Hémicyle : ce que Sydia Touré pense de la loi des finances initiale 2015

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Le leader de l’UFR, Sydia Touré, a réagit à la suite de la présentation des lois de finances initiale 2015 par le ministre d’Etat à l’Economie et Finances, Mohamed Diarré, face aux élus du peuple. Nous vous proposons l’intégralité de la réaction de l’ancien premier ministre de Conté.« On doit se prononcer dans ces conditions sur les perspectives, la manière dont le budget a été élaboré et notamment l’environnement au jour d’aujourd’hui. Donc, sur un cadrage macro économique, parce que les documents budgétaires en ce qui concerne les chiffres, il n’est pas possible de me prononcer là-dessus à ce jour. Là, j’avais quelques commentaires à faire, j’ai entendu le Ministre d’Etat de l’Economie et des Finances dire qu’en Afrique au sud du Sahara, que la croissance a été de l’ordre de cinq et demi pourcent (5,5%) et que ceci a été due à une croissance abondante de la production agricole en grande partie.

Nous, nous sommes dans une situation où nous avons connu un taux de croissance de 2,5%, l’année dernière et qui n’est pas dû à Ebola ou quoi que ce soit. Il est dû au fait que nous nous sommes trop enfoncés, nous nous sommes trop concentrés sur le cadrage macroéconomique. Je voudrais lever ici définitivement un débat que j’attends parler de façon terre à terre. Le cadrage macroéconomique, c’est comme si quelqu’un vient faire le soubassement de votre maison et pendant un an, deux ans, trois ans après , il vient vous dire non votre maison là n’est pas bonne, mais rassurer vous que le soubassement est très bien.

Le Ministre lui même l’a dit, que la croissance c’est retrouver dans ces pays là dans l’agriculture, dans l’énergie. Je n’ai pas entendu un seul mot prononcé sur ces secteurs en Guinée. Qu’est ce que nous avons fait de notre agriculture durant ce temps là ? Comment se fait- il qu’au jour d’aujourd’hui personne ne peut me dire que notre production cotonnière était à tant en 2010, aujourd’hui elle de tant. Notre production de café a augmenté de tant, notre production de palmier à huile a augmenté de tant, nous avons fait un projet d’anacardes qui est de tant. On aurait pu, ne serait ce que sur ces secteurs, sortir plus 500.000 de nos compatriotes de la pauvreté. Qu’est ce que nous avons fait dans ce cas ?

Au niveau de l’énergie on n’arrête pas de nous parler du barrage de Kaleta, c’est très bien. Mais pendant 4 ans, on n’a pas crée l’énergie. On vient de nous dire que la pauvreté, disons que le fait que notre croissance se situe à 2 %, que c’est parce que nous n’avons pas eu l’énergie. Pourquoi n’avons-nous pas installé des centrales thermiques pour au moins pallier ces insuffisances en attendant le barrage de Kaleta ? Je sais qu’il y a une centrale de 120 MWH qui a été payée ici à près de 200 millions de dollars et qui ne fonctionne pas et je ne sais pas pourquoi. Cet argent aurait du être utilisé dans l’agriculture.

Bon j’en viens rapidement aux services sociaux, qu’a-t-on faits du PPTE ? Nous avons négocié le PPTE, cela nous a donné une soutenabilité de notre dette mais cela nous doit également des possibilités pour aborder les secteurs de la santé, et l’éducation, ainsi de suite. Je n’ai rien entendu et c’est très inquiétant.

En ce qui concerne le budget tout cours, toujours dans le cas du cadrage, j’ai l’impression qu’il y a eu une augmentation substantielle des impôts, nous y reviendrons. Mais j’ai bien peur que cette augmentation d’impôt ne tue l’impôt. Il n’y aura pas d’activités et nous n’aurons pas des recettes. A mon sens le budget devrait être présenté avec une réduction majeure du train de vie de l’Etat. Je n’ai pas vu cela. Ce sont ces choses là qui me préoccupent et qui font que je dis que nous nous contentons de poser énormément des questions d’ordre général. Pour arriver à une croissance économique, c’est-à-dire l’augmentation de richesse, sortir le pays de la pauvreté, Mr le Ministre sait que les taux qui sont retenus sont de l’ordre de 8% pour un pays comme la Guinée pendant 10 ans. On ne peut pas avec 2%, 3%, 4% régler ces questions là, j’aurai voulu voir cette ambition à travers le budget, je ne le vois pas, bien sûr que je tiens compte du problème d’Ebola.

Ebola est un problème réel, je ne peux pas ne pas dire deux mots. Je me rends compte qu’il y a une absence totale de cohésion entre les synergies de cette coordination et des différentes directions de la santé. Cette coordination n’a pas d’encrage institutionnelle, cela va entrainer un véritable dysfonctionnement, je vais bien dire de quoi il s’agit.

Vous avez aujourd’hui des représentations de la coordination dans les préfectures qui ne sont pas liées aux directions préfectorales de la santé. Nous n’allons pas avoir deux structures dans une préfecture qui s’occupent des questions de santé en Guinée. Donc, je souhaiterai qu’il ait une synergie, une même formulation entre cette fameuse coordination nationale et le département de la santé dans le budget. De l’autre côté vous avez les fonds de location de cette institution qui sont logés à la présidence, j’estime que ce n’est pas sa place.

Voilà donc les quelques mots que je souhaitais dire mais tout en ne parlant pas des lois budgétaires d’ensemble mais en disant que le budget qui nous est présenté ne permet pas à la Guinée de connaitre les progrès que nous souhaitons dans notre pays. »

Merci beaucoup.

Sydia Touré

Président de l’UFR

Source : UFR COM

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