Propagation d’Ebola : l’OMS et l’ONU indexées

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L’Organisation mondiale de la santé a tardé à prendre la mesure de l’épidémie d’Ebola en raison d’une culture bureaucratique peu adaptée à une riposte rapide. Et l’ONU n’a pour l’instant doté son fonds spécifique Ebola que de… 100 000 dollars.

La progression exponentielle de l’épidémie d’Ebola provoque presque chaque jour désormais, une polémique sur les défaillances des systèmes de santé publique. Après l’Espagne ou les Etats-Unis , ce sont l’OMS et l’ONU qui sont sur la sellette. Il apparaît en effet que l’Organisation mondiale de la santé a tardé à prendre la mesure de l’épidémie en raison de pesanteurs bureaucratiques.

Selon une enquête de l’agence Bloomberg, trois mois se sont écoulés entre la première notification d’un cas d’Ebola en Guinée, en mars dernier, et la première réunion de haut niveau à l’OMS sur ce sujet. L’ONG Médecins sans frontières avait pourtant jugé dès avril cette épidémie comme « sans précédent » du fait qu’elle avait atteint Conakry, la capitale de la Guinée, mais s’était vu accuser de paniquer par ses correspondants à l’OMS. Cette dernière n’a pris conscience du danger que lors d’une présentation à Genève le 24 juin, quand il est apparu que le nombre total de cas triplait toutes les six semaines, rythme qui n’a d’ailleurs pas faibli depuis.

Manque de « leadership » de la part de l’OMS

L’enquête de Bloomberg pointe un manque de « leadership » de la part de l’OMS dans les pays touchés en premier, la difficulté pour raisons politiques de remplacer des dirigeants incompétents (Margaret Chan, la directrice générale de l’organisation, a limogé en juin trois directeurs en charge des pays d’Afrique occidentale mais l’un d’entre eux est toujours en poste). Des médecins de l’OMS ont tardé à se déployer sur le terrain parce que les pays concernés ne leur ont pas accordé rapidement les visas nécessaires.

L’OMS manquait aussi de ressources financières, les pays donateurs ayant réduit leurs contributions ces dernières années en raison de leurs propres difficultés budgétaires ou de leur défiance face à la bureaucratisation de l’OMS.

Selon un article du journal médical The Lancet, le budget opérationnel de l’OMS ne dépasse plus le tiers de celui du CDC (Centre de contrôle des maladies infectieuses) américain. Près de mille employés ont quitté l’OMS ces derniers mois, dont la moitié en Afrique, de peur de ne plus être payés. Quand Ebola a frappé, le personnel restant devait déjà affronter à la fois une épidémie virale au Moyen Orient, deux poussées de grippe aviaire, la polio au Pakistan et les conséquences épidémiques du conflit syrien.

Aides bilatérales

Quant à l’ONU, il s’avère que son fonds spécifique destiné à lutter contre Ebola ne dispose que de… 100 000 dollars dans ses caisses. L’équivalent de ce que l’humanité dépense sur le plan social en une seconde !

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki Moon, a bien annoncé que le fonds serait doté de 20 millions, mais pour l’instant il ne s’agit que de promesses et non de dons effectifs . Seule la Colombie a versé sa contribution, de 100 000 dollars donc. Même quand les promesses seront honorées on sera encore loin du milliard de dollars jugé nécessaire par l’ONU.

Des pays occidentaux ont toutefois débloqué des sommes importantes à titre bilatéral , évaluées à 375 millions de dollars au total, et déployé des unités médicales, militarisées ou pas, dans les trois pays touchés, Sierra Leone, Liberia, Guinée.

Les Echos

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