Ce que le ministre Bouréma Condé pense du couplage et découplage des élections communales et communauatires

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bureau de voteLe mercredi 3 août, le Général Bouréma Condé, ministre de l’Administration du territoire et de la décentralisation, a rendu une visite de courtoisie à la CENI. Il était accompagné par son cabinet, notamment le secrétaire général, le chef de cabinet, les directeurs nationaux, l’inspecteur général, son conseiller juridique entre autres.

Le ministre et sa délégation ont été reçus par le Président de la CENI, Bakary Fofana et certains commissaires de l’institution.
Le Président de la CENI, Bakary Fofana, après avoir souhaité la bienvenue au ministre et sa délégation, il a donné la parole à certains commissaires pour qu’ils expliquent le travail déjà abattu par la CENI dans le cadre de l’organisation des élections locales.
Le directeur des Opérations, Etienne Soropogui, a rappelé qu’à la sortie de l’atelier de Kindia, un certain nombre d’actes devrait poser pour faciliter le déroulement du chronogramme, notamment la levée des contraintes juridiques et administratives. Pour lui, la visite du ministre pourra aider à la levée de ces contraintes administratives.
La directrice de la Planification, Djenab Touré, a expliqué les difficultés rencontrées lors de la dernière mission de la CENI sur le terrain dans le cadre de l’amélioration de la cartographie des bureaux de vote. Elle a cité la création non officielle de plusieurs nouveaux secteurs, districts et quartiers. Même que la CENI va faire un rapport sur ces nouveaux secteurs, districts et quartiers pour information au ministre de l’Administration du territoire.

Bouréma Condé donne les raisons de sa visite à la CENI
D’entrée, le ministre Bouréma Condé s’est réjoui de l’accueil qui a été réservé à sa délégation. Il indiquera trois raisons justifient sa présence à la CENI. L’originalité, la modernité et la loyauté. « L’originalité tire, parce que nous avons pétri dans l’argile de cette originalité, les valeurs ancestrales nous ne les avons pas perdu, nous en avons. Je suis né et j’ai trouvé que le cousinage à plaisanterie est sacré chez nous. Le président de la CENI est un sanakoun, donc entre nous, il sait et je le sais, les pactes sont-là inviolables et tant pis pour celui qui les violent. C’est mon sanakoun, le Peulh sait ce que c’est, le Malinké sait ce que c’est, le Soussou, l’Afrique en général a de ces valeurs-là auxquelles il faut prêter beaucoup de sérieux. Deuxièmement, de l’originalité à la modernité. Son institution qui est l’une des institutions sacrées de la vie nationale, de la république, à savoir la Commission électorale nationale indépendante, est une réalité du modernisme. Ce sont les accompagnateurs de la démocratie. Chaque citoyen de la république doit du respect aux institutions de la république. De l’originalité, nous tombons donc dans la modernité de ce côté-là. La troisième raison, c’est la loyauté. La CENI est une des institutions sacrées de la république. Mon département est une structure gouvernementale et donc à la CENI et à l’Administration du territoire, je ne pense pas qu’autour de cette table, quelqu’un soit-là qui ne soit pas porté pour la loyauté envers la république. Je ne dirai pas envers un individu, envers la république. Donc, de tous les partis politiques ici, nous avons mission de servir la nation, la république avec en toute loyauté ».

Pour lui, le ministère de l’Administration du territoire et de la décentralisation, le ministère de la Justice et la CENI ont un poids important dans la stabilité du pays. « Chacun de nous ici connait mieux que moi les aboutissants de cette affirmation. Donc, il y a obligation républicaine de nous donner la main, d’avancer ensemble dans la loyauté par rapport à cette mission que Dieu nous a confié pour un temps. On n’est pas ministre de l’Administration du territoire pour l’éternité, on n’est pas non plus président de la CENI pour l’éternité, mais l’on entre dans l’éternité par les actes que l’on pose pendant que l’on exercice cette fonction régalienne, républicaine et institutionnelle ». Et de préciser : « Monsieur le Président de la CENI, je vous dis devant tous vos cadres et devant les miens, l’Administration du territoire marche et marchera la main dans la main avec vous pour respecter ces trois concepts que je viens de développer. N’en ayez aucun doute parce que nous avons des comptes rendre devant le peuple de Guinée. De mon côté et je suis rassuré du vôtre, l’on ne dira jamais que c’est par un défaut de collaboration entre le MATD et la CENI qu’on n’est pas parvenu à tel résultat, jamais. Je vous en donne le quitus ici et j’en fais aussi un des points de mon serment d’officier général qui n’aura jamais raison d’avoir trompé, d’avoir trahi ou de passer pour un parjure ».

