Arrestation d’officiers au Niger : Le signe d’un malaise profond

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IssoufouA deux mois des élections présidentielle et législatives au Niger, la tension politique est plus que jamais palpable. En effet, alors que les décrets convoquant le corps électoral à ces échéances venaient d’être publiés, interviennent de nombreuses arrestations d’officiers, en rajoutant ainsi à la confusion.

Au moins quatre généraux et colonels auraient été interpellés hier. Et à ce qu’on dit, le nombre des arrestations n’est pas encore définitif puisque des officiers subalternes ont aussi été mis au frais. Parmi les hauts gradés de l’armée arrêtés, on compte le patron de la base aérienne, le lieutenant-colonel Dan Haoua et l’inspecteur général des armées, le Général Salou Souleymane. Pour quelles raisons ? S’agit-il d’une brouille interne à l’Armée ? Ou bien les officiers interpellés chercheraient-ils à déstabiliser le pouvoir, comme le laissent croire certaines sources ? On se perd en conjectures, ce d’autant plus qu’au moment où nous tracions ces lignes, le gouvernement nigérien se refusait à tout commentaire. Peu importe.

Toujours est-il que ces interpellations cachent mal un malaise profond au sein de l’Armée nigérienne. Surtout qu’elles interviennent quelques heures seulement après que le siège en construction du parti au pouvoir a été la cible d’une attaque perpétrée par des individus non encore identifiés et dont on dit qu’ils ont été pris par des éléments en faction au domicile du chef d’Etat-major général des armées. Faut-il y voir une relation de cause à effet ? Rien n’est moins sûr. Seulement, une chose est à craindre.

Les officiers arrêtés pourraient être des soutiens de l’ancien président de l’Assemblée nationale

Car, dans ce contexte marqué par la menace djihadiste, Boko Haram dont les hauts faits d’armes ne sont plus à démontrer, pourrait profiter de cette mésintelligence au sein de la Grande muette nigérienne pour faire encore des victimes. C’est dire que l’heure doit être à l’union sacrée et non aux querelles de chiffonniers qui, si l’on n’y prend garde, pourraient être préjudiciables à la paix sociale. D’autant qu’au Niger, les clivages ethno-régionalistes constituent des arguments pour certains hommes politiques en manque d’inspiration. En tout état de cause, le pouvoir de Niamey doit prendre toute la mesure du péril pour éviter toute récupération, au risque de compromettre les scrutins de février prochain. Car, sait-on jamais ?

Les officiers arrêtés pourraient être des soutiens de l’ancien président de l’Assemblée nationale, Hama Amadou, en prison, qui feraient ainsi feu de tout bois pour retarder les élections qui se profilent à l’horizon. Comme ce fut le cas au Burkina Faso où l’ex-parti au pouvoir avait réussi, à travers son bras armé qu’était le Régiment de sécurité présidentielle (RSP), à perturber le cours d’une Transition pacifique, à quelques jours des élections.

lepays.bf

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