Guinée : « Cet acte d’inculpation représente une étape importante dans la lutte contre l’impunité » (ONU)

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« La seule façon pour la Guinée d'aller de l'avant et d'empêcher que de tels crimes ne se reproduisent à l'avenir est d'y faire face en conformité avec la loi »
« La seule façon pour la Guinée d’aller de l’avant et d’empêcher que de tels crimes ne se reproduisent à l’avenir est d’y faire face en conformité avec la loi »

Dans un communiqué publié ce jeudi, la  Représentante spéciale du Secrétaire général chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflit, Zainab Hawa Bangura, s’est félicitée de l’inculpation de l’ancien Président guinéen, Moussa Dadis Camara, dans le cadre de l’enquête en cours sur les événements du 28 septembre 2009.

 

«Je félicite les autorités nationales d’avoir pris leurs responsabilités et fait preuve de leadership dans ce processus qui vise à rendre justice aux victimes de crimes commis pendant les événements horribles qui ont eu lieu à Conakry, en plein jour », a déclaré Mme Bangura dans un communiqué de presse. « Cet acte d’inculpation représente une étape importante dans la lutte contre l’impunité en Guinée pour les crimes qui ont été perpétrés contre des civils non armés ».

Moussa Dadis Camara était le Président du Conseil national de la démocratie et du développement (CNDD), la junte militaire au pouvoir en Guinée de décembre 2008 à fin 2010, au moment des incidents meurtriers du 28 septembre 2009, durant lesquels les forces de sécurités guinéennes avaient ouvert le feu sur des milliers de manifestants rassemblés au stade principal de Conakry pour protester contre le régime.

Selon une Commission internationale d’enquête mise sur pied par les Nations Unies, ce massacre a causé la mort d’au moins 156 personnes. En outre, au moins 109 femmes et jeunes filles ont été violées et soumises à d’autres formes de violence sexuelle et plus de 1.000 personnes blessés.

«La seule façon pour la Guinée d’aller de l’avant et d’empêcher que de tels crimes ne se reproduisent à l’avenir est d’y faire face en conformité avec la loi », a déclaré Mme Bangura.

Suite à un communiqué datant de novembre 2011, signé conjointement par les Nations Unies et le gouvernement du pays, le Bureau de la Représentante spéciale avait apporté un soutien technique au Panel des juges d’instruction guinéens mis en place par les autorités nationales pour enquêter et engager des poursuivre contre les auteurs de ces crimes.

Avec le soutien de l’Equipe d’experts des Nations Unies sur l’état de droit et les violences sexuelles liées aux conflits, et après plus de 400 auditions, notamment avec plus de 200 victimes et témoins de violences sexuelles, le Panel des juges a d’ores et déjà délivré 15 chefs d’inculpations, y compris contre des officiers militaires de haut rang.

«Je loue le courage du Panel des juges et sa détermination à enquêter sur les crimes commis, ainsi que le courage des victimes et des témoins qui se sont manifestés. Cette inculpation n’aurait pas été possible sans leurs efforts inlassables afin que justice soit rendue », a déclaré Mme Bangura.

Les Nations Unies continueront à appuyer les efforts déployés par les autorités guinéennes afin de mener ce processus à son terme, a déclaré la Représentante spéciale, tout en insistant sur la protection des victimes et des témoins et sur l’importance des réparations.

 

Source : ONU

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