« Le Ministère du Commerce envisage la construction de marchés modernes R+2 dans chacune des 5 Communes de Conakry… » promet Bafodé Boua Soumah

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Bafodé Boua Soumah
Bafodé Boua Soumah

A l’occasion de ce septième numéro de Décryptage, la Cellule de Communication du Gouvernement a rencontré Docteur Bafodé Boua Soumah, Directeur National du Commerce Intérieur et de la Concurrence au Ministère du Commerce.

Au cours de cette interview, notre invité donne des précisions sur des sujets d’actualités, afin de faciliter la compréhension de certaines problématiques. Entretien.

Bonjour Monsieur, vous êtes le Directeur National du Commerce Intérieur et de la Concurrence au Ministère du Commerce, dites-nous comment se porte le secteur du commerce en Guinée ?
BBS : En République de Guinée, la part du commerce dans le PIB est de l’ordre de 15%. Les activités commerciales en Guinée sont surtout caractérisées par une forte prépondérance du secteur informel qui représente plus de 80 % de l’activité. Le commerce intérieur porte principalement sur la distribution en gros et en détail de produits locaux et importés, parmi lesquels, le riz et les tubercules occupent une place de choix. La commeroucialisation desdits produits agricoles est insuffisamment organisée, en termes de circuits de distribution et de répartition de la demande intérieure. L’essentiel des flux est orienté vers la capitale. Le commerce extérieur quant à lui, repose essentiellement sur les produits miniers de base: bauxite, or, diamant et autres. Toutefois, il est important de souligner la part de plus en plus importante qu’occupent les produits agricoles que sont le Café, le Cacao, la Noix de Cajou et l’Huile brute de palme.

Quel est l’impact de la TVA sur les prix à la consommation du pain et de l’huile raffinée ?
BBS : Il faut souligner qu’en Guinée, le riz, titrant 25% de brisures, le sucre en semoule, communément appelé « sucre en poudre », la farine boulangère, l’oignon et la purée de tomate sont classés « Produits de Première Nécessité », c’est-à-dire qu’ils entrent quotidiennement dans le repas de chaque guinéen. Aussi, il faut rappeler que la Taxe à la Valeur Ajoutée (TVA), est un impôt indirect prélevé sur la consommation. De ce fait, les prix de la baguette de pain et du litre d’huile alimentaire étaient censés augmentés, suite à la taxation de la farine boulangère et de l’huile à 20% de TVA. Néanmoins, dans le souci de préserver la quiétude sociale et le pouvoir d’achat des populations, les Ministres en charge du Budget et du Commerce, au nom du Gouvernement, ont signé des Protocoles d’Entente avec chacun des grands opérateurs économiques des secteurs de la farine et de l’huile, en vue de maintenir les prix, tels que pratiqués jusqu’à maintenant. Dans la pratique, le prix de vente du produit dépendra de la variation des prix des matières premières et intrants, ainsi que de la variation du cours du dollar par rapport au franc guinéen. Dans ces conditions, la structure des prix se fera de façon régulière avec le Ministère du Commerce.

Dans le cadre du raffermissement des liens d’amitiés entre notre pays et la République de Turquie, Madame L’ambassadrice de Turquie a effectué le mois dernier une visite de travail dans votre département. Quelles sont les attentes du Ministère du Commerce par rapport à la coopération avec la Turquie ?
BBS : La visite d’Amitié et de Travail de SEM Tayyib Ercep ERDOGAN, Président de la République de Turquie en Guinée, représente le couronnement de la visite de travail de Madame l’Ambassadrice de Turquie en février 2016, au Ministère du Commerce.

Il convient de dire que les relations commerciales entre les deux pays concernent essentiellement l’importation de produits alimentaires turcs en Guinée. Mais, les deux pays sont entrain d’explorer les voies pour dynamisation des échanges commerciaux dans les deux sens. D’ores et déjà, il faut se réjouir de l’existence de relations de coopération entre les deux Chambres de Commerce, et des deux institutions chargées de la Concurrence, ainsi que des échanges d’experts. C’est dans ce cadre, qu’en janvier 2016, il y a eu à Conakry un séminaire sur « les fondements du Droit de la Concurrence » en partenariat avec les Commissions de la Concurrence de la Turquie et du Maroc.

Monsieur le Directeur National, que fait le Ministère du Commerce pour alléger le Panier de la ménagère, notamment en matière de prix?
BBS : Il est un lieu commun de dire que depuis plusieurs décennies, la denrée de base des guinéens demeure le riz.
A l’avènement de la 3è République en 2011, le prix du sac de riz importé, titrant 25 % de brisures était en moyenne de 300.000 GNF à Conakry et de 400.000 GNF à l’intérieur du pays. Le prix moyen du sac de sucre en semoule était quant à lui de 425.000 GNF à Conakry. Pour éviter le spectre d’une éventuelle pénurie alimentaire, préjudiciable à la paix sociale qui était très fragile au sortir de la longue période de transition que le pays avait connu, le Gouvernement a alors pris la décision salutaire d’approvisionner le marché en riz et en sucre. Dans ce cadre, 77.000 TM de riz, titrant 25% de brisures et 15.000 TM de sucre semoule ont été achetées par le Gouvernement et mises à la disposition des populations de tout le pays, pendant les périodes critiques de soudure et du Mois Saint de Ramadan. Passé ce cap, mis en confiance par la politique commerciale des nouvelles autorités, les opérateurs économiques qui avaient cessé toute importation, ont progressivement repris leurs activités ; toutes choses qui ont conduit à la conception et à la signature de Protocoles d’Entente qui ont cours jusqu’à ce jour. Le Protocole d’Entente signé par l’opérateur économique et les Ministres en charge du Commerce et du Budget, autorise l’abattement des frais de douane de 10 %. A cet effet, il permet de fixer des prix standards qui peuvent être contrôlés à tout moment par les Inspecteurs du Commerce. Ces différentes mesures ont permis de stabiliser le prix des denrées alimentaires de première nécessité. L’exemple éloquent est le prix du riz, titrant 25% de brisures qui n’a jamais dépassé les 200.000 GNF le sac de 50 kg au niveau des 5 Communes de Conakry, tout au long des cinq dernières années.

Pour terminer cette interview, dites-nous quelles sont les perspectives et les priorités du Ministère du Commerce pour 2016 ?
BBS : Dans le cadre de la politique globale du Gouvernement, le Ministère du Commerce veillera à l’approvisionnement correct du marché en denrées alimentaires de première nécessité. Il assurera la surveillance des prix convenus, ainsi que le contrôle des poids et mesures. Par ailleurs, le Département est en train de mettre en œuvre les instructions de SEM le Président de la République, le Professeur Alpha CONDE, en ce qui concerne la réorganisation du secteur des exportations de produits agricoles en vue d’un rapatriement effectif des devises, issues des opérations de vente à l’extérieur. Pour ce qui est du programme de relèvement post Ebola, le Ministère du Commerce envisage la construction de marchés modernes R+2 dans chacune des 5 Communes de Conakry et des 33 Préfectures de l’intérieur du pays.

Merci Monsieur.

C’est moi qui vous remercie.

Conakry, le 06 Mars 2016

La Cellule de Communication du Gouvernement

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