Moîse 1er : le clash contre le plagiat des artistes

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Moise premierPour accompagner le promoteur de « Festival Tv », notre confrère Moîse 1er dans son projet « peu orthodoxe » de dénonciation du plagiat qui tue l’innovation culturelle, nous reprenons cette interview à votre intention.

 Dans un de nos précédant articles, nous avons parlé des révélations de plagiat de la musique urbaine guinéenne. Nous sommes allés à la rencontre du ‘Snowden’ guinéen pour connaître ses motivations, la suite des événements… Lisez plutôt

Bonjour Moise, comment tu vas ?

Moise 1er : Bonjour Conakrypeople et à tous les lecteurs, je vais bien par la grâce de Dieu.

Alors, récemment tu as fait des révélations qui font mouche sur les réseaux sociaux, sur le plagiat qui se faisait souvent dans la musique urbaine guinéenne. Peut-on connaître les motivations de cette démarche ?

Avant d’en venir à mes motivations, je tiens d’abord à faire quelques précisions. Tout d’abord je suis un fruit pur et mûr du milieu urbain guinéen. Tout ce que j’ai comme niveau, comme apprentissage, provient de la culture guinéenne en générale et du domaine urbain en particulier. J’ai côtoyé tous les acteurs culturels guinéens, j’ai travaillé pour eux tous. Il n’y a pas un label organisateur de spectacle en guinée pour lequel je n’ai pas travaillé et surtout sans rien demander en retour. Ensuite j’ai continué à servir cette culture guinéenne en tant qu’animateur radio et c’est là que j’ai commencé à constater ce phénomène de plagiat. Tous les artistes dont je pointe du doigt les œuvres, sont frères à moi, c’est des gens avec qui je m’entends très bien et je suis un véritable fan de certains même. Ceci pour dire qu’il n’y a rien de personnel dans ma démarche et que c’est purement professionnel et c’est du Gonzo Journalisme ou le Journalisme ultra-subjectif, là où le journaliste n’est pas du tout impartiel comme l’aurait souhaitez la déontologie du métier.

En ma qualité de chef d’entreprise de la première plateforme TV dédié exclusivement au festival d’ici et d’ailleurs (Festival TV), j’ai aussi mon mot à dire par rapport à cette culture guinéenne, je dois continuer de mettre de mes mains pour la faire avancer. Les activités de mon entreprise dépendent de ces artistes, dépendent de leur créativité. C’est par leur production que je peux aussi faire bouger mes activités, par exemple Abraham Sonty ou Koumba Aviane, à un festival comme le SICA, est très important pour ma plateforme. Actuellement, nous sommes installés au Maroc où il y ‘a une plénitude de festivals (chaque ville, village, quartier à son festival) et il nous ait incompréhensible de ne pouvoir faire venir des artistes guinéenne à un de ces événements, tout simplement parce que leur musique manque d’authenticité. Donc ma motivation à pointer du doigt ce manque de créativité vient de cette situation qui fait que nous ne sommes même plus à mesure de les exporter.

Par exemple, récemment j’ai proposé des artistes guinéens pour le plus grand rassemblement de la jeunesse marocaine, on m’a pas donné de suite car il croyait que c’était des jamaïcains. Constatez de vous-même, dans combien de festivals jouent des artistes guinéens que ce soit en Afrique ou ailleurs ? Quasiment aucun. Les gens ont besoins d’entendre les sonorités africaines de guinée et pas des trucs pompés. On ne va pas rester dans le statuquo : Produire l’artiste, faire le spectacle au palais et finish. Faut allez plus loin si on veut que la culture guinéenne soit forte et ceci passe tout d’abord par l’authenticité, la créativité.

Donc c’est juste dans un souci de les pousser à la créativité que j’indexe sinon je n’ai aucun souci avec qui que ce soit, j’ai de bon rapport avec BLZ , Instinct Killers, Steeve et tous les autres. Mais on a besoin qu’il nous pose des bonnes et authentiques vibes et je sais qu’ils en sont capables.

