Valls dénonce un «apartheid territorial, social et ethnique» en France

0
302

Le chef du gouvernement -français, ndlr- présentait ses vœux à la presse, affichant également une volonté de garder le cap des réformes.

Il a fait du «parler vrai» sa marque de fabrique. Manuel Valls, en adressant mardi ses vœux à la presse, en a apporté une nouvelle preuve. Après les attentats des 7, 8 et 9 janvier, le Premier ministre a dressé le portrait d’une partie de la France où sévit, selon lui, «l’apartheid territorial, social et ethnique». Dans son discours distribué à la presse quelques minutes plus tôt, ce mot chargé d’histoire est venu coiffer celui de «relégation périurbaine et de ghettos». Auxquels «s’additionnent les discriminations quotidiennes, parce qu’on n’a pas le bon nom de famille, la bonne couleur de peau ou bien parce que l’on est une femme».

L’ex-maire d’Evry, revendiquant son ancrage électoral dans des quartiers populaires, a insisté sur sa «constance» dans l’analyse du pays et sa «cohérence» dans ses propositions «depuis 2005» et les émeutes dans les banlieues. «Ce diagnostic sur l’état de la France, je l’ai fait de nombreuses fois devant vous, il s’impose plus que jamais.»
S

Valls, homme de la situation ?

Si le Premier ministre a consacré une partie de son allocution aux «réponses» à apporter au terrorisme sur «la sécurité» et «les valeurs», il a beaucoup insisté sur l’éducation et la «citoyenneté», et non «l’intégration», classée désormais dans «les mots [qui] ne veulent plus rien dire». «L’élève ne doit pas simplement apporter à l’école simplement ce qu’il est, ses différences […] il doit apporter en lui, chez lui, la République et les principes qui la fondent». Soit : «Liberté», «égalité», «fraternité», «laïcité», «égalité entre les femmes et les hommes» et «respect de l’autorité». Du Valls pur sucre. Et comme il l’avait fait devant la fondation Jean-Jaurès en novembre, le chef du gouvernement a de nouveau défendu la «lutte contre les inégalités», «à la racine» et «mieux distribuer les chances dès le départ». Soit la définition du concept porté par les sociaux-démocrates européens de «prédistribution».

Comme François Hollande lundi, Valls a aussi appelé la majorité à poursuivre «le mouvement sans précédent de réforme» et insisté sur l’agenda du gouvernement, entièrement tourné vers «la croissance» et «l’emploi». A une semaine de l’examen à l’Assemblée nationale de la loi Macron, le chef du gouvernement n’a rien lâché sur un texte qui fait débat au sein de sa majorité. Le Premier ministre a salué un projet de loi «pragmatique et efficace» offrant un «coup de jeune» à la France : «je parle du texte et du ministre» de l’Economie.

Pendant 45 minutes, Valls a fait l’éloge du «temps long», ironisant sur les «incessantes» interrogations des journalistes – avant les attentats – sur sa durée de vie à Matignon. «Je vous ai présenté […] l’agenda des réformes fixant les grandes priorités de l’action gouvernementale jusqu’en… 2017, a lancé Valls. Je sais que vous êtes préoccupés par mon avenir, plus qu’il ne m’occupe moi-même. Je vous répondrai que c’est l’avenir de la France qui sous l’autorité du Président m’occupe chaque jour.» Le Premier ministre se voit arrimé à Matignon et au chef de l’Etat encore trois ans. On l’aurait pas vu comme ça, il y a deux semaines.

AFP

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici