Election : « les commissaires de la CENI seront comptables de ce qui adviendra dans ce pays » (SYLLA)

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CENI KINDIALa Commission électorale guinéenne a publié le chronogramme électoral privilégiant dès le 11 Octobre le 1er tour de la présidentielle et au premier semestre de l’année 2016, les communales. L’opposition réplique et entend réagir « immédiatement ».

«Le président de la CENI a annoncé la date des élections à venir. Nous nous posons la question de savoir quelle est l’utilité de notre présence dans cette salle. Nous avons le sentiment que le fait accompli est là. Les décisions sont déjà prises. Le chronogramme dont l’aboutissement est la fixation des dates élections est déjà adopté.

Nous étions venus en démocrates, en hommes de dialogue pour discuter de certaines questions pour donner nos positions, qu’on échange afin que les décisions sorties de cet atelier de Kindia soient des décisions suffisamment motivées et acceptées par tous. Ce qui n’a pas été le cas.

Dans le discours du président de la CENI, il s’est contenté de nous assener des dates et des périodes sans aucune explication et aucune justification.

On n’a aucun problème en ce qui concerne la date des élections présidentielles qui est prévue le 11 octobre. Cette période est dans le délai constitutionnel, qui est entre le 20 septembre et le 20 octobre. Le 11 octobre étant contenu dans ce délai, nous n’avons aucun problème à ce niveau.

En ce qui concerne les élections communales par contre, nous sommes fondamentalement opposés à ce report jusqu’au premier trimestre 2016. Parce que, c’est totalement anticonstitutionnel. Les mandats qui figurent dans notre constitution doivent être respectés. La démocratie à la base doit être respectée. On ne peut pas vivre pendant cinq années, sans qu’aucune politique de décentralisation n’existe. Que la démocratie à la base soit confisquée par l’Exécutif qui nomme les élus locaux. Nous ne pouvons pas accepter qu’une période supplémentaire d’une année soit ajoutée au mandat déjà illégale et illégitime des délégations spéciales et consorts.

Nous allons retourner à Conakry et manifester par les moyens politiques appropriés notre opposition à cette décision de la CENI, qui, malheureusement n’a pas été concertée.

Nous sommes d’autant plus choqués que dans tous les accords qui ont été signés en présence de la CENI, il n’a jamais été question de faire la révision du fichier électoral avant l’organisation des élections communales.

Mieux que ça, la CENI a dépensé près de 20 milliards de francs guinéens avant la présidentielle, d’où le recrutement du cabinet ICD qui a coûté près de 2 millions de dollars. Cet argent a été purement et simplement jeté par la fenêtre. Parce qu’elle a décidé maintenant d’organiser les élections communales en 2016. Nous sommes aujourd’hui dans une situation de fait accompli que l’opposition guinéenne avait déjà prévue et envisagé des mesures.

La CENI est au cœur de la problématique de la paix et de la cohésion de notre pays. Que les commissaires de la CENI sachent qu’ils seront tenus comptables de tout ce qui adviendra dans ce pays, si les élections qu’elle va organiser sont contestées et qu’il y ait des troubles sociaux d’envergures. Demain, chacun sera comptable des actes qu’il pose aujourd’hui. L’avenir de la Guinée dépendra de la façon dont la CENI va gérer la mission historique qui lui est confiée ».

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