Le Conseil de Sécurité créé une agence contre Ebola

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Pour la première fois de l’Histoire, le Conseil de Sécurité des Nations-Unies a créé une agence pour lutter contre une épidémie. La mission des Nations Unies pour la réponse d’urgence à Ebola (UNMEER) st l’agence dont la création a été proposée il y a quelques heures à New-York. Le ministre d’Etat guinéen en charge des Affaires Etrangères était de la partie.

 

« Comme, il y aura bientôt plus de cas d’Ebola au Libéria qu’en 40 ans d’histoire de cette maladie et que la gravité et l’ampleur de la situation exigent désormais un niveau d’interventions internationales sans précédent pour une crise de santé publique », le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon a proposé la création d’une mission des Nations Unies pour la réponse d’urgence à Ebola (UNMEER) dont la première équipe devrait être déployée dès la fin de ce mois.

 

« Face à l’épidémie la plus grave que le monde n’ait jamais connue », selon les avertissements du Secrétaire général, la mission aura cinq priorités à savoir: arrêter la propagation du virus, soigner les malades, assurer les services essentiels, préserver la stabilité et prévenir d’autres irruptions de la maladie.  Elle devrait réunir un large éventail d’acteurs et d’expertise des Nations Unies pour appuyer les efforts nationaux, tout en travaillant en coordination avec les organisations régionales comme l’Union africaine et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).  Les Nations Unies ont besoin d’un milliard de dollars pour les six prochains mois et le prix de l’inaction serait élevé, a souligné le Secrétaire général. 

Le ministre d’Etat guinéen des Affaires Etrangères et des Guinéens de l’Etranger, François Fall,  a averti qu’au-delà de l’aspect sanitaire et de la « psychose généralisée » qui s’est emparée des populations, la maladie à virus Ebola ralentit les activités économiques des pays touchés.  Il a précisé que les secteurs des transports, du commerce, du tourisme et de l’agriculture étaient particulièrement touchés et que l’épidémie pourrait entrainer une chute du PIB de l’ordre de 2,5%, compromettant tous les efforts de développement entrepris par la Guinée, la Sierra Leone et le Libéria.  Si des mesures idoines ne sont pas prises, a-t-il averti, une crise humanitaire pointe à l’horizon.

 

 M. Fall a aussi souligné que ces trois pays sont tous inscrits à l’agenda de la Commission de consolidation de la paix. 

Le Ministre d’État a ensuite affirmé que la fermeture des frontières, les restrictions de vols, la stigmatisation des victimes, l’isolement des pays touchés et le refoulement de leurs ressortissants constituent « une arme plus dangereuse que le fléau à combattre ».  Il a appelé le Conseil de sécurité à faire respecter les recommandations de l’OMS et de l’Association internationale des transports aériens. 

M. Fall a signalé que depuis le début de l’épidémie, 600 décès avaient été enregistrés en Guinée.  Une Déclaration d’urgence sanitaire nationale a été décrétée par le Gouvernement et, il y a quelques jours, le Comité national de gestion de l’épidémie a adopté un plan accéléré de riposte sur une période de 2 à 6 mois.  Il a aussi indiqué qu’un cordon sanitaire a été institué à tous les postes frontières, de même que la restriction du mouvement des personnes et leur soumission à des mesures de dépistage à tous les points de passage du pays, y compris à l’aéroport de Conakry.  Il a argué que ces mesures de sécurisation et de prévention justifient le maintien des fréquences des vols des compagnies aériennes Air France, SN Brussels et Royal Air Maroc.

M. Fall a indiqué qu’aujourd’hui le Gouvernement privilégie la communication de proximité afin « d’impacter sur la perception que certaines communautés ont de la maladie », évoquant notamment la « réticence » des milieux ruraux à la présence des agents de santé.  Le Ministre d’État a aussi parlé des besoins de plus en plus accrus de la Guinée en ressources humaines, financières et matérielles.

La résolution invite les États Membres, y compris de la région, à lever les restrictions aux déplacements et aux frontières imposées en raison de l’épidémie d’Ebola et qui concourent à isoler davantage les pays touchés et à saper leurs efforts visant à y faire face.

 Les Ministres des affaires étrangères du Libéria, de la Guinée et de la Sierra Leone se sont félicités de cette disposition.  Le Ministère guinéen a, par exemple, souligné que la fermeture des frontières, les restrictions de vols, la stigmatisation des victimes, l’isolement des pays touchés et le refoulement de leurs ressortissants constituent « une arme plus dangereuse que le fléau à combattre ».

 

 

 

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