mardi, avril 23, 2024

Côte d’Ivoire : 1.000 interpellations après une vague d’enlèvements d’enfants

En 3 mois, la police ivoirienne a traité 25 dossiers d’enlèvements d’enfants, la plupart suivis de meurtres et parfois de mutilations. Pour tenter d’enrayer ce phénomène, près de 1.000 personnes ont été interpellées en moins d’une semaine, a annoncé lundi le ministre de la Défense.

Entre mercredi 28 janvier et lundi 2 février, près de 1.000 personnes ont été arrêtées en Côte d’Ivoire. Les personnes interpellées sont « essentiellement des individus fréquentant les cybercafés et rôdant autour des écoles », a affirmé le ministre ivoirien de la Défense, Paul Koffi Koffi, lors d’une conférence de presse.

Psychose et appels au meurtre des « tueurs d’enfants »

La vague d’enlèvements et d’assassinats d’enfants qui frappe le pays depuis quelques mois a créé une psychose en Côte d’Ivoire, et les alertes enlèvement très détaillées se multiplient par SMS ou sur les réseaux sociaux, où des appels au meurtre des « tueurs d’enfants » sont aussi diffusés.

Paul Koffi Koffi a déploré les « fausses rumeurs » qui ont conduit à plusieurs cas de lynchage et a appelé les populations à « garder leur sérénité ». La population ivoirienne désigne, sans preuve, les « brouteurs », des délinquants spécialisés dans les escroqueries sur internet, comme les auteurs de ces crimes.

La ministre de l’Education Kandia Camara, avait repris à son compte les accusations populaires en déclarant vendredi : « Ces criminels sont en majorité des brouteurs. Ces criminels ignobles, nous allons tous les arrêter et les mettre en prison ».

Deux pistes évoquées

Pour l’heure, les autorités n’ont pas établi de lien entre ces différents enlèvements mais le ministre de la Défense a évoqué la piste de « cybercriminels » et d’une « filière de crimes rituels ».

Depuis mercredi, « près de 550 cybercafés non autorisés ont été fermés par la gendarmerie nationale sur l’ensemble du territoire », a ajouté M. Koffi Koffi. Les autres cybercafés doivent fermer leurs portes à 21 heures. L’Etat ivoirien a déployé 1.500 agents des forces de sécurité autour des zones à risque, comme les écoles ou les forêts.

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