Business : De l’argent sale libyen plein les coffres suisses

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Coffres suisseDix-huit comptes dans trois banques suisses. Deux hommes-clés, proches du colonel Kadhafi. Du pétrole à gogo et un hedge fund hollandais pour faire glisser le tout. Voici les jalons principaux d’une enquête qui passe par la Suisse, la Norvège, les Pays-Bas et le Bahreïn, comme nous l’apprend le mensuel La Cité.

Les hommes d’abord. Le directeur de la National Oil Company, pour ainsi dire le ministre du pétrole de Muammar Kadhafi, un certain Chokri Ghanem qui a tenté de sauver sa peau en tournant le dos au régime en pleine tourmente pour fuir en Autriche. Trop tard sans doute, puisque son cadavre a été retrouvé dans le Danube en 2012. Deuxième homme-clé, son fils Mohamed Ghanem, qui vit au Bahreïn mais qui est probablement tombé dans la marmite (du pétrole) tout petit.

Par le truchement d’un hedge fund basé aux Pays-Bas, le Palladyne International Asset Management BV, géré par le beau-frère de Mohamed Ghanem, Ismael Abudher, l’argent a plu sur des comptes suisses abrités entre autres par UBS. ( 0.00%) La Cité parle notamment de 28, 5 millions de francs suisses. Au total, ce seraient pas moins de 150 millions de francs de la clique libyenne qui dormiraient en Suisse et dont une partie a été gelée par le Ministère public de la Confédération en 2011.

Hedge fund et ammoniaque

Mais il n’y a pas que ce hedge fund hollandais qui a servi de tremplin pour recycler l’argent public libyen que se sont arrogé les Ghanem. Il y a aussi, selon l’enquête du mensuel genevois, la multinationale Yara, leader mondial de fertilisants, dont l’Etat norvégien est actionnaire à 36%. En Suisse, Yara se décline à Genève (Balderton Fertilisers et Yara Switzerland) et à Bâle-Campagne (Nitrochem, ammoniaque). Cette dernière a d’ailleurs eu le droit à une «visite» de la police judiciaire fédérale début 2012. Il y a également un cadre d’UBS, C., qui aurait touché 1,5 million, peut-être pour sa (bonne?) gestion d’une autre société écran, basée aux Iles vierges britanniques cette fois, la Goldent Petal, qui appartient au fils Ghanem.

Du côté juridique, les acteurs sont multiples aussi: la perquisition de la FedPol de Nitrochem à Bâle-Campagne en janvier 2012 est intervenue après la demande d’entraide de Berne à Amsterdam le 30 novembre 2012, qui avait elle-même été précédée par une demande d’entraide d’Oslo à Berne en septembre 2011. Une instruction pénale contre Nitrochem est toujours ouverte. En octobre 2014, Ismael Abudher, beau-frère de Mohamed Ghanem et administrateur du Fonds hollandais Palladyne, a été entendu par les autorités suisses.

(Newsnet)

24heures.ch

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