Bruxelles : Mohamed Diaré, président du Conseil des Ministre ACP lance les travaux de la 100ème session

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ACP BruxellesL’ouverture officielle, ce mercredi 10 décembre 2014, de la 100ème session du Conseil des ministres ACP, qui se tient à la Maison des ACP, sis au N°451 avenue George Henri à Bruxelles, a été caractérisée par l’observation d’une minute de silence en la mémoire des victimes de l’épidémie de la fièvre à virus Ebola en Afrique de l’Ouest, du président de Zambie et de la reine Fabiola de la Belgique (tous arrachés à notre affection). Sous la présidence de M. Mohamed Diaré, ministre d’Etat guinéen en charge de l’Economie et des Finances et président du conseil des ministres ACP, cette cérémonie a été marquée par trois discours, en présence de Li Young, directeur général de l’ONUDI, de M. Muhammad Mumini, secrétaire général du Groupe ACP.

Dans les propos de bienvenue du secrétaire général du groupe ACP Muhammad Mumini, ce denier a mis un accent sur le partenariat, la coopération entre EU et les pays ACP, les défis de développement, de démocratie, d’Etat de droit qui interpellent le monde, un monde caractérisé par des crises économiques et humanitaires. Optimiste, il s’est réjoui de voir l’espoir dans certains pays africains la tenue des élections notamment au Mali, en Centrafrique, et de l’amélioration de la transition au Burkina Fasso, mais aussi l’espoir de croissance dans d’autres pays. Dans un monde dominé par la force que la Justice, Muhammad Mumini a appelé à la solidarité et à la fraternité, pour mieux servir les Etats membres des ACP. Il a aussi appelé à la coopération internationale pour résoudre toutes ces crises sans oublier la place des ACP pour y parvenir. Il a aussi noté les efforts fournis par son équipe, avant d’évoquer des difficultés financières et souhaiter une bonne situation financière pour l’équipe entrante.

Li Young, directeur général de l’ONUDI a quant à lui fait un exposé sur la nécessité urgente d’industrialisation pour un développement durable pour les pays ACP, un socle pour la création d’emplois dans les zones rurales et pour générer des revenus. Il a, à cet effet, rappelé les politiques déjà entreprises par son institution dans les pays ACP, et il a promis de poursuivre les efforts dans ce sens.

A son tour Mohamed Diaré, Président de Conseil des ministres ACP a fait un discours historique qui a provoqué des applaudissements tout au long en raison de sa clarté et de sa maîtrise du sujet. Il a d’abord transmis les salutations fraternelles du Professeur Alpha Condé, président de la république de Guinée, ainsi que celles du Gouvernement et du peuple de Guinée.

La présente session est la 100ème du conseil des ministres ACP, ce chiffre, selon lui revêt une importance aussi bien dans la vie des personnes que dans celle des nations ou des organisations internationales :

Au fil des décennies, nous avons appris à mieux nous connaître. Nous avons mis en place des procédures et des normes qui ont résisté à l’épreuve du temps. Le groupe ACP a gagné en maturité. Il ne peut plus se définir comme une organisation à la recherche d’une mission. Au contraire, il est devenu un acteur de plus en plus important de la scène mondiale, qui est en quête de nouveaux territoires et d’un mandat toujours renforcé, plus clairement défini et plus ciblé. Notre identité et nos actions ne font plus aucun doute ; nous sommes une organisation intergouvernementale unie par une expérience commune et un sens commun de la destinée et du but collectif sur la scène mondiale. A l’évidence, certains de nos pays sont grands, d’autres sont moyens et beaucoup d’autres encore sont relativement petits. Un bon nombre de nos pays sont enclavés, tandis que d’autres figurent parmi les petits Etats insulaires. Mais en dépit de ces différences, nous demeurons unis par un lien commun et une fraternité partagée. Comme dit un ancien proverbe africain, ‘’une famille c’est comme une forêt ; vue de l’extérieur, elle est dense, mais à l’intérieur on s’aperçoit que chaque arbre a sa place’’.

