Malabo : les Guinéens consolent les frères Maliens après le tirage

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Deux officiels guinéens ont conduit la délégation
Deux officiels guinéens ont conduit la délégation

A Malabo, s’il y a un geste qui restera autant dans les annales que la qualification du Syli national au tirage au sort, c’est bien le déplacement que la délégation guinéenne a effectué à l’hôtel des Maliens pour les saluer et leur exprimer la solidarité de la Guinée.

Le Mali et la Guinée, « deux poumons d’un même cœur », a-t-on l’habitude de dire pour traduire leur proximité historique, géographique et culturelle. Lorsqu’un des pays a une joie ou une déception, l’autre y compati, comme toujours depuis des générations, conformément à la tradition si caractéristique du Mandingue et de toute l’Afrique de l’Ouest.

Jeudi, 29 janvier 2015. Il est 18 h à Malabo. La fête bat son plein au Sofitel Sipopo depuis plus d’une heure. La qualification de la Guinée pour les quarts de finale de la CAN est célébrée avec force. Soudain, les responsables guinéens ont une pensée pour nos amis maliens victimes de la cruelle épreuve du hasard. Séance tenante, ils décident d’aller les consoler et partager leur peine. En Afrique, le Mali a été le pays le plus solidaire de la Guinée depuis le début de l’épidémie Ebola.

En convoi de véhicules 4 x4, la délégation traverse à vive allure la capitale équato-guinéenne pour se rendre au El Hotel de la Federación, situé dans l’enceinte du Stade de Malabo. La ministre des Sports Domani Doré est accompagnée de du président de la Fédération guinéenne de football Salifou Sylla Super V, du président du Horoya Athletic Club, Antonio Souaré et de l’ambassadeur de Guinée à Malabo Seikhou Amadou Tiany Doumbouya.

Les Maliens, désemparés, sont assis devant l’hôtel, en désordre. Les visages graves. Il règne une atmosphère de deuil. Le silence est absolu. La cruauté du tirage au sort est difficile à digérer. Affalé sur un fauteuil, le président des supporteurs maliens est dépité. En larmes, il est inconsolable. A l’intérieur de l’hôtel, les joueurs assis sous le hall, observent un calme olympien. Les Aigles du Mali semblent se réfugier dans le silence et le chagrin. Le ciel leur est tombé sur la tête. Malgré tout, la délégation malienne reste digne et courageuse.

La nuit commence à tomber sur Malabo quand la délégation guinéenne arrive sur les lieux. La surprise des Maliens est totale. L’accueil est courtois et très chaleureux, en dépit de la déception lisible sur les visages. Le président de la Fédération malienne de football n’a pas encore finit d’essuyer ses larmes. Il s’en veut d’avoir tiré la boule perdante pour le Mali.

« On aurait souhaité que les choses se passent autrement. Nous sommes venus partager votre déception, car nous sommes très touchés par votre élimination. Le président et le peuple de Guinée se tiennent à vos côtés ; nous sommes fiers de l’équipe malienne », déclare aussitôt la ministre des Sports Domani Doré.

Elle ajoute : « Nous sommes là en tant que frères et sœurs du Mali; les supporters des deux pays se confondaient, et l’ambiance était très amicale. Nous trouverons un moyen de vous honorer durant la suite du tournoi ».

Dans le même élan de consoler et rassurer les Maliens, l’ambassadeur de Guinée à Malabo tempère l’effet du tirage au sort.

«Entre nos deux pays, personne n’a gagné car c’est le même corps ; Dieu l’a décidé ainsi. Nous perdons ou gagnons ensemble », dit-il.

Les officiels maliens n’ont pas assez de mots pour apprécier le geste magnanime de la Guinée, une manifestation de solidarité des plus sincères. Dramane Koulibaly, le directeur national des sports et représentant du ministre des Sports du Mali, se réjouit de la démarche très originale et souhaite que le renforcement des liens entre Conakry et Bamako aille encore plus loin.

« On vous soutient », lance-t-il à la partie guinéenne, rappelant que durant le premier tour, les joueurs et les supporters des deux pays ont sympathisé.

Des bénédictions et des prières dites par l’ambassadeur Seikhou Amadou Tiany Doumbouya mettront fin à la visite empreinte d’émotion.

Sékouna Keita, à Malabo

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