Edito: revendications, non camarades syndicalistes!

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Amadou-DialloNos chers syndicalistes comptent aller en grève générale illimitée à partir du lundi 5 janvier si rien n’est fait pour satisfaire leurs revendications. A savoir pour l’essentiel, l’augmentation de salaire de 300%, et la réduction du prix des produits pétroliers à la pompe au nom de la flexibilité du prix du baril sur le marché mondial.

Il est à rappeler que la revendication, la grève, est un droit reconnu par la constitution guinéenne. Pour peu qu’elle obéisse à la procédure et règlement en vigueur. A ce titre, les revendications faites par les camarades syndicalistes sont, sans conteste, légales, mêmes légitimes.

Demander au gouvernement, au patronat, des meilleures conditions de vie et de travail, est du ressort régalien du syndicat.  Mais réclamer à une économie sous perfusion provoquée par l’épidémie Ebola, une augmentation de salaire de 300%, relève tout simplement de la chimère.

Non camarades syndicalistes! pour une fois, ce n’est ni le moment ni la manière de poser les problèmes des travailleurs que vous prétendez défendre. Au moment où partenaires bi et multilatéraux, pays amis, institutions spécialisées de santé, de communication et de finances accourent au chevet du peuple de Guinée pour le sortir des griffes du virus Ebola, au moment où  les activités économiques sont au point mort, vous devriez, camarades syndicalistes souffrir pour faire l’effort du sursaut national. Tout au moins revoir à la baisse, vos prétentions salariales.

En revanche, demander de revoir à la baisse, le prix des produits pétroliers à la pompe du fait de la baisse considérable du baril à l’échelle internationale, peut bien se concevoir et à juste raison.

Aux dernières nouvelles issues des tractations en cours, le gouvernement serait prêt à concéder seulement 25 à 30% d’augmentation de salaire. Car le gouvernement guinéen ne peut satisfaire cette revendication d’augmentation de salaire de 300%, même à court et moyen termes. Autrement, les autres couches vulnérables comme les diplômés sans emplois pourraient eux aussi tenter de demander des primes de chômage. Et ainsi de suite…

En attendant, ces revendications aussi surréalistes  qu’illusoires relancent le débat sur la question de renouvellement des instances syndicales – téléguidées par des sexagénaires et d’octogénaires- afin d’y insuffler plus de sang neuf, à même de cerner les enjeux du moment et défendre avec la manière, les braves masses populaires.

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