Certaines personnes ont mal pris tes dénonciations, tu comptes t’arrêter ou poursuivre à dénoncer ?

Moi je n’ai fait que dénoncer et d’ailleurs je ne suis pas le premier à le faire, des grands frères comme Oumar Soul et d’autres amis comme Bouba Afroguinée l’avaient fait avant moi. Aujourd’hui, après les quelques révélations que j’ai faites, des jeunes à Conakry qui adhère à ces idées, qui veulent écouter des rythmes originaux de la guinée, ont crée une page sur facebook qui s’appelle ‘GRANDISSEZ’ avec pour slogan #Grandissez ou #Dégagez. Donc ils vont continuer à dénoncer les maux de la culture guinéenne, demain peut être vous entendrez parler du milieu journalistique, les producteurs ou quelque chose d’autre. C’est en tout cas dans le but de dénoncer pour que nous changions nous tous nos manières de faire pour la veritable promotion de la culture guinéenne. J’ai eu des menaces, après que avoir critiqué certains journalistes et site internet qui nous raconte des conneries afin d’amuser la galerie pour faire diversion alors qu’on parle d’un sujet important de création. Il faut qu’on arrête de s’amuser avec l’esprit du jeune guinéen en leur racontant du n’importe quoi.

Parlant de ta démarche, certains le trouve « brutale », et que leur réponds-tu ?

Ceux qui me connaissent savent que je ne suis pas du genre à manquer du respect à autrui. Sur mes publications vous pouvez constater que je mets toujours comme émotion #VNR et ceci reflète vraiment mon état, je suis énervé contre ce ‘copier-coller’ et manque de créativité voir même d’inspiration de nos artistes. Je suis aussi conscient que peut-être je suis sévère mais en matière de communication, y’a la démarche de choquer pour susciter des réactions. C’est ce que je fais car comme je le disais plus haut, d’autres personnes ont essayé auparavant d’interpeller sur ce fléau mais malheureusement, ça n’a fait qu’empirer. Donc, j’espère que cette méthode de journalisme Gonzo apportera quelques changements pour le bonheur de tous les admirateurs de la musique guinéenne et particulièrement tous les jeunes fans de zik urbaine.

Pour finir notre entretien, peux-tu nous parler des futurs projets de Festival TV ?

Depuis quelques mois, nous sommes installés au Maroc où nous avions établi une résidence de production suite à un détournement de fond de la part d’Abraham Sonty et qui est la cause de mon séjour prolongé et maintenant résident ici au Maroc. Donc en quelque part malheur est bon et cette même attitude ignoble et regrettable de l’artiste au pied magic va être la cause qu’aucun artiste guinéen ne sera présent à la prochaine édition du Festival SICA à Cotonou si rien n’est fait.

Donc ici, nous avions assuré la régie du Festival Taragalte, on a aussi couvert une dizaine de festival dont le festival Mawazine où il y’ avait cette année Daara-G, Salif Keita et aucun artiste guinéen malheureusement. La prochaine étape en pleine exécution d’ailleurs est l’ouverture d’un studio de PostProd ici au Maroc et d’un BoxOffice pour la promotion, le booking d’artiste guinéen et africain, bien sûr ceux qui accepteront de grandir, qui est déjà opérationnel via notre site internet. On travaille aussi actuellement avec des chaînes de télé pour leur permettre de relayer des contenus de festival africain. D’autres projets dont le festival de musique africaine au Maroc sont également en cours de préparation.

Ton dernier mot

Je tiens à dire merci à tous ceux qui m’ont soutenu dans ma démarche peu orthodoxe d’ailleurs mais très efficace et qui m’accompagne afin de dire à vive voix à nos frères artistes que nous avions marre du copier-coller, nous voulons de la musique avec sonorité authentique de la Guinée. Y’a pleins d’autres personnes qui enrichissent ce débat et je leur dis tous merci. Grandissez ou Dégagez-vous de là vous artiste en panne de création, donc d’inspiration.

in ConakryPeople

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