Guinée : Le chronogramme électoral vu par un expert !

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CENI2Ce jeudi 2 octobre, l’opposition a organisé une opération dite « Ville morte », suivie partiellement en banlieue de Conakry. Cette action est l’une des manières pour l’opposition d’exprimer son désarroi face à calendrier électoral. Elle prévoit d’ailleurs d’autres actions. GuinéeTime a invité un spécialiste à se pencher sur ce chronogramme publié depuis le 10 mars par la CENI.

Notre expert ne trouve pas d’inconvénient à l’organisation d’un scrutin présidentiel, dans le cas guinéen, avant les communales. Pour cause?

Sur le plan Juridique, notre source bat en brèche les arguments selon lesquels – largement développés par l’opposition- les élus locaux peuvent influer sur les résultats des urnes, au profit d’un candidat.

 L’article 82 du code électoral stipule que les suffrages obtenus par candidat ou listes de candidats sont totalisés et enregistrés par le secrétaire du bureau de vote, et dans chaque bureau de vote, les résultats du dépouillement font l’objet d’un procès-verbal établi en plusieurs exemplaires signés par les membres du bureau de vote.

Il faut rappeler que l’article 79 du Code électoral précise que le dépouillement dans chaque bureau de vote se fera devant les représentants des candidats ou listes de candidats à raison d’un délégué par candidat ou liste de candidat. Les noms des représentants sont communiqués aux présidents des démembrements de la CENI, concernés 15 quinze jours au moins avant la date du scrutin » analyse-t-il.

« En plus, continue notre expert,  l’article 86 du code électoral précise que le procès-verbal de recensement qui constitue un document récapitulatif est établi en plusieurs exemplaires en présence des candidats ou leurs représentants. Chaque candidat ou son représentant a droit à un exemplaire du procès-verbal de recensement. C’est donc intéressant de noter que le cadre juridique ne laisse aucun doute sur la transparence du scrutin. Nulle part, le code électoral n’accorde un rôle quelconque aux délégations spéciales gérant actuellement certaines communes du pays. Nulle part, il leur est dit d’interférer dans la centralisation des suffrages exprimés lors d’un scrutin. »

Les guinéens ont rendez-vous aux urnes le 11 octobre 2015. Notre source appelle chaque acteur ( partis politiques, société civile, médias et citoyens) à jouer sa partition.

Etant donné le temps qui nous sépare de la fin du mandat présidentiel, et en conformité avec la constitution dans son article 28, qui stipule que l’élection du président de la république a lieu 90 jours au plus et 60 jours au moins avant la date de l’expiration du mandat du président en fonction.
La proposition de date pour la tenue du premier tour de l’élection présidentielle au 11 Octobre 2015 colle parfaitement au cadre légal et là-dessus, même l’opposition l’a reconnu dans sa déclaration.
Nul doute qu’il faut éviter d’avoir chez nous un président illégal qui contribuera à déstabiliser la situation politique et institutionnelle du pays avec toutes les conséquences néfastes que cela peut engendrer. Donc pour la préservation de la paix sociale et la quiétude de notre Peuple, lisons la loi à l’endroit.
Il est clair qu’en commençant par l’organisation de l’élection présidentielle et terminer par les élections locales, il n’y a pas péril en la demeure.La classe politique doit garder en mémoire qu’elle a le droit de mettre en avant l’intérêt supérieur de la nation au-dessus des intérêts individuels » rappelle-t-il.

Pour cet expert qui a requis l’anonymat, »ce n’est qu’un problème de timing » que la CENI a décidé d’organiser la présidentielle avant les communales. Mais insiste que la loi permet à champ camp politique ou candidat de « contrôler » la procédure de vote.

« …il faut rappeler l’Article 88 du Code Electoral qui précise que « Tout candidat ou son représentant dûment habilité dans les limites de sa circonscription électorale, a le droit de contrôler toutes les opérations de vote de dépouillement des  bulletins et des décomptes des voix  dans tous les locaux ou s’effectuent des opérations. Il peut inscrire au procès-verbal toutes les observations ou contestations sur le déroulement des dites opérations » dit-il.

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