Selon le droit international, toutes les nations sont égales, et égales devant Dieu, le créateur Tout-puissant du ciel et de la terre. Tous autant que nous sommes, petits ou grands, nous avons en partage l’expérience commune de la marginalité et de la vulnérabilité au niveau mondiale. Nous sommes unis par notre attachement à la solidarité, à la fraternité des nations, à un monde régi par le droit et par les normes internationales de justice et d’équité. Je demeure convaincu que l’unité et la solidarité sont les seuls moyens par lesquels des pays le développement comme les nôtres peuvent promouvoir les intérêts communs et les valeurs qui leur sont chères. Dans un monde plus que jamais intégré du fait de la mondialisation et de la libéralisation des échanges, des capitaux et des marchés, une tendance au recul de l’internationalisme et des actions collectives au niveau mondial semble se dessiner. La légitimité des principales institutions internationales de la gouvernance mondiale est de plus en plus remise en cause. Et pourtant, l’histoire nous enseigne que tous dangers liés à l’ordre mondial ont été aggravés par l’absence d’un leadership international et d’un engagement en faveur d’une action collective à l’échelle mondiale.

C’est la raison pour laquelle la réussite du groupe revêt tant d’importance pour l’avenir de notre humanité commune. Le groupe ACP compte 79 pays, qui totalise une population d’environ un milliard de personnes. Nous représentons une partie importante de la famille des nations et, du point de vue des pays pauvres et vulnérables, nous constituons la majorité morale. Non seulement nous comptons, mais nous devons également continuer à faire entendre notre voix dans le grand concert des nations. »

Pour le ministre guinéen en charge de l’Economie et des Finances, cette réunion se tient à un moment particulièrement difficile. Le fléau Ebola fait des ravages dans certains de nos pays en Afrique de l’Ouest, les plus durement touchés étant la Guinée, La Sierra Leone et le Liberia. En fait, tous les pays de Mano River Union, a-t-il tenu à préciser, ont ressenti d’une manière ou d’une autre l’impact de cette épidémie redoutable.

Mohamed Diaré a, à cet effet, fait l’historique de la maladie depuis 1976 en République démocratique de Congo jusqu’à son apparition en Afrique occidentale, et rappelé ses conséquences socioéconomiques. Le président du conseil des ministres ACP a évoqué des mesures décisives du gouvernement guinéen et l’appui de la communauté internationale qui continuent de réduire les cas hebdomadaires rapportés en fin novembre même si de nouveaux cas malheureusement ont été signalés dans les régions frontalières telles que Faranah, proche de la Sierra Leone. « Nous avons accompli des progrès considérables vers la réalisation de nos objectifs concernant la lutte contre l’épidémie. Ainsi, plus de 70% des cas déclarés font l’objet de mesures d’isolement, tandis que 80% des équipes chargées des inhumations sont actives sur le terrain »

« Nos économies sont confrontées à la fuite des capitaux…La Banque Mondiale a modélisé l’impact macroéconomique dans les pays affectés selon des scénarios bas et haut. Dans l’hypothèse basse, l’épidémie devrait entraîner pour l’Afrique une perte de PIB estimée à 2,2 milliards de dollars en 2014 et à 1,6 milliard en 2015. Dans l’hypothèse haute, ces chiffres s’élèvent à 7,4 milliards de dollars pour 2014 et à la somme astronomique de 25,2 milliards de dollars pour 2015. » a-t-il tenu à expliquer tout en mettant un accent sur les efforts et l’appui apportés par de nombreux pays frères ACP, de la France, de l’Union européenne, aux pays touchés par Ebola. Il a aussi, pour contenir cette maladie, appelé à une action collective d’envergure pour sécuriser la vie des millions de personnes en Afrique de l’Ouest en aidant les pays frappés à élaborer des mécanismes de lutte efficaces. « L’appui visant à rendre nos systèmes de santé plus résistants à l’avenir revêt une importance capitale. Il est tout aussi indispensable de réhabiliter nos infrastructures sociales et économiques et de renforcer les budgets nationaux afin de mettre en place une protection sociale efficace et des systèmes de santé viables à long terme. Selon un adage Zulu, peuple originaire d’Afrique du sud, ‘’un mal mystérieux ne se traite jamais avec des médicaments sucrés’’. Nous, en Guinée, à l’instar d’ailleurs des autres pays touchés, sommes bien conscients des choix difficiles que nous devons opérer. Nous devons faire preuve d’une rigueur accrue dans nos systèmes de dépenses, de façon à ce que les ressources soient mobilisées en faveur des domaines qui en ont le plus besoin et de secteurs qui produisent le plus grand impact en termes d’amélioration des moyens d’existence. Nous sommes tous appelés à faire des sacrifices, et il appartient aux dirigeants que nous sommes de montrer l’exemple… »

