ça sent la fin d’un règne à Ouaga : parlement saccagé, la télé publique n’émet plus

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Les manifestations monstres duraient depuis plusieurs jours à Ouagadougou. Elles ont dégénéré, jeudi 30 octobre, lorsque la foule a prise d’assaut l’Assemblée nationale où était examiné le projet de loi qui a jeté le feu aux poudres. Selon un premier bilan au moins une personne est morte.

La police, qui avait établi un cordon de sécurité autour du bâtiment, a tiré en l’air pour tenter de disperser les manifestants, avant de plier sous la pression et a de se retirer.

« Ils ont pris d’assaut le bâtiment, ils sont à l’intérieur et ils cassent tout. La police s’est enfuie », selon un témoin cité par l’agence Reuters.

Le site d’information Burkina 24 fait part de l’évolution de la situation en direct sur son compte Twitter, et publie plusieurs photos montrant la violence de l’assaut.

Les manifestants ont également mis à sac le siège de la télévision publique, qui a cessé d’émettre. Comme devant le Parlement, les forces de l’ordre ont tenté de les repousser, mais elles ont dû se replier.

LE VOTE DU PROJET DE LOI SUSPENDU

Selon plusieurs journalistes sur place, la foule se dirigeait ensuite vers la « primature », les bureaux du premier ministre. Un hélicoptère des forces gouvernementales a survolé les manifestants, les aspergeant de gaz lacrymogène.

Les députés devaient voter un projet de révision constitutionnelle permettant le maintien au pouvoir du président Blaise Compaoré, au pouvoir depuis son putsch, en 1987, contre Thomas Sankara. L’opposition avait appelé à « marcher sur le Parlement » pour empêcher ce vote, dont l’examen a finalement été suspendu.

Ce jeudi est une journée à haut risque au Burkina Faso. Le députés doivent en effet examiner un projet de réforme constitutionnelle qui permettrait à l’actuel président Blaise Compaoré de se maintenir au pouvoir. Or, cette perspective suscite la colère d’une partie de la population. Par milliers, ces derniers jours, ils sont descendus dans les rues de la capitale. Mardi, notamment, une foule immense était rassemblée à Ouagadougou. Des heurts ont éclaté entre jeunes en colère et forces de l’ordre. Certains craignent que de nouveaux affrontements se produisent ce jeudi. De nombreux ténors de l’opposition ont appelé la population à se mobiliser. Ainsi Augustin Blaise Hien, secrétaire général de la Confédération nationale des travailleurs du Burkina (CNTB). ‘Le pouvoir du capitaine Blaise Compaoré se révélant comme une dictature militaire constitutionnalisée, il nous faudra continuer à nous battre, camarades !’, a-t-il lancé à ses partisans. Les manifestants ont prévu de ‘marcher sur l’Assemblée’ pour empêcher le vote. Le bâtiment a été placé sous haute protection policière. Blaise Compaoré est âgé de 65 ans. Il est à la tête du pays depuis 1987. Le projet de loi étudié par les députés, vise à modifier la Constitution, pour porter de deux à trois le nombre maximum de quinquennats présidentiels. Si le texte est adopté, Compaoré pourrait briguer en 2015, un nouveau mandat.

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Le pouvoir avait annoncé le 21 octobre un projet de loi modifiant l’article 37 de la Constitution, qui interdit à Blaise Compaoré de se présenter une cinquième fois. Il avait auparavant laissé croire qu’une telle mesure ferait l’objet d’un référendum. Depuis, la mobilisation populaire ne faiblit pas. Le gouvernement a jusque-là autorisé les manifestations et s’est abstenu de les réprimer.

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