L’heure du réchauffement des relations CENI- MATD
A sa sortie d’audience, le ministre Bouréma Condé est revenu sur la nature des relations entre son département et la CENI. « L’article 2 du Code électoral place le ministère de l’Administration du territoire et de la décentralisation comme partenaire technique privilégié de la Commission électorale nationale indépendante. C’est donc toute une explication qu’il est facile de développer. Le partenariat technique s’explique en ce sens que d’abord tout le substratum des élections, ce sont les populations et le territoire qui sont gérés par le département que j’ai l’honneur aujourd’hui de diriger. Donc, cela parte des démembrements de la CENI et aboutisse aux activités sur le terrain, les administrateurs territoriaux sont les accompagnateurs dans leur neutralité et des facilitateurs de la mission de la CENI. La CENI couvre tout le territoire national par ses activités et sur tout le territoire national, nous avons des répondants, des représentants. Vous n’avez pas ce hameau du village où le chef secteur n’existe pas. Vous n’avez pas ce quartier où le chef de quartier n’existe pas. Vous n’avez pas cette sous-préfecture où le sous-préfet ou le maire rural n’existe pas. Vous n’avez pas cette préfecture où le préfet ou le maire n’existe pas. Vous n’avez pas cette région où le gouverneur n’existe pas. La coordination des activités dans ce qui sont les attributions légales, régaliennes de la CENI sont assurées par la CENI et ses démembrements, mais la facilitation au niveau régional, préfectoral, sous-préfectoral, notamment les gouverneurs, les préfets, les maires, les sous-préfets, leur implication est donc nécessaire. Cela outrepasse l’option politique des uns et des autres. C’est une mission de facilitation générale de la CENI. Il faut donc réchauffer le climat de collaboration de temps en temps entre les deux institutions, la CENI et l’Administration du territoire. Il y va de l’intérêt de la nation. J’insiste là qu’il s’agit de deux institutions dont le fondement reste la neutralité. La CENI, la neutralité. Le code de déontologie que nous avons édicté et que nous suivons dans son application rigoureuse à l’endroit des administrateurs territoriaux, c’est encore bien la neutralité. C’est dans ce contexte général que nous avons des relations de partenariat avec la Commission électorale nationale indépendante. Je me réjouis aujourd’hui du très bon climat qui prévaut dans ces relations ».

Vous avez souhaité vivement les élections locales ? « Ah, oui vivement les élections locales. Le développement à la base, ce sont les élus locaux. Mais ce développement à travers les élus locaux suppose que ceux-ci sont l’émanation de la volonté populaire. Si le maire n’est pas élu, il lui est difficile de faire valoir ses idées et ses programmes de travail par ses administrés. Or, nous avons vocation, non pas seulement de faire ou de suivre des élections, mais le département de l’Administration du territoire est un encadrement du développement communautaire. C’est pour cette raison que nous disons vivement les élections locales parce que tant que nous n’aurons pas des élus, nous avons à faire à des gérants des collectivités qui ne sont pas l’émanation de leur volonté. Nous avons mis en place, il n’y a pas longtemps les délégations spéciales. Le nom même irrite un peu. Pourquoi spéciale quand il s’agit de conduire les destinées de toute une collectivité ? Spéciale parce que c’est une anomalie de gestion collective tout simplement. C’est quand un conseil municipal est en faute qu’on vient installer une délégation spéciale. Pour le cas d’espèce aujourd’hui dans notre pays, c’est parce que les mairies ont dépassé et de loin leur temps normal, légal d’existence qui est de cinq ans. Aujourd’hui, on est à onze ans. C’est pourquoi, les différents acteurs politiques ont demandé, puisque tout le monde est vieux dans ces conseils, essayons de mélanger, essayons de faire participer désormais à cette anomalie-là tout le monde, qu’on y aille ensemble. C’est pour cette raison qu’il y a les délégations spéciales, mais l’explication que je viens de vous dire il est vraiment temps qu’on aille à des élections communales ».

Etes-vous pour le couplage des élections ou vous êtes pour les élections communales ? « Je ne saurai rien vous dire, mais je suis un accompagnateur technique de ce que la CENI aura dit comme programme des élections ».

Enfin, le Président Bakary Fofana a informé le ministre de l’Administration du territoire et de la décentralisation de l’organisation prochaine de la formation des administrateurs territoriaux sur le processus électoral. Il a ajouté l’octroi dans les prochains jours des anciennes machines d’enrôlement des électeurs aux administrateurs territoriaux pour leur faciliter l’enregistrement des naissances à l’état civil dans le pays.

source: ceniguinee

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