Dans ce discours d’ouverture du conseil des ministre ACP, Monhamed Diaré a évoqué les questions liées au commerce et aux produits de base, l’examen du budget du secrétariat ACP pour l’exercice 2015, la désignation du nouveau Secrétaire Général le rapport d’étape du groupe d’éminentes personnalités (GEP) qui a été mise sur pied pour aider à bâtir un nouvel avenir ambitieux.

« Il est inutile de rappeler que le groupe ACP a besoin d’un leadership pour conduire ses activités et préparer son avenir après 2020. Une nouvelle équipe de la commission européenne a été mise en place sous la présidence de M Jean-Claude Junker. Comme il ressort clairement des résultats des élections législatives européennes tenues cet été, nous devrons composer avec une nouvelle Europe résolument située au centre droit. Nous ne pouvons pas, dès lors, continuer à agir comme su rien était. La lassitude à l’égard de l’aide est un fait dans l’ordre économique international qui se dessine. Il est donc important que le groupe ACP se repositionne comme une organisation internationale crédible et capable d’optimiser sa capacité à mobiliser des ressources auprès de divers partenaires c’est pourquoi le choix de la personne qui deviendra le prochain Secrétaire général est une question cruciale. »

Comme dit un proverbe ashanti au Ghana ‘’Une armée de moutons menée par un lion est capable de mettre en déroute une armée de lions menée par un mouton’’. « Nous avons, a-t-il, ajouté grandement besoin d’un lion ou d’une lionne pour diriger, avec ambition, courage et sagacité, notre Organisation dans les années à venir. », a dit M. Diaré

Le président du Conseil des ministre ACP a exprimé ses préoccupations par rapport au budget et à la situation financière du secrétariat. Parlant du non paiement des contributions et des arriérées, le ministre guinée de l’économie et des Finances a révélé que les arriérées dues s’élèvent à 1,4 millions d’euros. Une situation intenable selon lui. « Nous ne pouvons pas, dit-il, exiger autant d’efforts de notre Secrétariat tout en le privant des moyens nécessaires à la réalisation de sa mission. »

C’est pourquoi Mohamed Diaré, a salué les présidents Teodoro Obiang N’Guema de Guinée équatoriale et José Eduardo dos Santos d’Angola, qui ont fait don à l’Organisation, des fonds qui ont servi à appuyer les fonctionnement du Secrétariat et les travaux du groupe d’éminentes personnalités ACP.

Avant de lancer l’ouverture officielle des travaux, le Président du conseil des ministres a salué la présence M Li Young, directeur général de l’ONUDI, un partenaire privilégié des ACP, remercié le président du comité des ambassadeurs le Docteur Ousmane SYLLA, et ses collègues pour le travail préparatoire afin que la présente session se déroule dans de bonnes conditions et soit couronnée de succès. Il a aussi remercié Alhaji Mohammed Mumini, secrétaire général ainsi qu’au secrétariat pour l’accueil chaleureux et des dispositions prises en vue d’assurer le succès aux réunions.

Après l’ouverture des travaux de cette 100ème session se poursuivent jusqu’à la fin de cette semaine.

Nous y reviendrons.

A Bruxelles un compte rendu de Mamadou SACKO & NMC

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