reconnus par M. Feneyrol de TDH qui rappelle ar la même occasion qu’il  y a d’autres efforts pour faire reconnaitre les problématiques que ns relève son organisation.

«  Nous militerons pour que l’engagement de l’Etat soit plus fort » dans le combat contre cette maladie. Surtout dans le cadre de ce présent projet dont l’intensification et l’extension ne peuvent se faire sans la mobilisation de fonds complémentaires pour garantir sa poursuite en  2015 jusqu’en fin 2016. 

 

 

 

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