La population cherche sa police de proximité

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Il y a de cela quelque  mois que par grands renforts médiatiques, la population de la ville  de Conakry a  appris la création  d’une police de proximité en Guinée où l’insécurité avait atteint un niveau inquiétant.

 

Cette mesure sécuritaire  avait  enthousiasmé tous  les citoyens. De nos jours, cette euphorie s’est transformée en désillusion. Pour cause,  la  police de proximité est quasi absente dans les quartiers. Elle ne joue aucun  rôle pour la sécurisation de la population. 

Pour en savoir plus, notre reporter  a tendu son micro à quelques citoyens de la capitale pour s’enquérir d’avantage.

 « Une fois j’avais vu des policiers de passage devant ma maison. Ils se sont présentés qu’ils sont des agents de la  Police de proximité. Après l’entretien, ils m’avaient laissé leur numéro mais depuis ce jour,  jusque là je ne vois pas l’effet social de cette police de proximité dans nos  quartiers » nous confie Victor Kamano à Touguiwondy dans la Commune de Matam.

 » Le mieux serait qu’ils animent des séminaires ou des conférences ou bien venir dans des quartiers  pour interroger et se faire connaitre par les citoyens. Ils ont quitté il y a plus de  3 mois et je ne vois aucune activité bénéfique sur le terrain. Elle doit être dynamisée pour que l’effet soit bénéfique pour la population. Pour le moment les gens ne connaissent même pas l’impact de cette police de proximité » a-t-il déclaré.

Non loin de là dans la même commune, nous avions rencontré une dame du nom de  M’mah  Diane, résidente à Boussoura, victime selon elle de cas de vols. Elle est bien consciente de l’importance que revêt la police de proximité dans un quartier, mais cherche ce corps de sécurité. 

 « Ils étaient venus dans le cadre d’une sensibilisation concernant la police de proximité, un homme et une femme tous en civil en nous posant des questions sur l’insécurité de notre société, nos biens. Je l’ai expliqué que j’avais été victime de vols dans ma propre maison pendant les nuits par des bandits qui venaient  défoncer ma porte et prendre ce qu’ils leurs semblaient utiles. En plus, les bruits des jeunes drogués accompagnés rythmés d’injures grossières à des heures tardives de la nuit. Depuis qu’ils ont quitté nous n’avions jamais senti les activités effectuées  par cette police dans notre quartier et le banditisme  bat son record. J’interpelle l’Etat à trouver une solution vis-à-vis  de l’insécurité à Boussoura »

Dans le souci de recouper les informations notre reporter s’est rendu au  commissariat central de Matam. 

M Barry Mamadou Djouldé, Chef service Police judiciaire dans le commissariat pilote de la police de proximité, n’a pas manqué de donner des raisons.

« Le projet a été lancé et les activités avaient bel et bien commencé…La commune de Matam  avait 10 patrouilles,  reparties  en fonction des zones identifiées  par le projet. 

Elles avaient commencé à travailler  et on avait commencé à enregistrer des résultats après les patrouilles. Nos agents déposaient des résultats le soir sur les rapports d’information, de renseignement en ce qui concerne des éléments infractionnels qu’ils ont constaté sur le terrain » explique ce responsable.

Pour lui,  » Le projet à évolué jusqu’à un certain niveau et il nous a été demandé de déposer nos appareils au niveau de notre centrale de communication afin de les identifier en matière numérique. Cette situation avait fait interrompre le travail parce que ce travail ne se fait pas sans la communication.»

Pendant ce temps de silence de la Police de proximité, le banditisme ne fait que suivre son petit chemin. Tenez, il y a seulement quelques jours qu’un militant de l’UFDG a été assassiné en banlieue de Conakry. Ce qui avait provoqué la colère des jeunes de l’axe Bambéto-Hamdallaye durant deux journées.

Aboubacar Soumah

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